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Il faut faire avec “ceux qui sont là”, pas réorganiser la traite des esclaves !

L'histoire est de retour. Les frontières se ferment, les identités se réveillent, les Empires se confrontent et, partout, les constantes ethniques, nationales et spirituelles reprennent leur place. Partout aussi, des hommes et des femmes s'interrogent ; comment survivre aux chocs migratoires, à la destruction de l'environnement, au pillage des biens communs, autrement qu'à travers l'union nationale ? Le temps du « je » s'achève, le temps du « nous » commence. Hervé Juvin nous l'annonce dans son dernier essai : "France, le moment politique" publié aux éditions du Rocher.

Bonnes Feuilles

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Il faut faire avec “ceux qui sont là”, pas réorganiser la traite des esclaves !

 Crédit Reuters

Les hommes ne sont pas une marchandise. 

Les Français peuvent être fiers d’être français. Dans tant de pays, tant de lieux du monde, être français fait passer dans les regards de ceux que je rencontre du respect, de la considération, du désir. Il faut que les Français redécouvrent comme c’est bien, c’est fort, c’est grand d’être un citoyen français.

Cette fierté désarmera l’attraction qu’exercent des fondamentalismes religieux, des idéologies de toute nature, sur tant de jeunes ou moins jeunes Français qui ne savent plus qui ils sont.

Ils remplissent le vide creusé par l’individualisme radical et le conformisme juridique; ils ne sont forts que de notre faiblesse, ils ne séduisent que parce que nous ne savons plus dire combien la France attire, comme c’est une chance d’être français et d’avoir la France en commun!

Je constate avec effroi que la seconde mondialisation, financière et technique, qui s’est engagée depuis les années 1980, a fait perdre tout respect pour les peuples, les religions, les cultures et les civilisations, destinés à se dissoudre dans un grand tout universel, ou à survivre comme folklore, attraction touristique, selon le chiffre d’affaires qu’ils suscitent! Il faut le répéter; dans nombre de sociétés africaines, la plus grande peine infligée aux «délinquants», c’était que le chef ne leur adresse plus la parole! Le développement là-bas, le déracinement ici, ont détruit la paix, la confiance, en même temps que les limites de ces sociétés dont le seul tort est qu’elles se suffisaient à elles-mêmes. La volonté de rendre le monde plat pour le réduire au marché, l’affirmation que tous les hommes sont les mêmes, ont produit une absence totale de curiosité, d’intérêt et de respect pour les Autres, leur croyance, leurs mœurs, leur culture; puisqu’ils sont les mêmes, pourquoi tenir compte de ces différences? Puisqu’ils sont les mêmes, pourquoi ne pas les réduire à leur prix !

La petite musique qui couvre tous les débats sur la citoyenneté et les migrations résonne depuis les années 1960; et c’est le sous-entendu constant selon lequel si c’est bon pour l’économie c’est bon pour la France.

C’est indécent; il traite les migrations comme un flux économique pareil à d’autres. Le problème n’est pas l’argent, c’est la France! Le problème n’est pas le solde de l’immigration de peuplement, ce sont les Français qui souffrent, qui doutent et qui résistent! La France n’a pas pris la tête du combat contre l’esclavage, voici bientôt deux siècles, pour s’abandonner à l’esclavage moderne qu’est le trafic des migrants! Elle n’a pas organisé la décolonisation en Afrique pour être colonisée à son tour! Et ceux qui disent, écrivent, et même publient des rapports pour préconiser que s’il y a dix millions d’emplois non pourvus en France, et dix millions de jeunes sans emploi en Algérie, au Maroc ou à Madagascar, il suffit de les importer, devraient avoir honte de réinventer le trafic des esclaves de jadis. Quel mépris pour la personne humaine, quel mépris pour ce trésor de langue, de culture, de croyances, de liens familiaux et sociaux qui fait une personne humaine – et pas une marchandise qu’on trafique d’un côté à l’autre de la Méditerranée!

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 15/04/2018 - 13:10 - Signaler un abus Immigration

    En France on a des tas de gens inemployés et paradoxalement on importe des personnes et on exporte des emplois alors qu'il faudrait faire le contraire.

  • Par Deudeuche - 15/04/2018 - 15:30 - Signaler un abus @Anouman

    On exporte des bac+5 trilingues scientifiques et comme les Brits des retraités.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 15/04/2018 - 20:12 - Signaler un abus Surtout s'il y a des milliers

    Surtout s'il y a des milliers de postes non pourvus c'est parceque le chômage convient mieux à certains, en tout cas mieux que le boulot.....

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Hervé Juvin

Hervé Juvin, économiste et essayiste, a notamment publié L'Occident mondialisé. Controverse sur la culture planétaire (avec Gilles Lipovetsky, Grasset, 2010), La Grande Séparation. Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013) et Le gouvernement du désir (Gallimard, 2016).

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