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Fête de la violette : les Républicains s’installent dans leur équilibre des faiblesses

Ce samedi a lieu la fête de la Violette, organisée par Les Populaires, le mouvement de Guillaume Peltier. Numéro 2 des Républicains, il est détesté par des gens comme Valérie Pécresse, sur les sujets européens comme sur les sujets économiques.

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Fête de la violette : les Républicains s’installent dans leur équilibre des faiblesses

 Crédit JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Atlantico : Ce samedi a lieu la fête de la Violette, organisée par Les Populaires, le mouvement de Guillaume Peltier. Ce sera l'occasion de porter le regard vers celui qui est peut-être le troisième homme des Républicains, derrière Valérie Pécresse, et bien évidemment Laurent Wauquiez. Comment interprétez-vous le rôle et le poids de Guillaume Peltier dans la structure du parti LR ?

David Desgouilles : Guillaume Peltier est important dans la mesure où il figurait, avec Virginie Calmels, sur le ticket de Laurent Wauquiez lorsqu'il a été élu il y a un an. Depuis, Virginie Calmels a quitté l'exécutif de LR, et l'on ne sait plus très bien où elle est, même si certains bruits l'annoncent proche de Bruno Retailleau. C'est donc officiellement Guillaume Peltier le numéro deux du parti. Et c'est lui que les gens comme Valérie Pécresse aiment détester, sur les sujets européens comme sur les sujets économiques.

Par ailleurs, la fête de la Violette des "Populaires" interviendra après une autre rentrée politique, celle du mouvement de Julien Aubert ("Oser la France"), dans le Luberon, et qui a connu un certain succès. Guillaume Peltier, comme Julien Aubert, représentent, au sein de la droite classique, cette mouvance beaucoup moins libérale que les autres sur le plan économique, quoiqu'ils aient des itinéraires tout à fait différents. Peltier est plutôt un militant politique qui a commencé au Front national de la jeunesse (FNJ), qui a été mégrétiste et qui est ensuite devenu sarkozyste. Alors que Julien Aubert est énarque, il a suivi une continuité, placé dans la lignée gaullo-souverainiste de Philippe Séguin et Charles Pasqua.

Il se trouve que Laurent Wauquiez a décidé de laisser s'exprimer toutes les voix dans son parti. Visiblement, il y a beaucoup de mauvaise foi de la part de gens comme Jean-François Copé ou Valérie Pécresse à son égard, qui lui reprochent de caporaliser le parti, alors qu'au contraire, il laisse parler tout le monde. En fait, ce qu'on reproche à Laurent Wauquiez, sans jamais le dire, c'est de laisser parler Guillaume Peltier et Julien Aubert. 

Depuis son élection à la tête du parti, Laurent Wauquiez a eu plutôt tendance à se montrer agressif et subversif que rassembleur et capable de prendre de la hauteur. Lui qui se présente volontiers comme méthodique et froid a-t-il son jeu bien en main, ou bien s'est-il laisser prendre dans le piège d'un équilibre des faibles marqué par sa querelle avec Valérie Pécresse ?  Face à Emmanuel Macron, les LR ne se révèlent-ils pas décevants et conscients de l'être ?

Les Républicains se remettent d'une défaite historique. C'était la première fois que la droite classique n'était pas présente au second tour d'une élection présidentielle. C'est une très grosse claque. A partir de là, Emmanuel Macron est arrivé, et il a été jusqu'à nommer un membre des Républicains comme Premier ministre. Cela non plus n'a pas mis les Républicains dans une situation facile. Laurent Wauquiez arrive et prend le parti dans cet état-là. Il a commis des maladresses, l'histoire de l'EM Lyon en était une incontestablement. Il a toujours eu un discours clivant, mais il n'est pas du tout le premier. Bien sûr, on peut dire qu'il fait "du Sarkozy", et ce n'est sans doute pas la meilleure chose qu'il puisse faire. Il est d'ailleurs paradoxal que Nicolas Sarkozy lui reproche mezza voce de se montrer trop clivant. Il est tout de même très mal placé pour formuler ce reproche. Lui, clivant, il l'a souvent été, et cela ne l'a pas empêché de rassembler sur sa personne. Là-dessus, il y a donc aussi une part des critiques à l'égard de Wauquiez qui sont un peu exagérées. Il se montre clivant par rapport à Emmanuel Macron, mais Emmanuel Macron aussi est clivant, dans sa façon de construire l'opposition nationaliste-progressiste, etc. Aujourd'hui tout le monde est  clivant : Mélenchon, Marine Le Pen. Laurent Wauquiez n'a pas intérêt à être le seul à ne pas affirmer des positions tranchées dans un tel contexte.

 
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  • Par raslacoiffe - 22/09/2018 - 14:02 - Signaler un abus Enfin!

    En dépit des questions très orientées de l'interviewer, David Desgrouilles fait une analyse distanciée et objective sur Laurent Wauquiez. C'est plutôt inédit dans le climat à charge toute communément admis dans la presse bienpensante. Je retiens le dernier paragraphe : fuir Valérie Pécresse. Par ailleurs aucun article sur les journées parlementaires de Divonne les bains, est-ce normal ? Y-a-t-il des injonctions d'ostracisation de ce parti politique ?

  • Par Liberte5 - 22/09/2018 - 19:58 - Signaler un abus L. Wauquiez essaie de donner une ligne claire à L.R

    Pour le moment rien n'est définitivement fait. Un chose est sûre, la base LR ne veut des compromis avec une fausse droite mais vraie gauche, comme Juppé, Bertrand ou Pécresse. S'ils s'étaient présentés à la Présidence LR, ils auraient été battus à plate couture.L. Wauquiez doit trancher sur une ligne clairement libérale et conservatrice. Un compromis avec le centre gauche, c'est l'échec assuré.

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David Desgouilles

David Desgouilles est chroniqueur pour Causeur.fr, blogueur et auteur de l'ouvrage Le Bruit de la douche aux éditions Michalon (2015).

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