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Facebook révèle toutes les données qu’il collecte sur vous, et la liste est longue, très longue

Par soucis de transparence et dans un but informatif, Facebook a révélé le grand nombre de choses qu'il connaît sur ses utilisateurs et utilise pour leur envoyer des publicités.

Tout, tout, tout vous saurez tout

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Facebook révèle toutes les données qu’il collecte sur vous, et la liste est longue, très longue

Atlantico : À quel point la firme pourrait tirer des bénéfices de ces informations? Cela ne risque-t-il pas d'effrayer les utilisateurs ?

David Fayon : Il s’agit d’une opération de communication pour montrer que le géant des réseaux sociaux est transparent et s’inscrit dans une opération gagnante avec les utilisateurs. La communication initiale a été faite voici 11 mois et les libellés des critères sont les mêmes. En effet, l’objectif affiché est d’avoir des publicités ciblées selon les goûts et les envies les moins intrusives possibles, de donner une valeur ajoutée à l’utilisateur, de lui faire gagner du temps et aussi de l’argent avec les meilleurs offres possibles de partenaires de Facebook, bref d’aller plus loin que les AdWords/AdSense de Google puisqu’il s’agit d’une dimension sociale sans commune mesure et que le temps moyen passé sur Facebook progresse au fil des ans.

Le cap des 2 milliards de comptes a même été franchi. C’est aussi prendre le contre-pied des critiques en anticipant ceux qui pourraient souligner l’obscurité de Facebook. Aussi Facebook a révélé les 98 types de données stockées à propos des personnes mais n’a nullement dévoilé les algorithmes utilisées, les corrélations faites entre les données et toute l’exploitation du big data sous le capot qui est le savoir-faire qui peut être très commercialement intéressant… mais aussi avec un esprit bigbrotherien avec une inconnue quant à la détention du capital de Facebook dans le futur. D’ailleurs, il est intéressant de garder à l’esprit que le rapport aux données personnelles diffère clairement entre la France et les États-Unis comme je le rappelle dans mon dernier livre Made in Silicon Valley. Les États-Unis ont une histoire courte (250 ans), n’ont pas été victimes d’un Gouvernement comme celui de Vichy et pour eux tout est prétexte à business. Et les données personnelles constituent pour eux un fantastique vecteur à cet égard, c’est l’opposition qui existe entre les États-Unis et l’Europe entre l’opt-in et l’opt-out où, en France, le consentement préalable de l’internaute en B2C est nécessaire.

Certaines de ces informations sont du caractère du plus intime et du plus personnel. L'école, le lieu de travail, l'âge, par exemple sont des informations présentent sur un mur Facebook ou précises lors de l'inscription sur le site. Mais Facebook peut également savoir si l'on possède une voiture, si on envisage d'en acheter une, si l'on boit beaucoup d'alcool… Comment Facebook s'y prend-t-il pour collecter autant d'informations ?

Il existe plusieurs catégories d’informations, celles que l’on renseigne lorsque l’on crée un compte avec beaucoup qui sont optionnelles, notamment les données dites sensibles au sens de la Cnil comme l’opinion politique, l’orientation sexuelle, d’autres qui le sont moins comme son âge, son lieu de résidence ou ses études qui permettent néanmoins de faire des ciblages marketing (comme précisé dans Facebook, Twitter et les autres…). Ensuite nous avons toutes les informations liées à son réseau d’amis et ses interactions au quotidien sachant aussi qu’au fil du temps, les algorithmes utilisées se perfectionnent au-delà de l’Edge Rank de Facebook qui fait que 10 % environ de ses publications apparaissent dans les timelines de ses amis ou fans (pour inciter à acheter des prestations offrant une meilleure visibilité pour les marques). C’est avec ce type d’interactions tout au long de la vie de l’utilisateur (les J’aime et les autres réactions, les partages et les commentaires) que le « portait robot » du facebooknaute à l’instant t et du même coup ses projets du moment (notammen ses envies d’achat comme une voiture, un voyage ou une maison) peuvent être dressés.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 28/07/2017 - 12:33 - Signaler un abus Bon

    Est ce qu'il y a quelque chose de bien méchant la dedans? Je préfère de loin cela à la censure politiquement correcte mise en place par un pouvoir bobosphèrique

  • Par J'accuse - 28/07/2017 - 19:47 - Signaler un abus Ils ne sauront rien de moi

    Je suis absolument opposé aux publicités ciblées: je ne veux pas être espionné par des robots tentant de deviner mes envies et mes besoins, ou pire essayant d'en susciter, et pas davantage être harcelé par des annonceurs qui auront acheté les suppositions erronées des premiers.

  • Par pierre de robion - 28/07/2017 - 23:22 - Signaler un abus Bof!

    J'ai encore assez de libre arbitre pour me ficehr de leur spots de pub qui m'agacent plus qu'autre chode tant ils sont nuls sur le plan marketing! Et dire que leurs auteurs ont fait de "grandes"(lol) écoles, et sont payés à prix d'or!

  • Par borissm - 29/07/2017 - 09:21 - Signaler un abus @kelenborn

    Le "Big Brother" du regretté Orwell était panoptique : il savait tout et voyait tout (caméras de surveillance installées partout). Michel Foucault avait lui aussi écrit sur le thème du Panopticon -- dans "Surveiller et punir", je crois. Facebook est la version moderne de cette "société de contrôle" (selon Deleuze), où M. Zuckerberg voit tout et sait tout ce chacun des 2 milliards d'inscrits. Et cela sans aucun effort de sa part : les moutons lui offrent gratuitement la vision constante et continue de leur vie. Il n'a qu'à puiser.

  • Par vangog - 29/07/2017 - 09:50 - Signaler un abus Ceci écrit...

    personne n'oblige personne à s'inscrire sur facebook! Quand la France réalisera-t-elle des génériques de ces societés américaines sur-puissantes et envahissantes? Avec des concurrents dignes de ce nom, peut-être adopteront-ils une éthique?...

  • Par A M A - 29/07/2017 - 10:39 - Signaler un abus Fichage généralisé. Achtung..

    Fichage généralisé. Achtung....On commence avec Fabre d'Eglantine et "il pleut bergère", mais avec Robespierre ce sont les couperets qui tombent à la place d'une pluie bienfaisante.

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David Fayon

David Fayon est consultant Web pour des entreprises et organisations françaises depuis la Silicon Valley, co-fondateur de PuzlIn et membre de l'association Renaissance Numérique. « Il est l'auteur de Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? (Economica, 2013), Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 3e éd, 2016) ainsi que de Transformation digitale (avec Michaël Tartar, Pearson, 2014). Il vient de publier Made in Silicon Valley – Du numérique en Amérique (Pearson, 2017). »

Il a publié Made in Silicon Valley – Du numérique en Amérique qui est disponible ici.

 

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