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Facebook et Google seront-ils has-been dans 5 ans ?

A l'image du destin de MySpace qui était l'une des premières réussites du web avant de perdre son attractivité à vitesse grand V, quelques experts annoncent la fin des géants de l'Internet Google et Facebook, qui n'arriveraient pas à moderniser leurs modèles économiques.

RIP

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Atlantico a interrogé Edouard Fillias, homme d'affaires, consultant en communication et spécialiste des stratégies digitales.

Atlantico : Et vous, pensez-vous que Google et Facebook risquent de mourir ? Y a-t-il des risques qu’ils périclitent ? Ou peut-on imaginer qu’ils seront toujours là dans 5 à 6 ans ?

Edouard Fillias : Un des exemples les plus frappants, c’est Altavista, qui était Le moteur de recherche de référence à la fin des années 90, et qui en l’espace de deux mois a été balayé par Google. Le propre d’un avantage construit sur la technologie, c’est qu’il est friable. Quand on construit ses différences sur le marché par une technologie, on peut être très rapidement dépassé par une autre technologie.

C’est arrivé à beaucoup d’entreprises Internet. C’est d’ailleurs pourquoi Google investi autant d’argent sur des secteurs aussi variés que les solutions de « Cloud computing », la bureautique en ligne, l’archivage de livres ou la géolocalisation et la recherche de documents. Pourquoi cet éclectisme ? Simplement pour consolider le plus possible leur avantage acquis. En fait, y a une transition chez Google de la technologie au contenu.

Donc, oui, Google et Facebook sont éminemment en danger, ce qui explique pourquoi Facebook est prêt à mettre 1 milliard de dollars pour racheter Instagram, qui compte seulement 14 collaborateurs. Le prix peut sembler énorme, mais en réalité il est à la mesure du risque de Facebook. Car ils savent qu’une boite de 10 personnes peut inventer le nouveau Facebook. Ce qui a été fait par Mark Zuckerberg peut être fait par d’autres.

C’est ce qui explique aussi la bataille des brevets à laquelle on assiste actuellement entre les géants de l’Internet. Car une autre façon de se protéger lorsque l’on a connu le succès, c’est le fortifier sa propriété intellectuelle. Mais les brevets sont souvent des forteresses de papier, car il est difficile d’empêcher l’innovation avec un brevet, fut-il très ciblé.

Existe-t-il des exemples d’entreprises qui ont été capables de s’adapter et de survivre sur la durée ?

Oui, par exemple IBM était connu dans les années 70 et 80 pour être un fabricant d’ordinateurs. Mais l’entreprise a complètement raté le virage vers l’ordinateur personnel, l’invention du « personal computer ». Au contraire, IBM, c’était l’ordinateur d’entreprise.

Mais Ils ont quand même réussi à se reconvertir, en changeant leur business model et en passant sur une logique de service. Aujourd’hui, ce sont les champions de l’ingénierie complexe, de la résolution de problèmes, de l’installation de systèmes informatiques en fonction des besoins de l’entreprise. Bref, c’est devenu une société de conseil. Ils ont su se réinventer.

Autre exemple : Apple. Au départ, c’était un fabricant d’ordinateurs. Ils ont eu le génie de s’étendre à de nouveau territoires, comme la téléphonie, les tablettes et la distribution de musique. Mais finalement, ce qui fait le cœur de la valeur ajoutée d’Apple, c’est le positionnement qu’ils ont su inventer, c’est-à-dire rendre la technologie facile et accessible à tous. Ils ont déplacé le cœur de leur valeur ajoutée depuis la technologie elle-même, vers les services qui rendent la technologie accessible à tous.

Qu’en est-il des entreprises comme Facebook qui travaillent véritablement sur Internet ? Existe-t-il des exemples d’entreprises qui ont su s’adapter ?

Il y a une entreprise archétypale : Amazon. Tout le monde pensait que Jeff Bezos allait finir par s’écrouler. Dix fois, on l’a cru mort. On l’a cru mort quand l’e-commerce a explosé, et qu’il s’est retrouvé avec des concurrents sectoriels, des super-portails vendant aussi des livres. Le positionnement de vendeur de livre qui était celui d’Amazon était contesté par une dizaine d’autres portails de vente de livres en ligne. Ils ont su se réinventer.

Ils sont devenus les champions de la logistique. Ils ont mis en place des procédés d’une technologie incroyables pour livrer à temps des livres, assurer le service client, gérer la relations avec le client. Ce sont les inventeurs de la relation client sur internet. Ils ont su déplacer leur business model de la vente de livres en ligne vers la relation avec le client et à la logistique.

Aujourd’hui Amazon est en train de devenir un supermarché : ils ouvrent des segments sur les produits de grande consommation comme les vêtements, les jeux et jouets. Autre exemple : Skype. L’entreprise a quand même presque dix ans. Ils ont eu des problèmes terribles, des limites techniques par exemple des problèmes de qualité de la voix portée. Ils ont su s’adapter aux attentes des consommateurs : ajouter de la technologie, par exemple des vidéos, dès que ça a été possible.

 
Commentaires

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  • Par jean-paul - 12/05/2012 - 21:30 - Signaler un abus what?! f@ck you!

    has-been? The french language is "has-been" apparently, the way stupid french people use it nowadays. Vous savez bien qu'il existe le mot français 'passé' que même les anglophones ont adopté! Pourquoi il y a dans ce pays toujours cet envie D'EFFACER la langue francaise en faveur de la langue english?!!! Seriously, I wasted my time learning this worthless sh@t language called 'french', french people dont even want to speak it anymore, english is obviously a million time BETTER!

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