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Fleurons de l’industrie française : le capitalisme de connivence finit mal, en général

Les difficultés actuelles que connaissent Areva et EDF soulignent une nouvelle fois le danger à mêler politique et affaires. Une caractéristique fondamentale du capitalisme français, dont les contribuables sont les principales victimes.

Dégâts collatéraux

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Fleurons de l’industrie française : le capitalisme de connivence finit mal, en général

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, et des bien pourries en plus ! Par exemple, celle qui consiste à croire que les fleurons de l’industrie nationale appartiendraient à la culture et au patrimoine français, qu’il faudrait donc tout faire pour les chérir et les favoriser, et qu’en vertu de quoi, l’État devrait absolument se mêler de leurs affaires.

Nombreuses sont, en effet, ces sociétés industrielles qui ont grossi au point de devenir internationales à la faveur de rapprochements opérés dans le giron de l’État français ou via son patronage actif et politiquement calculé.

Elles se retrouvent alors, quasiment du jour au lendemain, propulsées avec force cocoricos comme les champions du pays qu’on ira parader dès qu’on le pourra sur différents sujets, aussi bien d’ailleurs en politique intérieure qu’extérieure.

Et avec ces nombreux champions que l’État français aura ainsi aidés à accoucher, on devra parler des réussites plus ou moins flamboyantes qu’il aura donc récoltées. Malheureusement, on en vient souvent à se demander si ces succès ne sont pas plus le fruit du hasard ou d’une abnégation inouïe de ceux qui les engrangent devant les adversités que l’État français semble multiplier par action ou par omission. Ainsi, à chaque réussite on peut faire correspondre des bides assez retentissants, qui, avec un aspect systématique qui pourrait chagriner certains, compensent spectaculairement les gains engendrés par les succès rencontrés.

 

Comment oublier, par exemple, les rocambolesques aventures de Bullfleuron français de l’informatique qui, pourtant promis à un brillant avenir à la fin des années 70, aura su, grâce à sa subtile nationalisation de 1982, se retrouver en situation catastrophique dans les années 90 (au point de coûter finalement plus cher au contribuable français que la Guerre du Golfe) ?

Comment oublier l’affaire du Crédit Lyonnais (1993) qui après une magnifique nationalisation (en 1982) s’est finalement écrasé avec une facture colossale de 14,7 milliards d’euros au total pour le contribuable ?

Comment passer sous silence l’exemple frappant qu’a offert, en son temps, le constructeur Heuliez et sa Mia électrique, superbement aidés par une politicienne en mal de grandes réalisations techniques, et qui aura achevé une carrière industrielle pourtant remarquable par une splendide faillite pour le contribuable ?

Plus récemment, il serait dommage de ne pas citer le ratage tout à fait symptomatique de la plate-forme MO3T, bricolage étatique de 2012 destiné à contrer Amazon, Apple et d’autres sur le marché du livre numérique, qui avait embarqué Orange, SFR, Bouygues et des éditeurs et libraires français dans ce qui allait s’avérer être un gouffre sans débouché, pour une facture de plusieurs millions d’euros (du contribuable).

Mais tout ceci est de la petite bière à côté de ce qu’on voit se développer, doucement, dans l’actualité.

 
Commentaires

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  • Par Karg se - 04/03/2016 - 12:29 - Signaler un abus LoL

    EDF est mal à cause de la politique de soutient au ENR qui rend le marché de l'électricité complètement dingue. Areva paye une erreur, le choix de faire l'EPR (réacteur européen, à l'origine conçu avec l'Allemagne) au lieu de basculer directement en GEN4 quitte à continuer à vendre des versions remises à jour de ses anciens modèles de réacteurs quelques décennies de plus. Le problème n'est pas la connivence, mais l'inconséquence des politiques.

  • Par Benvoyons - 04/03/2016 - 14:38 - Signaler un abus Et quand je pense que les Socialistes Nationaliste FN Philipot &

    MLP dans leur programme veulent détenir des points de blocages dans les entreprises Françaises pour qu'elles ne puissent faire ce qu'elles veulent . Que l’État Socialiste Nationaliste puisse décider de tout !! :)::)) En + avec le programme de Mitterrand de 1981 qui a produit ce qui a été décrit dans cet article:)::))

  • Par padam - 04/03/2016 - 16:33 - Signaler un abus des nuls probablement, des voyous sans aucun doute

    Bravo H16! Rien à ajouter, rien à retrancher, sinon les têtes des responsables, en réalité toujours protégés par le système et jamais inquiétés par une justice, comme chacun sait, indépendante et irréprochable... Madame Lauvergeon est -elle derrière les barreaux, de même que son bien nommé compagnon Fric, pourtant un Blanc qui de surcroît s'est consacré au blanchiment...

  • Par 2bout - 04/03/2016 - 17:23 - Signaler un abus Des marchands de sable

    Pour réduire l'impact sur l'opinion de l'ensemble des efforts qui vont être demandés aux contribuables, il suffit à l'Etat-actionnaire de donner à ses excroissances politico-commerciales que sont Areva et EDF, des autorisations d'implanter sans discernement des éoliennes sur le littoral français, ou partout et ailleurs encore, et de les subventionner afin de les rendre illusoirement rentables, par des abattements fiscaux, des diminutions de charges, agrémentés ou non d'injections en numéraires, injections toujours indolores pour les élus. Puis quelques responsables « autorisés » démontreront, études à l'appui aux frais des mêmes, le gain obtenu d'une indépendance énergétique toute retrouvée. A propos, la Cogéma a cessé l'exploitation de ses mines d'uranium en France pour justement cette même raison, acheter à l'étranger une indépendance énergétique, et tandis que la DRIRE distribuait généreusement l'argent collecté par l'Etat aux bassins de chômeurs ainsi devenus, un bizarroïde marchand achetait du sable au Niger pour le compte des actionnaires que nous sommes. Bonne nuit les petits !

  • Par EUROPE - 04/03/2016 - 19:19 - Signaler un abus Les victimes que nous sommes!?

    H16 dévoile ce que tout le monde sait mais bien à lui d'en parler mais ce dont il parle ne représente que le sommet de l'iceberg: refermons le couvercle l'odeur est insupportable, il y a ceux qui prennent et ceux qui sont pris et ceux la sont très nombreux

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H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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