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Sondages :
Quels instituts avaient raison ?
Lesquels avaient tort ?

Critiqués pour avoir sous estimé le score de Marine Le Pen au premier tour et surévalué celui de Jean-Luc Mélenchon, les sondages posent question, comme lors de chaque élection. Faut-il pour autant tous les mettre dans le même sac ?

Opinion publique

Publié le

Durant toute la campagne, les sondages se sont multipliés comme une dynamique inlassable de la classe politico-médiatique française. Véritable friandise pour certains journalistes, exposés et glorifiés ou à l’inverse, rejetés et discrédités par les différents candidats selon qu’ils leur soient favorables ou non, leur place leur donne en tout état de cause une influence considérable. Le premier tour digéré, l’occasion se présente de revenir sur la fiabilité des différents baromètres.

La véracité des prédictions

A l’aide de formules mathématiques, il est alors possible de classer les différents sondages selon leur niveau de concordance avec la réalité.

 

Pour cette analyse, deux formules ont été utilisées, la première est fondée sur les écarts en valeur absolue (entre la prévision et la réalité) et la seconde est basée sur les carrées des écarts, permettant de sanctionner davantage les erreurs importantes. Plus la valeur de l’indicateur est faible, plus le sondage était proche des résultats définitifs. Dans le cadre de cette étude, les deux derniers baromètres des huit principaux instituts ont été analysés (Ifop, BVA, CSA, Harris, Ipsos, TNS-Sofres, LH2 et Opionion-way).

Allant d’un écart en valeur absolue de 7 à presque 12 points pour certains instituts, les résultats démontrent l’importance des précautions à prendre dans l’utilisation et l’interprétation de ces chiffres.

Ainsi, les instituts Harris et Opinion-Way sortent du lot avec une marge d’erreur globale plutôt faible et des écarts peu importants. A l’inverse, les prévisions des instituts CSA et BVA se sont révélées peu en phase avec la réalité, le premier en raison de la surestimation de Jean-Luc Mélenchon (+3,4 pts), le second à cause de la sous-estimation de Marine le Pen (-3,9 points).

(Cliquer pour agrandir)

Moyenne des indicateurs d'erreur par institut de sondage


Vers une évolution législative
 

Les baromètres ont une incidence indéniable sur le vote des citoyens, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la commission des sondages veille scrupuleusement à la non publication de ces données le jour de l’élection. Mais le débat s’étend sur leur utilisation pendant la campagne. La semaine dernière, Nicolas Dupont-Aignan s’est ainsi s’offusqué contre cette "dictature des sondages" qui mettent en avant leurs deux "favoris".

Certains préconisent leur interdiction, d’autre un encadrement plus strict ou au contraire une liberté totale dans leur publication, y compris le jour de l’élection. Les français semblent en tout cas favorables à la loi interdisant la diffusion de résultats chiffrés avant 20h, à 66% selon un sondage LH2 pour Yahoo ! A vous d’en juger la crédibilité !

(Cliquer pour agrandir)

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Indicateur « Valeur absolue » : Somme des Valeurs Absolues des écarts pour les intentions de vote de chaque candidat entre la prévision de l’institut (x) et le résultat définitif (r).

Y1 = ∑ | x - r |

Indicateur « Somme des carrés » : Somme des carrés des écarts pour les intentions de vote de chaque candidat entre la prévision de l’institut (x) et le résultat définitif (y).

Y2 = ∑ ( x - r )2

 
Commentaires

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  • Par Nico Attal - 24/04/2012 - 18:44 - Signaler un abus Génial !

    Si j'en crois les rectifications de vos sondages, Sarkozy est donc élu au deuxième tour?

  • Par ggg - 24/04/2012 - 19:27 - Signaler un abus L'analyse montre aussi...

    ...d'autres conclusions: 1. Les sondages sont toujours légèrement biaisés en faveur de la gauche. Ceci est une constante universelle qui reflète les opinions des journalistes et sondeurs en général. En France, on le sait depuis 1978 et la victoire de la droite aux législatives alors que les sondages donnaient 6% d'avance à la gauche. Aux USA, on l'a vu en 2004 quand Bush a nettement battu Kerry alors que les sondages les donnaient à égalité. 2. Le fait que les sondages soient faux aux extrêmes mais précis pour Hollande, Bayrou et Sarkozy tient plutôt à ce que ces trois candidats sont de sensibilités politiques finalement très voisines : des sociaux-démocrates colbertistes, partisants de l'État-providence et de la fiscalité qui va avec. Même s'il propose de fausses réponses à de vrais problèmes (comme le disait Laurent Fabius... en 1985 !), le FN n'a pas tellement tort à parler de système UMPS !

  • Par skb17 - 25/04/2012 - 00:37 - Signaler un abus C'est bien de s'essayer aux

    C'est bien de s'essayer aux statistiques, c'est encore mieux quand on sait de quoi on parle. Vos mesures sont ineptes (aucune consideration de la marge d'erreur), et la moyenne ou la moyenne au carré n'est qu'un indicateur tres peu fiable de ce que vous essayer de démontrer. Utiliser plutot l'ecart type...

  • Par Harmaggedon - 25/04/2012 - 04:24 - Signaler un abus le problème réside....

    dans la présentation des résultats : ce ne sont pas des statistiques, mais des probabilités. A travers les sondages, on n'explore pas le corps électoral, mais un échantillon de ce corps électoral. Plus l'échantillon se rapproche du nombre total d'électeurs, plus il est fiable. A l'inverse, plus il est petit, plus les marges d'erreurs seront grandes. Que représente un échantillon de 1000 sondés, sur un total de 46 millions d'inscrits ? De plus, les résultats pour chaque candidat sont sous forme d'une courbe de Gauss, plus ou moins aplatie. Donner des sondages au dixième de % près, est une abérration : la marge d'erreur doit se situer, à peu près entre 3 et 3,5%, au-dessus et en-dessous, c'est à dire avec une lattitude totale de 7 points environ ! Ainsi, un 27,5% devrait se dire "entre 24 et 31% ! Si les statistiques peuvent se décliner avec une précision scientifique, c'est une abérration d'en faire de même avec les probabilités et donc les sondages qui en relèvent ! En restant deux heures, au péage d'une autoroute, en comptant tous les types de véhicules qui passent, pensez-vous réellement que vous pourrez en extrapoler, tout le parc automobile français ?

  • Par Le gorille - 25/04/2012 - 08:35 - Signaler un abus Ah que de beaux sondages... pour rien !

    Je vous l'accorde, si les informations de sondage donnaient leurs marges d'erreur, ce serait peu lisible. Mais, le sont-ils avec des échantillons de 1000 personnes ? Et si l'on demandait moins de sondages, mais avec des échantillons plus étoffés, en visant un coût égal ou voisin ? Au fait, à quoi cela sert-il, quand les électeurs disent ne pas être influencés par les sondages... hum ?

  • Par Louis Morin - 25/04/2012 - 09:08 - Signaler un abus @Nico Attal Hélas cet article

    @Nico Attal Hélas cet article ne permet pas de rectifier les sondages à venir. Il s'agit uniquement de constater les erreurs des instituts au 1er tour et de les classer selon leur fiabilité. @skb17 Ni la moyenne ni la moyenne au carré n'a été utilisée dans cette étude. Quant à l'écart-type, il permettrait une mesure de l'incertitude, ce qui n'est pas l'objet de notre analyse.

  • Par Pierre_C - 25/04/2012 - 19:08 - Signaler un abus Statistiques et économétrie

    Je rejoins l'un des commentaires postés sur le site. Ces indicateurs sont trop frustres pour donner quelque classement que ce soit, pour une raison élémentaire : ils n'intègrent pas l'intervalle de confiance à 95% de ces estimations sur échantillons de 1000 personnes. Pour le dire autrement, de tels indicateurs fondés sur la somme des écarts valeur réelle/valeur prédite et la somme des écarts au carré valeur réelle/valeur prédite reposent sur l'hypothèse implicite que seule compte la valeur sur laquelle est centré l'intervalle de confiance, ou de façon équivalente, comme si les intervalles de confiance étaient construits à partir d'une valeur de l'erreur de première espèce tellement forte que cet intervalle serait réduit à la proportion estimée.

  • Par Pierre_C - 25/04/2012 - 19:09 - Signaler un abus Statistiques et économétrie 2

    Il faudrait reprendre les calculs d'un intervalle de confiance sur échantillon de 1000 personnes, avec variance estimée, pour déterminer qu'elle est la probabilité de se tromper lorsqu'on ne considère que les proportions estimées (c'est-à-dire un intervalle de confiance réduit à une unique valeur)... Alors on constaterait que cette probabilité d'erreur est trop forte* et qu'il est a priori hautement probable d'observer une dispersion élevée des erreurs cumulée de prévision entre différents sondages. On pourrait même montrer que le classement obtenu pour les derniers sondages publiés avant le 1er tour est bouleversé pour chaque vague de sondages publiés depuis 6 mois. * Vue la forme d'intervalle de confiance d'une proportion, il faudrait que le quantile d'une loi normale centrée réduite soit égal à 0, ce qui donne une erreur de première espèce de 50 % : beaucoup trop pour un statisticien.

  • Par skb17 - 25/04/2012 - 22:38 - Signaler un abus @louismorin je reviens sur

    @louismorin je reviens sur mon propos (trop) rapide Votre indicateur 1 est bien une moyenne des écarts : certes vs ne normalisez pas (diviser par le nombre d'échantillons, ici le nbre de candidats), mais comme ce nombre est constant. my bad pr le 2eme Comme ttes stats présentées au prophane sans précaution, on peut en faire ce qu'on veut (cf la fameuse intox de sur la délinquance de Zemour). Tenez, un autre indicateur : 1 si le résultat est dans une marge d'erreur donnée et 0 sinon (soit pour combien de candidats le sondage s'est trompé de plus de x%) Ce que vous appelez indicateur est gnrlmt nommé fonction de perte. Mais on ne le fixe pas a posteriori ! il fait parti intégrante de l'hypothèse de travail. La notion d'ecart type, utilisée pr l'incertitude, n'est pas uniquement cela! c aussi une mesure de dispersion qui montre l'écart à a moyenne. Ce qui me semblait plus adapté à ce que vs tentiez de montrer : la disparité des résultats par rapport aux prévisions. En tte rigueur, il faudrait faire un test statistique pour savoir si on s'est planté, ce qui nécéssite de connaitre les marges d'erreur Les instituts se plantent ptetre, mais vous aussi pour le coup:)

  • Par kloche - 30/04/2012 - 03:50 - Signaler un abus sondages globalement fiables, si si

    "Les sondages se sont tellement trompés" (Sarkozy, Le Parisien 29/04/2012). En tout cas pas en ce qui concerne l'écart Hollande-Sarkozy au 1er tour. En effet, en prenant la moyenne des 9 derniers sondages des différents instituts (publiés entre le 18 et le 20 avril), Hollande était donné devant Sarkozy à +1,38% alors que le résultat final a été de +1,45% (0,07% d'erreur sur l'écart entre FH et NS, c'est plutôt pas mal). Certes les erreurs étaient plus grandes pour LePen, Mélenchon et Bayrou, mais l'ordre d'arrivée des 10 candidats était correct (par exemple plus personne ne donnait Mélenchon devant LePen) et les écarts avec les résultats effectifs inférieurs aux marges d'erreurs annoncées. Sur ce 1er tour j'ai donc trouvé les sondages globalement fiables, contrairement aux dires de NS qui nous rappelle que FH a fait beaucoup moins bien que prévu. C'est juste une contre-vérité de plus à son actif. Il se souvient des sondages d'il y a plusieurs mois le donnant parfois menacé par LePen, mais semble avoir oublié l'épisode plus récent de la fameuse inversion des courbes. Mais bon, on motive ses troupes comme on peut.

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Louis Morin

Louis Morin est journaliste politique. Il produit et anime le Brunch Politique et le Brunch Médias sur Sud Radio. Il a été chroniqueur dans l’Emission Pour Tous avec Laurent Ruquier sur France 2.

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