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Facebook est-il un mirage économique ou une mine d'or à venir ?

Après une année 2012 très mitigée pour Facebook, les analystes du secteur se déchirent sur les perspectives d'avenir du premier réseau social mondial.

Dualité

Publié le 11 février 2013
 
Le profit de Facebook s'est élevé à 64 millions lors du dernier trimestre

Le profit de Facebook s'est élevé à 64 millions lors du dernier trimestre Crédit Flickr/kennejima

Le réseau en ligne Facebook a annoncé mercredi 30 janvier, dans un communiqué publié après la clôture de Wall Street, un effondrement de son bénéfice net en 2012 à 53 millions de dollars contre 1 milliard un an plus tôt. Depuis, deux visions s'affrontent quant à l'avenir du premier réseau social mondial. 

Dans une tribune publiée sur le site internet Quartz, le reporter spécialisé Christopher Mims explique pourquoi, selon lui, Facebook ne pourra plus jamais faire de profits importants. Voici, selon Mims, le chiffre le plus significatif du rapport annuel de l'entreprise américaine : la recette moyenne que le réseau social fait sur chacun de ses utilisateurs.

Source : Facebook annual report

(Cliquer pour agrandir l'image)

On remarque que ce chiffre n'a presque pas augmenté l'année dernière (de 5,02 à 5,32$). Dans le même temps, les dépenses du réseau social ne cessent d'augmenter (82% l'année dernière) et la société ne peut qu'admettre que cela devrait continuer tout au long de l'année 2013. En conséquence, le profit de Facebook s'est seulement élevé à 64 millions lors du dernier trimestre. Si les revenus publicitaires de Facebook n'augmentent plus de manière significative, le réseau social continue d'enregistrer tous les jours des nouveaux utilisateurs. Mais cette augmentation du nombre de membres n'est pas de nature à compenser les pertes enregistrées sur les revenus publicitaires. En effet, Facebook arrive bientôt à saturation dans les pays riches et la grande majorité de sa croissance provient désormais des marchés en développement. Or, on apprend que la société ne peut absolument pas engranger les même bénéfices sur le dos des utilisateurs des marchés en développement que sur le dos des utilisateurs des marchés plus mûrs, comme le marché européen et américain.

En dépit du fait que Google est une entreprise très innovante, la société fait toujours ses bénéfices en offrant un service gratuit à des utilisateurs et en vendant de la publicité sur leur dos. Il est difficile d'imaginer un modèle qui serait différent pour Facebook, d'autant plus que l'expérience "Facebook Gifts" (une boutique de cadeaux payants en ligne) n'a pas vraiment porté ses fruits. Les spécialistes arguent souvent du fait que le réseau social dispose d'une mine d'or de données personnelles sur les utilisateurs et que cette dernière devrait pouvoir se révéler comme une source importante de profit. Or la plupart des efforts de Facebook se concentrent seulement sur le suivi des utilisateurs, en leur donnant différents moyens d'accéder à Facebook sur tous les nouveaux appareils.

Contrairement au traditionnel moteur de recherche sur Internet, qui dans notre esprit est très lié à l'acte d'achat, le temps passé sur Facebook n’apparaît pas comme un moment où nous sommes particulièrement ouverts aux messages publicitaires.

Pour que l'entreprise Facebook enregistre une croissante significative, elle doit trouver comment augmenter, et même multiplier, la recette moyenne qu'elle réalise sur chacun de ses utilisateurs. Tout cela sans mettre davantage de moyens dans les serveurs et les programmeurs. Le réseau social réalise aujourd'hui un profit d'environ 5$ par utilisateur. La société doit impérativement élever ce chiffre à 10$, voire 20$ par utilisateur sans pour autant augmenter ses dépenses. Facebook n'y arrivera pas avec le modèle publicitaire qu'elle a adopté, et il est peu probable qu'une idée miraculeuse germe de sitôt dans le cerveau des dirigeants de la firme de Mark Zuckerberg.

Une mine d'or

Le pessimisme de Christopher Mims n'est pas partagé par tous les analystes. Certains vont même jusqu'à dire que le réseau social représente une mine d'or en devenir. Dans une tribune publiée sur le même site, la journaliste Simone Foxman prend le contre-pied total de Mims. Selon elle, les analystes qui prédisent un avenir sombre au réseau social ont tort car la stratégie compétitive de Facebook (accumuler plus de membres dans plus d'endroits sans pour autant savoir comment réaliser des bénéfices grâce à eux) lui donnera un quasi-monopole sur tous les médias sociaux du monde.

Les utilisateurs de Facebook, qui pour la plupart ont adopté le réseau social à l'adolescence, ont passé des semaines et des mois à mettre en ligne des informations sur leur vie privée. L'age moyen d'un utilisateur de Facebook est de 22 ans et contrairement à la croyance populaire qui dit que "les enfants n'utilisent plus Facebook", on remarque qu'il était de 26 ans en 2007. L'utilisateur moyen du réseau social est donc de plus en plus jeune.

 


Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 11/02/2013 - 12:06 - Signaler un abus Facebook

    Finira comme l'annuaire du téléphone...

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