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La France doit enfin rentrer dans le XXIème siècle en favorisant la démocratie collaborative

Dans un récent rapport, la Commission européenne souligne l'importance pour la croissance de la création de nouveaux produits et services qui créent de nouvelles relations entre les individus. Une innovation que la France semble pourtant ignorer.

Démocratie liquide

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C’est le propre des ères où des changements radicaux interviennent : les contemporains n’en retiennent que les désordres et les crises qu’ils produisent. Ils n’en mesurent que difficilement les avancées et les progrès. Notre époque, bouleversée par l’arrivée d’Internet et des immenses possibilités qu’il ouvre, n’échappe pas à cette règle.

Avec Internet, en effet, les sociétés humaines entrent dans un univers fondé sur la collaboration permanente entre les individus. La collaboration n’est plus un moyen, elle devient une fin en soi, une façon d’être.

Là où nous apprîmes, sur les bancs de l’école, que le développement personnel était un cheminement solitaire, un exercice individuel, le monde du réseau nous enseigne exactement l’inverse : on ne devient soi-même qu’en collaborant constamment avec les autres. Ce qu’au baccalauréat on appelle encore injustement la fraude devient un modèle de construction du savoir.

Ce seul exemple montre le retard colossal pris par la France vis-à-vis de l’innovation sociale. Tout ce que la culture française stigmatise est devenu le modèle d’organisation de la société de demain.

C’est précisément notre problème, et le ferment de la crise profonde de notre modèle.

La Commission européenne l'a rappelé en juin, en publiant un intéressant rapport intitulé Funding social innovation in Europe. Le document souligne que l’essentiel de la croissance économique provient aujourd’hui de cette innovation sociale injustement boudée et méconnue en France.

Que regroupe cette expression? Les technocrates diraient que l’innovation sociale est une nouvelle façon de produire de l’externalité positive. La Commission la définit comme les «innovations qui sont sociales à la fois dans leurs finalités et dans leurs moyens. Plus spécifiquement, on définit les innovations sociales comme de nouvelles idées (produits, services et modèles) qui répondent à la fois à des besoins sociaux (plus efficacement que des alternatives) et créent de nouvelles relations sociales ou collaborations» (page 17 du rapport).

Concrètement, l’innovation sociale déborde très largement le simple cadre des écosystèmes créés par les réseaux sociaux, et concernent même la sphère financière. L’invention du crowdfunding par exemple permet de mobiliser des fonds directement auprès du public, sans l’intermédiaire de l’industrie bancaire, pour financer des petits projets d’avenir. Le crowdfunding, ou financement collaboratif, repose essentiellement sur les mises en réseaux directes qu’Internet permet.

 
Commentaires

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  • Par mutie - 12/08/2012 - 10:26 - Signaler un abus Ou...

    … comment passer de la démocratie à l'ochlocratie. Il suffit de voir où ça nous a mené par le passé (La Terreur...) Rousseau la qualifiait de "dégénérescence de la démocratie", Schlozer de "tourbe démagogique". je ne suis donc pas certain, monsieur Verhaeghe, qu'il s'agisse d'un progrès. Vous faites un joyeux amalgame avec le libéralisme, qui n'a rien à voir avec ça. L'ochlocratie nous rapprocherait un peu plus vite de la fin de notre civilisation, c'est tout.

  • Par Ravidelacreche - 12/08/2012 - 10:46 - Signaler un abus collaborative

    Ou coopérative ?

  • Par Audrey33 - 12/08/2012 - 13:22 - Signaler un abus à Ravidelacrèche

    votre question n'est pas sans intérêt..je pense qu'il faut faire attention à ne pas tout mélanger. J'ai trouvé une définition tout à fait précise du crowdfunding et je vous la donne: "une approche permettant le financement de projets en faisant appel à un grand nombre de personnes ordinaires (internautes, réseaux de contact, amis, etc.) pour faire de petits investissements. Une fois cumulés, ces investissements permettront de financer des projets qui auraient potentiellement eu de la difficulté à recevoir un financement traditionnel (banques, investisseurs, etc.). Grâce aux réseaux sociaux et aux communautés en ligne, il devient aujourd'hui facile et peu coûteux de rejoindre un grand nombre de personnes potentiellement intéressées à soutenir des projets" (http://fr.ekopedia.org/Crowdfunding) Souvent on le voit dans les milieux artistiques, le journalisme et les oeuvres caritatives... Je pense qu'il est moyennement bon de généraliser ce type de financement. Certains escrocs ne tarderont pas à s'engouffrer dans le brèche

  • Par einstein42 - 12/08/2012 - 13:28 - Signaler un abus très bon article

    très bon article

  • Par François78 - 12/08/2012 - 13:32 - Signaler un abus Le crowdfunding, ou

    Le crowdfunding, ou financement collaboratif, ç'est assez répandu chez nous, et même sans passer par internet. Même ma voisine de 87 ans a fourni son collier en or pour financer une junior entreprise du quartier. .

  • Par GBCKT - 12/08/2012 - 14:02 - Signaler un abus La fraude au bac c'est coopératif?

    Cela demande quelques explications. Comment "Ce qu’au baccalauréat on appelle encore injustement la fraude devient un modèle de construction du savoir." c'est à dire le copier coller, en répondant à coté de la question posée est-il un modèle de construction du savoir? Cela disqualifie la suite de votre article.

  • Par Orendi - 12/08/2012 - 15:14 - Signaler un abus Démocratie participative

    Pour y arriver c'est tout simple : donner des pouvoirs judiciaires aux Cours des Comptes : impossible, les baronnets s'y opposent, ils défendent leur beefsteak et leur clientèle. Quant à discuter si le platane devra être planter devant l'Eglise ou la Mairie... Moi j'aurais préféré un cerisier, mais là, la décision a déjà été prise ! Comme celle de subventionner le journal local et ses employés... Non ! Non ! ils ne sont pas tous pourris. Ils se baladent dans des limbes ouatés où le langage commun ne les atteint pas. Dommage.

  • Par Salvatore Migondis - 12/08/2012 - 17:17 - Signaler un abus @Audrey33

    Effectivement. Le financement collaboratif me fait surtout penser à une pratique séculaire bien connue aux Amériques pour avoir été remise au goût du jour par Charles Ponzi.

  • Par Vincent Ricordeau - 12/08/2012 - 19:59 - Signaler un abus Crowdfunding

    Très bon article de fond ! Par contre vous oubliez de préciser que le financement participatif fait son chemin en France. Plusieurs sites fonctionnent très bien, dont le nôtre : http://www.kisskissbankbank.com/ Nous avons collectés plus de 2 millions d'euros pour plus de 1000 projets créatifs ou innovants ( journalisme, théâtre, cinéma, design, musique, mode, technologie, BD...) C"est vrai que nous sommes très en retard sur les USA, mais nous sommes leader en Europe. Nous n'existons que depuis 2 ans et quelques mois. C'est bien que la presse s'intéresse au crowdfunding, mais citez les pionniers de ce système en France serait encore mieux. Lorsque nous avons commencé il n'y avait que 4 ou 5 sites comme le nôtre dans le monde, aujourd'hui vous en trouverez plus de 200. Cette idée fait partie d'une logique et philosophie plus globale qui s'appelle l'économie du partage et qui croit très vite dans le monde sur le principe du lien direct entre les individus, accélérée grâce à Internet. C'est effectivement la diminution du pouvoir pyramidal et centralisé remplacé progressivement par le pouvoir latéral entre individus. C'est une réalité, absolument plus une utopie ! Bien à vous

  • Par Audrey33 - 12/08/2012 - 22:58 - Signaler un abus à @ Vincent Ricordeau

    mais je vois sur votre site que vous avez des mentors... médias et marques donc pour vous ça marche bien ok. mais tout le monde n'a pas ce type de soutien, comme la banque postale? ne vaut il pas mieux chercher des business angels?

  • Par Audrey33 - 12/08/2012 - 23:03 - Signaler un abus à @ Vincent Ricordeau bis

    Vous dites: "C'est effectivement la diminution du pouvoir pyramidal et centralisé remplacé progressivement par le pouvoir latéral entre individus. C'est une réalité, absolument plus une utopie !" Je pense que c'est l'oeuvre de quelques personnes qui sont créatifs et plein d'énergie, soucieux de partager et de donner vie à des projets, tout simplement... Mais dire que c'est une réalité, et pas une utopie. Tout du moins c'est un luxe.

  • Par zelectron - 15/08/2012 - 11:22 - Signaler un abus il n'y a pas 36 moyens

    Pour contrôler les élus (de toutes sortes) il faut et il suffit qu'un certain nombre (entre 10 et 50 en rotation, par exemple) soit désignés par tirage au sort parmi les inscrits des listes électorales (à l'instar des jurés d'assise) ces "assistants" pouvant aller jusqu'à faire citer en justice* qui un député ou sénateur ou même certains hauts fonctionnaires (Oh! ministres intègres...) Ceci faisant abstraction de toute mouvance politique de quelque sorte qu'elle soit. Le "reste" des lois se corrigera ensuite avec célérité dans ce système, point n'est besoin de les évoquer par avance, ce qui constitue de facto une économie considérable de temps et de bavardages. *y compris garde à vue en attendant un éventuel jugement.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

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