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La folle en costume de folie : exubérant, baroque et cruel

Atlanti-Culture

Publié le
La folle en costume de folie : exubérant, baroque et cruel

THEATRE

La folle en costume de folie

D’après la nouvelle de Charles-Ferdinand Ramuz

Adaptation et mise en scène : Françoise Taillandier

Musique : Paul Hautreux

Interprété par Françoise Taillandier avec Patrick Quichaud à l’accordéon

INFORMATIONS

Théâtre du Guichet Montparnasse

Les dimanches à 16h30 

Jusqu’au 1er juillet 2018 (relâche les 3 et 10 juin)

Réservations : 01 43 28 88 61

RECOMMANDATION 

BON

THEME

L’histoire se passe au début du XXème siècle. La folle, c’est “la Tià”, une vieille femme qui habite dans un village montagnard suisse et que le départ de son fiancé a sérieusement dérangée. Lorsqu’une troupe de théâtre lui offre un costume de scène bariolé, orné de grelots, avec comme condition l’obligation de le porter, elle renaît à la vie en se postant tous les jours devant l’église du village dans l’espoir de voir réapparaître l’élu de son cœur. Le récit jusque-là sensible et intimiste se fait alors exubérant, baroque et cruel. 

POINTS FORTS

1/ Françoise Taillandier a elle-même adapté fidèlement cette nouvelle de l’écrivain suisse en le transposant à la première personne.

Elle se glisse avec malice dans le costume multicolore de la folie, incarnant tour à tour la solitude désincarnée et la passion dévorante de l’amoureuse déchue. 

2/Le court texte de Charles-Ferdinand Ramuz s’inscrit dans la lignée de ses grands romans, qui ont donné leurs lettres de noblesse à la rude paysannerie des villages vaudois. En quelques touches, il décrit l’atmosphère pesante et immobile qui plombe ces lieux déshérités où le temps semble s’être suspendu. Puis il fait naître le souffle de la passion, folle mais pressante et déterminée, qui sommeille aussi dans les êtres les plus simples.

3/La musique de Paul Hautreux et ses ritournelles accompagnent l’histoire comme des refrains encadrant les couplets du texte. L’accordéon de Patrick Quichaud compose un écrin qui met en valeur la poésie simple et naturaliste de Ramuz.

POINTS FAIBLES

On aurait aimé peut-être que Françoise Taillandier s’attaque à un texte plus ample, qui porte avec encore davantage de force et de puissance les grands thèmes récurrents de Charles-Ferdinand Ramuz. C’eût été l’occasion de faire découvrir une œuvre qui n’a rien à envier à celles d’un Giono ou d’un Harrison.

EN DEUX MOTS

Le spectacle a le charme désuet de ces saltimbanques qui s’installaient sur la place du village et avec trois bouts de chiffons vous emportaient le temps d’une représentation. Et nous voilà transportés au siècle dernier, entre l’église et le marché, à guetter le retour du fiancé ...

UN EXTRAIT

“Ils mettent les costumes dans le coffre, et c’est comme un cercueil le coffre. Et les morts on ne les ressort plus”.

L’AUTEUR

Charles-Ferdinand Ramuz, peu connu en France, est une star en Suisse où son visage orne les billets de 200 francs. Quelle ironie pour ce romancier poète qui s’est fait le chantre des petites gens, des cœurs simples, attachés à leurs vallées, leurs pâturages et leurs bêtes.

 
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Charles-Édouard Aubry

est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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