Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 26 Octobre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

La France et la Formule 1, une énième histoire de gaspillage d'argent public

C'est officiel depuis mercredi, il n y aura pas de Grand Prix de France de Formule 1 en 2013 comme il n'y en a pas eu depuis maintenant cinq ans, le dernier s'étant disputé en 2008.

Court-circuit

Publié le

Les aficionados de F1 seront marris de voir leur sport boudé par les pouvoirs publics français, Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, ayant refusé que l'Etat se porte caution au cas où le Grand Prix ne serait pas rentabilisé (ce qui se comprend vu l'état de nos finances publiques et vu les milliards qui transitent dans les paddocks des circuits).

Pourtant on ne peut pas dire que la France y soit allée avec le dos de la cuillère pour s'équiper de circuits capables d'attirer cet évènement de renommée mondiale. Dans les années 70 et 80, le Grand Prix se déroulait en alternance sur les circuits du Castellet (qui se situe entre Marseille et Toulon) et de Dijon-Prenois.

Enfin presque en alternance, les trois quarts d'entre eux s’étant disputés sur le circuit Paul Ricard. Celui-ci était en effet bien mieux desservi que son concurrent, ses deux aéroports à proximité permettant aux pilotes et sponsors d'arriver en jet privé et aux spectateurs d’arriver par les airs à proximité du circuit. Si on ajoute les capacités d'accueil des hôtels de cette région très touristique, la desserte par le TGV et le fait que le circuit soit situé au milieu d’un noeud autoroutier, on comprend mieux pourquoi Le Castellet a tenu la corde pendant de nombreuses années.

Pourtant, au milieu des années 80, il fût décidé de créer un troisième circuit. On aurait pu légitimement espérer qu’il fût construit, alors qu’avec déjà deux circuits capables de recevoir l’évènement la construction d’un troisième ne s’imposait absolument pas, dans une zone encore mieux desservie que le circuit Paul Ricard. Point du tout puisqu’il fût décidé de le construire à Magny-Cours, lieu jusqu’alors totalement inconnu pour le commun des mortels situé à une quinzaine de kilomètres de Nevers. Pourquoi Magny-Cours ? Tout simplement parce que le président de la République de l’époque, François Mitterrand, avait longtemps présidé le conseil général de la Nièvre et qu’un de ses plus fidèles amis, Pierre Bérégovoy, était Maire de Nevers.

L’ancien circuit fût racheté en 1986 par le Conseil Général, donc par de l’argent public, et reconstruit sans regarder à la dépense afin de devenir le seul à accueillir le Grand Prix de France, ce qui fût le cas à partir de 1991. Le nouveau circuit ne fît pas l’unanimité dès la première édition du Grand Prix puisque Nevers ne disposait pas d’un aéroport international, les plus proches étant à Lyon et Paris situés à plus de 250 kilomètres, que la ville n’avait pas l’infrastructure routière adéquate pour recevoir une telle foule, causant des bouchons dantesques, tandis que l’infrastructure hôtelière était notoirement insuffisante et obligeait les spectateurs à aller dormir loin du circuit, recréant des bouchons lors de leurs aller-retours ! Inutile de dire que construire un circuit de Formule 1 à Magny-Cours était une idée grotesque mais le fait du Prince n’a aucune limite dans notre monarchie bananière !

Si le côté pratique était une ineptie, le côté sportif ne fût guère mieux. Il fallut en effet modifier le circuit en 1992 et en 2003 pour le rendre plus sûr pour les pilotes à tel point que Nelson Piquet, qui disputa le premier Grand Prix de Magny-Cours lors de sa dernière saison, déclara à l’issue de la course : « Tant d’argent pour ça, c’est de la m…. ». Venant d’un triple Champion du Monde des conducteurs, le compliment méritait d’être rappelé.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Apicius - 30/09/2012 - 22:11 - Signaler un abus A qui appartenaient les terrains de Magny-Cours ?

    A un proche (son gendre ?) de monsieur Bérégovoy, des terrains agricoles vendus au prix fort ... C'était déjà la République Socialiste Irréprochable

  • Par le Gône - 30/09/2012 - 22:39 - Signaler un abus Ah Nom de Dieu..

    Mais c'est ca le Socialisme..rien que ca!! et ca recommence soyez heureux ..

  • Par Bestfriend - 01/10/2012 - 21:24 - Signaler un abus La gauche et les voitures ....

    Bien avant Delanoé et son invention de embouteillages de nuit en plein Paris, Mitterand et Beregovoy avaient inventé la course de voiture où on ne peut pas doubler. Non, en fait, il y avait déjà Monaco, mais à Monaco, le Grand Prix se joue aux essais et ensuite, le Dimanche, c'est la parade devant les gens pleins de tunes et leurs pouffes. On a argumenté sur le fait que les dépassements existaient de moins en moins en Formule 1, mais manque de chance, depuis 2 ans avec le DRS, il n'y en a jamais au autant, sauf à Monaco bien sûr qui à mon avis ferait bien de disparaître du calendrier pour migrer au Castelet qui est vraiment un circuit qui permet de belles courses.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€