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Fin de l’Autolib : pour Bolloré, c’est un échec cuisant... Pour les partisans de l’autopartage c’est une opportunité de développer des formules révolutionnaires

La Mairie de Paris a donc débranché Autolib. Bolloré quitte le jeu et laisse la place à des concurrents qui veulent offrir un nouveau mode d’autopartage.

Atlantico Business

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Fin de l’Autolib : pour Bolloré, c’est un échec cuisant... Pour les partisans de l’autopartage c’est une opportunité de développer des formules révolutionnaires

A priori, l’arrêt officiellement prononcé aujourd’hui par le syndicat mixte Autolib et qui dépend principalement de la Mairie de Paris n’a pas provoqué beaucoup d’émotion. Ni à la Mairie, ni chez les usagers.

C’est à peine si les milieux politiques qui s’opposent à la maire Anne Hidalgo, vont mettre cet arrêt sur l’incohérence de sa politique des transports ou son arrogance à tout gérer, tout décider, tout savoir... Peut être, mais ça n’aura aucun rapport avec les sarcasmes et les colères qui ont accompagné la fin chaotique des Vélibs (version Decaux) et surtout l’impossibilité de trouver une solution alternative qui soit efficace. 

Il faut dire que les utilisateurs d’Autolib étaient beaucoup moins nombreux et que tout le monde savait que le systeme Bolloré n’avait pas trouvé son équilibre économique.

Le pari qu’avait tenté Vincent Bolloré n’a pas fonctionné. Le service s’arrêtera donc progressivement pour s’éteindre complètement à la fin du mois de juillet. 

Au départ, Vincent Bolloré prévoyait un bénéfice net de 56 millions, or le déficit cumulé depuis la création, il y a 7 ans, atteindrait 210 millions d’euros. C’est bien à cause de ce déficit dont Bolloré a réclamé le financement, que le contrat a été dénoncé par la Mairie de Paris. 

Dans le contrat initial, il faut dire que Bolloré s’était, semble-t-il, engagé à payer la dette à hauteur de 60 millions. Le reste devant être payé par les 98 communes de la région parisienne. 

Le syndicat mixte a préféré dénoncer le contrat. Du coup, Bolloré peut demander plus de 300 millions de dédommagement. Il y aura donc une kyrielle de procès dont personne ne connaît l’issue (pour le contribuable). En attendant, tout le monde a considéré que la meilleure des solutions était encore d’arrêter les frais. Et de ne pas trop polémiquer. 

Cet arrêt cardiaque en plein vol ne surprend donc personne mais va avoir deux conséquences. 

Le premier touché, Vincent Bolloré de plein fouet. Touché, mais pas coulé. Pour cet encore jeune capitaine d’industrie, c’est un échec qui s’ajoute aux ennuis que lui valent certaines pratiques commerciales et financières en Afrique et aux difficultés qu’il rencontre dans l’audiovisuel où il peine à donner à Canal Plus un nouvel avenir. Ne parlons pas du désordre qui règne en Italie et qui pourrait contrarier ses ambitions de pouvoir reprendre en toute liberté les affaires Generali. Alors Autolib, oui, ça fait désordre, mais Bolloré a connu tellement d'autres ennuis !  

Bref, la météo que Vincent Bolloré doit affronter ne lui est guère favorable. 

L‘Autolib était pour lui un projet totalement innovant auquel il croyait comme à la prunelle de ses yeux. Pour trois vraies raisons. 

D’abord, parce que le concept de l’autopartage répondait à une demande nouvelle de mobilité dans la ville et qu’il était assez fier d’y participer et d’être le premier. 

 
Commentaires

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  • Par Cepatoufau - 25/06/2018 - 08:31 - Signaler un abus Les conditions de l'échec

    Le contexte de l'échec d'autolib sont peu mises en avant. C'est de l'autopartage : parfait. Parlons du partage. Il part du principe que d'autrs que soi profiterons de cette formidable innovation. Il invite toute personne normalement éduquée a : 1 prendre soin du véhicule confié et 2 récupérer ses affaires y compris ses papiers gras et paquets de cigarette vides (dans le meilleur des cas). Abonné Autolib depuis 6 ans, je peux vous dire qu'Autolib meurt du mauvais traitement inflige par ses usagers (enfin une bonne partie d'entre eux). Ces problemes d'incivilite, lie au comportement adolescent de nombreux compatriotes, ont tue ce service et le modèle economique qui va avec. C'est le meme syndrome que celui qui atteint le Velib et toute initiative xxpartage 'en confiance' c'est-a-dire basée sur un comportement responable des usagers. Je pense que le systeme aurait fonctionne si une camera avait ete installée dans chaque vehicule 'pour votre sécurité, bien sur avec les conséquences tristes sur le votre privée. Malheureusement, une preuve de plus que l' usager lambda n'est pas respectueux et redevient adolescent quand il n'est pas soumis a contrainte. Tres triste.

  • Par assougoudrel - 25/06/2018 - 09:30 - Signaler un abus Ce n'est pas parce qu'on est malpropre

    au sens propre comme au sens figuré qu'on a un comportement d'adolescent. Il y a des ados au Japon et dans ce pays, dans le métro comme ailleurs, on pourrait faire tomber un bout de gâteau par terre et avoir envie de le ramasser et le manger, ce qui n'est pas le cas chez nous, surtout à Paris, ville de rats de toutes sortes. Les parisiens ont voulu Hidalgo après 12 années de Delanoé, comme les français ont voulu Macron qui était dans l'équipe Hollande; ils devraient faire comme Philippe: "assumer". Comme je suis de province et que le "parisien" méprise les provinciaux, je n'ai aucune compassion pour ces "gens-là".

  • Par vieux croco - 25/06/2018 - 09:40 - Signaler un abus tout à fait d'accord

    nos compatriotes , en nombre variable selon les régions , ne peuvent pas respecter les biens communs s'il n'y a pas un risque de sanction . Bolloré aurait du choisir Bruxelles ou Copenhague .

  • Par Benvoyons - 25/06/2018 - 14:24 - Signaler un abus Enneffet la Ville de Paris a été le mauvais choix surtout qu'un

    Socialiste Écologiste ne pense qu'à détruire toutes les Sociétés Françaises . Les Têtes pensantes sont à Paris donc résultat une incivilité contre la Société Bolloré un riche qui n'aura pas mes sous car cela va lui couter. Problème les ouvriers qui produisent son des bons Français qui payent l'Impôt pour ses Connards de Parisiens Socialos Écologistes. Donc un petit chômage encore à mettre sur le dos au gouvernement ! Le Pied !!

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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