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La France devrait occuper une position de médiatrice dans la négociation du Brexit

Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraeli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXè siècle.

Disraeli Scanner

Publié le - Mis à jour le 28 Août 2017
La France devrait occuper une position de médiatrice dans la négociation du Brexit

Hughenden Valley, 

Le 19 août 2017, 

Mon cher ami, 

Theresa May est rentrée de vacances. Les médias et tous les bien-pensants attendent sa chute. Pour eux, c'est une question de mois, voire de semaines. Les journaux sont pleins de sarcasmes sur les illusions du gouvernement, à commencer par les positions récemment exprimées par Philipp  Hammond, Chancelier de l'Echiquier, et Liam Fox, Ministre du Commerce, qui proposent un accord commercial intermédiaire entre la Grande-Bretagne et l'Union Européenne durant le temps que durent les négociations. Arrogance, naïveté etc....crient les observateurs: est-ce que le gouvernement britannique croit vraiment qu'il va pouvoir faire sortir la Grande-Bretagne de l'UE immédiatement, substituer aux actuelles relations commerciales une union douanière provisoire - et ainsi  pouvoir négocier de nouveaux accords commerciaux avec des pays tiers en même temps qu'il négocie le Brexit?

  

Les élections législatives britanniques de juin 2017 ne disent pas autre chose que le Brexit un an plus tôt! 

Quel retournement! En janvier dernier, dans son discours de Lancaster House, le Premier Ministre avait proposé une position claire, de négociation dure, qui correspondait au rapport de force effectif: le peuple britannique ne comprendrait pas que ses dirigeants fassent semblant de sortir de l'Union Européenne. Et il faut bien dire qu'à Bruxelles, entre juin 2016 et juin 2017, on n'en menait pas large. Et puis est venue pour les dirigeants européens continentaux une "divine surprise", le pari manqué de Theresa May, favorite des sondages lorsqu'elle provoque une élection législative anticipée et qui perd, au bout du compte, sa majorité absolue à quelques sièges. 

Avant de parler du Brexit, il faut comprendre ce qui s'est passé lors de la dernière campagne électorale britannique. Après tout, Theresa May avait, jusque-là, astucieursement joué. Il est vrai qu'elle n'a pas été à l'aise, en campagne, s'est aliéné les personnes âgées, pourtant électorat acquis au Brexit; elle a fait face à un Jeremy Corbyn inspiré. Mais il faut aller au-delà des personnes. le phénomène essentiel, celui qui a fait rater la majorité absolue au parti conservateur, c'est le refus d'une partie de l'électorat populaire, qui avait voté pour le Brexit, de se rallier au parti conservateur. Ces Britanniques qui avaient pris l'habitude de voter pour l'UKIP, ont préféré voter travailliste, inspirés par la rhétorique hostile à l'austérité économique d'un Corbyn, que de serrer les rangs derrière leur Premier Ministre prêt à un Brexit dur. 

J'ai été comme vous frustré par la campagne ratée de Theresa May. Mais il n'est plus temps de regretter le passé. Il nous faut regarder froidement la réalité. L'électorat populaire n'a pas eu confiance dans la capacité du parti conservateur à défendre ses intérêts. Comme il y a 150 ans, il existe bien deux nations dans la société britannique: elles cohabitent mais s'ignorent mutuellement ou se marquent de la défiance quand elles sont obligées de dialoguer. La première nation est entièrement acquise à un monde ouvert et à l'économie mondialisée. L'autre nation rassemble tous ces Britanniques qui ont souffert de la désindustrialisation du pays, depuis les années Thatcher. Le Brexit a donné à la seconde nation une première occasion de s'exprimer clairement; mais le rejet de l'Union EUropéenne n'était que la moitié du problème. Voter Corbyn, en juin dernier, c'était envoyer un message on ne peut plus clair: nous ne rejetons pas seulement l'Union Européenne, nous rejetons la logique de la mondialisation libérale en général. 

 
Commentaires

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  • Par patafanari - 21/08/2017 - 10:43 - Signaler un abus William Ewart Gladstone:

    (D.T.C.) "Disraeli lived, so he died ; all display, without reality or genuineness ."

  • Par Deneziere - 21/08/2017 - 14:01 - Signaler un abus @patafanari

    Excellent post.

  • Par Ganesha - 22/08/2017 - 17:36 - Signaler un abus Disraeli

    Article très ''anti-libéral'', aussi, les lecteurs d'Atlantico se contentent d'une ''blagounette'', assez obscure ! Disraeli ne serait-il pas un personnage central de l'histoire britannique ?

  • Par Jean-luc laffineur - 23/08/2017 - 01:04 - Signaler un abus Bof!

    Connaissant bien les affaires européennes, cet article ne part pas sur de bonnes bases : la question n'est pas de savoir qui de la France ou de l'Allemagne sera le partenaire privilégié de la Grande Bretagne - nous ne sommes plus au XIXème siècle - mais dans quelle mesure le Royaume Uni réussira à rester arrimé à la première économie du mode qu'est l'UE. Et dans quelle mesure l'UE sentira pou definer son proper intérêt à ce que le R.U reste arrimé à son espace économique.

  • Par Jean-luc laffineur - 23/08/2017 - 01:06 - Signaler un abus Bof 2

    Je réécris ma dernière phrase : "Et dans quelle mesure l'UE sentira ou définera son propre intérêt à ce que le R.U reste arrimé à son espace économique".

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Disraeli Scanner

Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de Londres" signées par un homonyme du grand homme d'Etat.  L'intérêt des informations et des analyses a néanmoins convaincus  l'historien Edouard Husson de publier les textes reçus au moment où se dessine, en France et dans le monde, un nouveau clivage politique, entre "conservateurs" et "libéraux". Peut être suivi aussi sur @Disraeli1874

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