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Faux CV : peut-on encore réussir sa vie professionnelle sans diplômes reconnus ?

A Toulouse, le procès d'une jeune femme ayant usurpé le titre de psychologue et d'experte judiciaire va s'ouvrir : elle a livré plus de 400 expertises. Même chose à Limoges où un ancien directeur de l'aéroport est accusé d'avoir falsifié son CV.

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Faux CV : peut-on encore réussir sa vie professionnelle sans diplômes reconnus ?

Face aux faux CV : le recruteur se doit être enquêteur, voire même, investigateur. Crédit Reuters

Tout recruteur a déjà débusqué, l’œil aguerri, à la lecture d’un curriculum vitae, des détails soulevant l’intérêt, le soupçon tel un enquêteur. Car oui, aujourd’hui le recruteur se doit être enquêteur, plus même, investigateur.

Les formations sont légions, les sociétés sont ramifiées en sous société sœurs, les multinationales crées des entités par dizaines, la tache du recruteur à la recherche de la vérité est ardue. La recherche de la vérité, celle qui rassure l’un mais aussi celle qui blesse, handicape, heurte, vexe l’autre…

Au delà de l’aspect fonctionnel du « candidat », la personne améliore, surqualifie, développe ses faits, ses gestes et ses réalisations.

C’est une réaction humaine de chercher à atteindre la ligne du dessus, l’étape supérieure dans une société de classement et d’honneur… Certains portent l’amélioration et l’enjolivement à leur paroxysme en devenant de vrais faussaires.

Le curriculum vitae falsifié a toujours existé, je soupçonne même que son nombre ait diminué depuis l’apparition d’Internet rendant la recherche d’information moins fastidieuse. Cependant, l’inventivité des faussaires est toujours plus grande, lorsque l’on pense aux minutes passées à construire le « vrai » curriculum et les heures a rendre une histoire de vie, de travail plus cohérent et moins alambiqué.

Pourquoi de tels trésors d’imagination pour transformer une expérience, pourquoi tant de souffrance à communiquer la vérité à un interlocuteur,  pour travestir une identité dont, la personne, est, pour le moins, responsable ?

L’interlocuteur, le recruteur dont nous parlions en premier lieu, qui doit débusquer l’erreur de logique, la faute de frappe révélatrice, l’absence de concordance de dates, jusqu’ou va t-il ? Jusqu’à vérifier auprès des intéressés, les anciens employeurs la véracité du déroulé professionnel ! Oui, car la confiance n’existe plus entre le candidat et le recruteur, de façon réciproque depuis longtemps.

Cet éloignement réciproque, la rupture de ce couple indissociable, est consommé depuis bien des décennies car l’économie nous permet de répartir la position de dominant et dominé, à tour de rôle. Lorsque le marché est pauvre en offres d’emploi et fort en candidats, le recruteur est roi, lorsque le candidat se fait rare et l’offre abondante, le candidat domine, impose sa loi, car de choix, il n’a que cela…

Cette séparation, cet éloignement, doit-il se traduire dans le mensonge ? Oui, car les deux fuient et les deux se trompent et ne se connaissent plus.

Le recruteur idéalise le candidat parfait dans sa description, le candidat lui rend l’amabilité en devenant ce qu’il souhaite, en collant au descriptif, en formatant son curriculum vitae aux attentes. Le candidat cherche le poste parfait, le recruteur lui rend l’appareil en formatant des fiches de poste précises et rassurantes, comme il l’attend.

Le mensonge est présent partout dans cette relation, le mensonge favorise l’accès au décisionnaire, celui ou celle qui vous permettra d’expliquer vos faits d’armes au delà de cette figure imposée qu’est le CV.  Le recruteur est devenu investigateur, le candidat est devenu faussaire, et par un jeu idiot, ils perdent tout les deux un temps infini car on préfère un compliment menteur qu’une critique sincère…

 
Commentaires

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  • Par HdT - 20/09/2012 - 09:47 - Signaler un abus La question est à poser autrement

    Peux t'on construire son chemin sur le mensonge?

  • Par Ravidelacreche - 20/09/2012 - 10:27 - Signaler un abus réussir sa vie professionnelle sans diplômes reconnus ?

    OUI, en politique !! et particulièrement au gouvernement :o))

  • Par Mani - 20/09/2012 - 15:30 - Signaler un abus Et pourtant...

    ... il manque un mensonge dans cette description, celui de l'entreprise qui recrute. C'est amusant, au moment du recrutement, toutes les entreprises sont de véritables paradis ! Elles marchent du tonnerre, tout le monde y est heureux et s'y entend bien, il n'y a aucun dysfonctionnement, le poste que vous allez occuper est passionnant... Bien sûr, dès qu'on commence à travailler, on découvre systématiquement une réalité tout autre... Alors pardonnez-moi de penser que, face à des entreprises qui mentent sur elles-mêmes et qui exigent des choses impossibles ("débutants avec trois ans d'expérience sur le même poste", "trilingue", bac+27, payé au SMIC bien sûr...), il me semble qu'il est tout à fait légitime, de la part du candidat, de tricher. Le tout est de le faire intelligemment. Mais mettre toute la faute sur le candidat, c'est un peu fort.

  • Par kettle - 20/09/2012 - 15:53 - Signaler un abus psy

    "une jeune femme ayant usurpé le titre de psychologue et d'experte judiciaire" - On ne peut usurper le titre d'expert judiciaire mais chacun est libre de se donner celui de "psychologue" ou "psychanalyste".

  • Par HdT - 20/09/2012 - 16:42 - Signaler un abus @ Ravidelacrèche

    +1 :-D

  • Par Kiyomori - 20/09/2012 - 18:33 - Signaler un abus Petits mensonges entre recruteur et postulant ?

    Il est évident qu'aujourd'hui et surtout en raison de l'augmentation du chômage, la raréfaction des offres, les entreprises recrutent "serré" . Maintenant, il faut également admettre que le désir d'obtenir un poste qui permettra à minima, la reconnaissance sociale, justifie à lui seul quelques petits dérapages. Le danger c'est de confondre envie et capacités réelles. Bien entendu, des compétences sont parfois contestables, par exemple le cas des 'psys'; j'ai eu maintes occasions de croiser certains d'entre eux (si si , des vrais, des diplômés...) hé bien, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'ils étaient pour le moins incompétents. Par contre ici, je ne suis pas vraiment d'accord avec les termes de ce papier. Il m'arrive d'échanger régulièrement avec certains recruteurs et, si ils avouent effectivement avoir beaucoup de 'mensonges' dans certains CV, c'est avant tout sur la capacité qu'ils vont mettre l'accent. Là, surprise ! Certains candidats ayant un peu gonflé leur CV, s'avèrent plus efficaces en poste, que d'autres qui sur-diplômés, manquent cruellement d'empathie ou de capacités réactives, ou de leadership... C'est un phénomène qui impacte en coût-embauche !

  • Par gusse - 22/09/2012 - 10:56 - Signaler un abus Orthographe

    Bonjour, Si je ne m'abuse, veillez modifier l'expression "rendre l'appareil" (lequel ?) par la véritable expression "rendre la pareille" (renvoyer l'ascenceur). Merci, et bonne journée

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Grégory Herbé

Grégory Herbé est le fondateur de MyJobCompany, le premier site de recrutement par cooptation et affiliation via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, Viadeo...)

 

 

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