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Fin d’Erasmus : les études à l’étranger, chasse gardée des riches ?

La diminution, voire la disparition des aides financières qui accompagnent les séjours à l'étranger pourrait couper court aux aspirations des étudiants à étudier dans les autres pays. Ceux qui ont les moyens de payer les frais de séjour pourraient devenir les seuls à bénéficier des programmes d'échanges.

Mobilité internationale

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Fin d’Erasmus : les études à l’étranger, chasse gardée des riches ?

La diminution, voire la disparition des aides financières qui accompagnent les séjours à l'étranger pourrait couper court aux aspirations des étudiants à étudier dans les autres pays. Crédit Reuters

Atlantico : Le 2 octobre dernier, le député européen Alain Lamassoure a assuré que les bourses qui aident les étudiants à partir  à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus étaient menacées. Le Fonds social européen qui alimente les aides financières pourrait manquer de fonds pour l’année 2012-2013. Cette information a été démentie par l’Agence Europe éducation formation deux jours plus tard, mais la menace pèse toujours pour les années suivantes. Cette nouvelle sonne-t-elle la fin des échanges internationaux pour les étudiants ?

Gabriela Crouzet :  Si les aides financières du programme Erasmus devaient disparaître, cela aurait certainement un impact sur la mobilité des étudiants dans l’Europe entière. Par exemple, dans  les universités britanniques où les étudiants ne sont pas forcément à la recherche d'une mobilité et d’un échange avec d’autres universités européennes, l’aide financière Erasmus est clairement un moteur de cette mobilité. Si ce moteur devait disparaître un jour, tout simplement la qualité et le développement de la mobilité se dégraderaient assez rapidement, car  les universités partenaires ne seraient peut être pas autant intéressées à  développer des partenariats.

Les étudiants de Sciences Po, qui doivent partir obligatoirement en troisième année à l’étranger ne sont-ils pas privilégiés par rapport aux étudiants des autres universités ?

Gabriela Crouzet : A Sciences Po l’aide financière n’est pas automatique. La bourse Erasmus pour les élèves qui partent en stage ou en échange universitaire est attribuée sur la base des critères sociaux uniquement. L’année dernière, 400 étudiants sont partis en Europe, dont 40% ont bénéficié de la bourse. Les étudiants doivent nous fournir les avis d’imposition et de ressources de leur famille. Tout étudiant en dessous des seuils que l’on fixe a chaque année a droit à une aide financière Erasmus sous forme d’aide mensuelle. L’année dernière, elle s’élevait à 430 euros par mois, et une bourse d’un montant de 160 euros de la mairie de Paris vient s’y ajouter, mais son montant  peut varier d’une année à l’autre. Il dépend du nombre d’étudiants qui partent en Erasmus et des crédits alloués par la Commission européenne.

Francis Verillaud : Dans la majorité des universités françaises et européennes, la bourse est octroyée de manière quasi automatique dès lors qu’on part en séjour d’études ou en stage. La même somme est distribuée de façon égale à tout  le monde, ce qui fait qu’elle est beaucoup plus faible.

Le scénario évoqué par Alain Lamassoure aurait quand même des conséquences…

Gabriela Crouzet : L’impact d’une éventuelle diminution, voire une disparition de la bourse serait visible sur cette population d’étudiants éligibles à la bourse Erasmus à Sciences Po. Sciences Po a développé un plan de mobilité international qui permet de venir en aide aux étudiants qui doivent partir en année obligatoire à l’étranger, mais il est vrai que la population d'étudiants qui viennent des familles les plus démunies choisissent certainement l’Europe en prenant en compte cette aide financière. 

 
Commentaires

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  • Par l'agitateur - 18/10/2012 - 18:12 - Signaler un abus erasmus

    au lieu de suprimer la franchise pour l'AME le gouvernement devrait aider nos jeunes qui sont eux l'avenir de la france alors que les beneficiaires de cet AME ne sont ici que pour se faire soigner gratuitement au frais de nos enfants

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Francis Verillaud Gabriela Crouzet

 

Francis Vérillaud est directeur des Affaires Internationales à Sciences Po. 

 

Gabriela Crouzet est directrice adjointe des Affaires internationales à Sciences Po. 

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