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Fillon vainqueur de la primaire : qui du renard libre ou du fermier menace le plus le poulailler libre ?

La victoire de François Fillon à la primaire de la droite a engendré une grande levée de boucliers chez de nombreux observateurs inquiets de voir leur cher Etat-providence menacé par un tel candidat.

Liberté chérie

Publié le
Fillon vainqueur de la primaire : qui du renard libre ou du fermier menace le plus le poulailler libre ?

La vision de François Fillon, qui s'inspire des pistes insufflées par d’authentiques libéraux, propose de réels changements.

La presse est unanime : le renard rôde dans le poulailler. Depuis que François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre, la menace revient en lame de fond. De cet ultra-libéralisme conquérant, on entendrait presque mugir les féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. La gauche sonne le tocsin. Les centristes – dont personne ne connaît le programme, en ont-ils un ? - aimeraient bien sonner aussi le tocsin mais ils jouent leur survie avec cette victoire inattendue d’une figure des Républicains qu’ils avaient enterrée un peu tôt. Les jeunes UDI ont rejoint l’autre labellisé "libéral", Emmanuel Macron, tandis que les plus vieux se voient contraints de rallier celui qu’ils dénonçaient hier comme ultra-libéral - et ultra-conservateur en bonus, ça ne mange pas de pain - pour avoir l’assurance d’être réélus.

Décidément, le renard va avoir un Noël bien garni.

Premier paradoxe : ceux qui hurlent après la menace quasi-terroriste du libéralisme galopant sont aussi ceux qui dénoncent la dérive libérale du pays depuis 20 ans. Il faudrait savoir. Si nous sommes déjà sous l’emprise des affreux libéraux, le pire est déjà là. Quelques indicateurs nous permettent d’en douter. L’Etat et ses satellites dépensent 57% de toute la richesse produite en France, plus de 5 millions de fonctionnaires au statut d’intouchables, une école à l’organisation quasi-soviétique, une assurance-maladie monopolistique, une retraite quasi-exclusivement par répartition, une liberté d’expression bridée, une absence criante de séparation des pouvoirs, planification du logement - un logement sur cinq est "social" -, un hygiénisme d’Etat-nounou qui s’est approprié les règles de notre bonheur depuis bien longtemps.

Les faits sont là, l’Etat français est un Etat socialiste : étatiste, liberticide, égalitariste. Sur cette mauvaise pente, nous risquons un jour un effondrement aussi brutal que la Roumanie sous Ceausescu. Au fléau de la pauvreté de masse, nous devons ajouter celui du chômage structurellement élevé, de l’exode des Français, du mal-logement, de la consommation record d’anxiolytiques - et de drogues -, un taux élevé de suicides, un ascenseur social en panne, une corruption galopante et des banlieues à l’urbanisme stalinien au bord de la guerre civile. Sans parler des jeunes qui trouvent dans le djihad un idéal désespérant à défaut de trouver matière à rêver dans notre république. Le poulailler France n’a pas pour premier ennemi le renard, mais bien le fermier - intrusif et planificateur. N’est-ce pas le thème de bataille de l’association L214 contre la maltraitance animale ?

Le second paradoxe de ces contempteurs du libéralisme, c’est qu’ils piétinent la liberté des citoyens en leur tenant un discours moralisateur qui leur fait croire que ces interdictions et ces charges les rendront plus heureux. Mais au fond, la liberté est-elle nuisible à l’Homme ? Il est vrai que c’est difficile de répondre après avoir été biberonné toute sa vie au tout-Etat. Lorsque le mur de Berlin est tombé, combien d’Allemands de l’Est savaient ce à quoi ressemblait l’Allemagne de l’Ouest ? La philosophie libérale promeut l’émancipation des personnes, la protection de leurs droits fondamentaux contre l’arbitraire et la violence – fut-ce celui ou celle d’un Etat prédateur –, l’égalité des chances et la poursuite individuelle du bonheur. Qui peut souhaiter le contraire ? Pourtant, cette pensée aussi riche qu’ancienne reste honnie par une petite caste parisienne qui se prétend éclairée, qui sait mieux que tous comment chacun doit vivre pour être heureux. Et qui reste hélas fortement dominante par son influence.

Lors de la bataille opposant Alain Juppé à François Fillon, certains journaux ont osé comparer le prétendu libéralisme de l’un à celui de l’autre. Qui peut déceler la moindre trace de libéralisme dans le projet d’Alain Juppé ? La vision de ce technocrate des temps anciens se voulait apaisée, progressive, en fait acceptable pour le système organisé de rentiers qui paralysent la France depuis tant d’années ! Ceux qui se sont déplacés ont exprimé un refus clair et net de cette "identité heureuse"… et stagnante. L’ordre établi ne pouvait perdurer à leurs yeux, d’autant que c’était eux qui en réglaient la facture. La liberté ne reviendra qu’au terme de combats difficiles avec les forces obscures du statu quo.

 
Commentaires

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  • Par ZeArno - 01/12/2016 - 11:08 - Signaler un abus Les Français

    sont drogués à l'Etat comme un toxico à la drogue dure. Ils savent que c'est mauvais pour leur santé, que ça finira par les tuer mais ils ne peuvent s’empêcher d'en consommer : principe de l'addiction. Pour s'en débarrasser, il faut une cure de désintox, ça fait rarement plaisir, souvent pénible mais c'est un mal nécessaire. Fillon et le médecin qui vous dit sans angélisme que cela va être difficile de se défaire de 30/40 ans d'addiction à l'Etat. Beaucoup de gens sont sensibles à cette sincérité et n'en peuvent plus des mensonges socialistes qui ne font que nous enfermer dans notre addiction.

  • Par mado83@free.fr - 01/12/2016 - 11:57 - Signaler un abus tout à fait d'accord

    On étouffe sous les contraintes, les réglements, les taxes de toutes sortes, les prélèvements abusifs sur le travail, les initiatives. Marre de ce socialisme liberticide.

  • Par Ganesha - 01/12/2016 - 12:07 - Signaler un abus Piège à cafards

    Francois Fillon est aussi grotesque, ridicule et désespérant que les médecins de Molière qui ne connaissaient que la saignée. Son seul intérêt est de faire sortir les cafards de droite de leur tanière et se montrer au grand jour. Bêtise, égoïsme et méchanceté !

  • Par atlante29 - 01/12/2016 - 13:32 - Signaler un abus Etat

    Le problème ce n'est pas l'Etat, mais ce qu'en font ses dirigeants. Le colbertisme pompidolien sous la grande aile de De Gaulle avait réussi à mettre en place un Etat-stratège où même le système éducatif était une réussite

  • Par Benvoyons - 01/12/2016 - 14:05 - Signaler un abus Il n'y a aucune saignée sur les pauvres ni abandon sur les soins

    bien au contraire et pour une bonne raison: Cela sera fait non pas par idéologie pour se faire élire mais par simple Charité car la charité fait parti des fondamentaux d'un chrétien. D'ailleurs il y a un saint qui s'appelle Saint Martin de Tours qui a coupé son mentaux en deux pour offrir son partage à un pauvre. C'est à dire que s'il avait tout donné son mentaux il aurait péri de froid et il n'aurait pu ainsi subvenir à d'autre. Donc l'inverse du Socialisme qui veut que tout le monde soit pauvre, enfin le moins possible pour eux tout de même Exemple Castro :)::))qui est fêté par la Gauche comme Grand Dieu du Socialisme pour son Peuple. D'ailleurs il ne faut pas s'y tromper ceux qui sont mort ils sont mort de rire MDR

  • Par lafronde - 01/12/2016 - 14:30 - Signaler un abus @atlante29

    Bonjour. Vous dites que le pb c'est ce que nos dirigeants font de l'Etat et pas l'Etat lui même. Vous évoquez Pompidou sous de Gaulle. En effet c'était une grande époque ! Mais précisément ! Pour un de Gaulle ou un Pompidou, qui avaient le sens de l'Etat, combien de Sarkozy, Hollande, Chirac, Mitterrand, Jospin, tous politiciens au mieux carriéristes ? au pire partisans ? (à moins que ce ne soit le contraire) ! Puisque nous ne savons pas d'avance qui gouvernera l'Etat, et puisque la tendance électorale est aux démagogues, la tendance gouvernementale aux clientélistes déficitaires, alors il est prudent de réduire le périmètre de l'Etat, de responsabiliser les collectivités locales (ressources propres exclusives, Justice et Police décentralisées) et rendre à la Société civile ses responsabilité sociale : solidarités, enseignement... Ce sont des principes réputés libéraux Réduire L'Etat est recommandé si Chirac-Jospin-Sarkozy-Hollande sont l'ordinaire et de Gaulle-Pompidou l'exception !

  • Par lafronde - 01/12/2016 - 15:16 - Signaler un abus Notre République est progressiste.

    D'accord avec Aurélien Véron : notre régime est socialiste. Nul libéralisme spontané dans nos politiques publiques depuis... de Gaulle ? Nos libertés en économie ont été décidées à Bruxelles, en accord avec nos gouvernements, mais qui tiennent un langage différent devant leur électeurs. Si les français veulent retrouver la prospérité des années soixante, ils doivent savoir ce qui la rendait possible : une sphère publique moins lourde, et compétitive au plan international. Ce n'est plus le cas aujourd'hui : un demi siècle de progressisme a gonflé l'Etat français et ses dépendances au delà de tout ce qui se fait de raisonnable chez nos concurrents. C'est le clientélisme électoral à l'oeuvre. Son exact contraire est la subsidiarité. Selon ce principe doit être confié à la Société civile (marchande : entreprises, ou bénévole : famille ou communauté locale) tout ce qu'elle fait mieux que la sphère publique. Et à l'intérieur de celle-ci rapprocher à l'optimum l'instance administrative du citoyen, y compris pour la Justice et la Police. Voir les pays anglo-saxons à ce sujet, et tous les pays européens qui n'ont pas subi la tabula rasa des Révolutions.

  • Par lafronde - 01/12/2016 - 15:34 - Signaler un abus Libérer les français des droits-créances !

    Une des premières raisons u déclin français, du chômage de masse c'est l'effet des droits-créances sur le périmètre de l'Etat, ses dépenses, sa règlementation. Tant que la CEE a eu des frontières douanières notre économie n'était concurrencée que par les pays de la CEE,comparables au plan social, notre budget et notre commerce extérieur restaient plus ou moins équilibrés, car le socialisme français n'avait pas encore alourdi la barque. Notre navire République sociale coule sous le poids des droits sociaux. L'immense majorité des ayants droits valides pourraient se passer de ces aides si le travail au noir était légalisé ! Distorsion de concurrence assurée ! Mais preuve qu'il y a toujours du travail, seule sa rentabilité sombre s'il est surtaxé. Ce qui est le cas en France depuis au moins 2008. Donc le nouveau deal, en France serait : "travail obligatoire mais libre, en retour plus d'allocations !" Nul doute que cela changerait en mieux la Société civile française. Dans les "territoires perdus de la République" où sa loi ne s'applique déjà plus, cela donnerait l'ascendant aux leaders les plus entreprenants issus de ces communautés, qui gagneraient à organiser leur Police locale.

  • Par john mac lane - 01/12/2016 - 15:54 - Signaler un abus Pays libéral ?

    Quand chaque Français travaille à 57% pour l'état....Nous sommes un pays socialiste.

  • Par brennec - 01/12/2016 - 19:18 - Signaler un abus Qui est propriétaire du poulailer?

    Chez nous il n'y a pas de renard, ou plutôt il est déguisé en politicien propriétaire et gérant du poulailler.

  • Par Anouman - 01/12/2016 - 20:55 - Signaler un abus 57%

    57% de prélèvements obligatoires c'est beaucoup trop. Mais c'est comme ça pour des tas de raisons. Et je n'ai pas vu grand chose dans le programme de Fillon susceptible de beaucoup changer ce chiffre. Son programme ressemble parfois à un conte de Noël... Même quand on va voir ses propositions détaillées tout est flou ou presque. Il n'y a guère à s'inquiéter il ne changera pas grand chose sauf dans les apparences. Exemple: quand il aura mis les fonctionnaires à 39heures (payés 37?) il aura juste dépensé plus mais ils ne travailleront pas plus pour autant, plus longtemps mais moins vite. Et le reste ne vaut pas mieux. Sauf peut-être la retraite à 65 ans mais ça il aurait du le faire quand il était premier ministre. Mais à l'époque, c'est vrai , il n'était que "la voix de son maître" (dont le maître était Buisson). Qui tire les ficelles de cette marionnette?

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre "Le grand contournement". Il plaide pour passer de l'Etat providence qu'il juge ruineux et infantilisant à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux réferendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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