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Externalisation, privatisation : ces pistes sous-exploitées par le gouvernement qui pourraient sortir Pôle Emploi de l'ornière

La montée croissante du chômage, malgré l'adoption d'une pléthore de mesures censées lutter contre, peut apparaître désespérante. Mais avons-nous vraiment tout essayé ?

Au-delà du tabou

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Externalisation, privatisation : ces pistes sous-exploitées par le gouvernement qui pourraient sortir Pôle Emploi de l'ornière

Une privatisation ou une externalisation des services de Pole Emploi peut-elle être envisagée ? Crédit Reuters

Atlantico : Les acteurs publics, de gauche comme de droite, appellent à l’adoption de « mesures urgentes » pour lutter contre le chômage. Une privatisation ou une externalisation des services de Pole Emploi, souvent considérées comme des tabous, peut-elle être envisagée ?

Agnès Verdier-Molinié : A la Fondation iFRAP, où nous avons réalisé une étude sur Pôle Emploi : « Pôle emploi, l’urgence d’une rénovation » publiée en 2012, nous avions davantage évoqué le principe d’une externalisation que celle d’une privatisation. La gestion des indemnités et du suivi administratif des dossiers doit, selon nous, continuer de se faire dans le cadre de la structure actuelle mais nous proposons en revanche d’externaliser le placement des demandeurs d’emplois. Cette mission pourrait ainsi être confiée à des associations ou des entreprises sous-traitantes.

La municipalité de Maarsen aux Pays-Bas a totalement privatisé ses services d’aide au retour à l’emploi depuis 2002. Pourrait-on s’inspirer d’une telle solution ou est-ce aller trop loin ?

Je pense pour commencer que si l’on utilise le mot « privatisation » cela ne marchera pas chez nous. Le problème est que l’on croit souvent en France que, lorsque Pôle Emploi sous-traite certaines de ses missions à des opérateurs privés de placement, nous allons vers une suppression du service public. Un service public n’est pas forcément géré par un organisme public sous monopole, il peut aussi -et parfois mieux- fonctionner dans le cadre d’une délégation de certains services. On peut prendre l’exemple de la gestion du service public de l’eau qui, dans certaines villes de l’Hexagone, est délégué à des entreprises privées pour affirmer qu’il n’y a ici rien de contradictoire.

Certaines missions de Pôle Emploi sont justement déjà gérées par des structures privées. Quels sont leurs résultats ?

Une étude menée par la Fondation iFRAP en août 2012 montre que le placement d’un demandeur d’emploi coûte moins cher lorsqu’il est réalisé par un opérateur privé de placement (OPP) que  par Pôle Emploi. On peut faire la comparaison entre le coût de placement d’un OPP et ce même coût par Pôle emploi si on le met en parallèle du programme  « Cap vers l’entreprise » (CVE). Le coût de placement d’un demandeur d’emploi dans un emploi durable  par les opérateurs privés de placement oscille entre 1450 et 1815 euros. Tandis que le coût moyen de placement par le dispositif CVE de Pôle Emploi est de 2728 euros. On peut donc affirmer que, à programme de placement comparable, un opérateur privé coûte moins cher que Pôle emploi peut-être en partie car les opérateurs privés sont plus spécialisés sur certains secteurs d’emplois.

On peut prendre pour illustrer cela le modèle australien qui fonctionne beaucoup en délégation de service public. En Australie, ce sont des organismes à but non lucratif, évalués tous les trois mois, qui placent les demandeurs d’emplois. 79% de ces opérateurs sont à but non lucratif.  Ils sont missionnés via un appel d’offres lancé par le Ministère de l’Emploi qui renouvelle leurs activités en fonction de leurs résultats. 

 

 
Commentaires

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  • Par la saucisse intello - 13/03/2013 - 10:24 - Signaler un abus Lecteurs et amis d'Atlantico.......

    lisez et faites lire le livre de cette dame "soixante milliards d'économies". Concernant Paul, de grâce, ne changez rien ! Aprés ma rupture conventionnelle, j'ai amusé mes cinq, six ou sept conseiller(e)s dans le but de NE PAS re-travailler. Ca a marché du feu de Dieu jusqu'à ma retraite. Si j'avais eu en face de moi des gens du privé avec une obligation de résultat, mon c.v, mon expérience, mes diplômes, mon réseau auraient été TRES rapidement mis à contribution. Tandis qu'avec le petit personnel de Paul (trés charmant(e)s au demeurant), c'est passé comme un couteau dans du beurre tiède ! Et bcp de copains comme moi disent pareil ! Surtout ne changez rien ! D'autant que pour les autres publics (!!!), ils n'ont RIEN en magasin !

  • Par pemmore - 13/03/2013 - 11:25 - Signaler un abus Les seules spécialistes sont les agences d'intérim,

    Un seul exemple, 18 ans en intérim voulu, plus de 50 contrats, donc 50 passages à l'anpe pour un court séjour, dans un métier encore en déficit, une seule proposition mais dans les Dom au moment de partir. Le jour ou j'en ai eu marre 3 semaines après un petit contrat la nana (merci madame) j'ai eu un cdi avec le salaire éxigé qui m'a amené jusqu'à ma retraite. Je ne compte pas le nombre d'emplois en fixe qui ont étés obtenus autour de moi gràce à ces agences et qui n'ont eu aucun rapport avec pôle emploi. Je dirais même que je suis totalement incapable de citer une personne ayant trouvé un taff gràce à cette administration.

  • Par mich2pains - 13/03/2013 - 12:10 - Signaler un abus D'accord avec " La saucisse intello" !

    Je confirme qu'en tant que SENIOR , j'ai appliqué spontanément la même méthodologie . Mais pourra-t-on me le reprocher ? A force de constater qu'un salarié n'est plus employable vers la cinquantaine , le méssage clairement envoyé par les Employeurs a été reçu 5/5 . Il y même un chef d'entreprise agricole qui a mis fin à mon CDD comme "saisonnier en me jurant que j'étais le ..." DERNIER FRANCAIS QU ' IL EMBAUCHE " ! (sic) . Bref , fort de ce modèle social à la Française ..., depuis je me suis découvert une passion pour la couleur " BLACK" ! Aussi , je ne vois pas comment l'état Français trouvera les tunes pour payer "Popaul-Emploi" , mais pas plus des " Privés " !

  • Par bacal - 13/03/2013 - 18:40 - Signaler un abus Oui, il y a des gisements

    En matière de privatisations il y a beaucoup à faire: gares, aéroports, ports, sncf, poste, et j'en passe et des meilleurs. Tous les services dits publics à caractère marchand sont privatisables. Voila une source de rentrées financières permettant de nous désendetter. Il ne faudra pas nous faire le coup de la cagnotte de Jospin et de Fabius en 2000. Cette fois-ci, l'utilisation doit être ciblée.

  • Par AMDG - 13/03/2013 - 19:22 - Signaler un abus Externaliseur extenalisé

    Je travaiile depuis près de 10 ans en tant que consultant RH, spécialisé dans le retour à l'emploi. Mon activité, selon les moments, est plus ou moins consacrée à Pôle Emploi. Je témoigne donc de mon expérience des prestations d'externalisation apportées à Pôle Emploi au sein d'entreprises que l'on appelle des OPP (Opérateurs Privés de Placement). Je confirme ce que dit cet article : nos résultats sont infiniment meilleurs que ceux de Pôle Emploi. Quand, selon les populations prises en charge, le taux de reclassement est de 40 à 70%, il s'agit d'un chiffre exact, conforme à un cahier des charges et audité. A l'inverse, les statistiques de reclassement de Pôle mploi ne correspondent qu'à une fiction : ce n'est pas parce que des demandeurs d'emploi (DE, dans le langage de Pôle Emploi) retrouvent un emploi qu'il faut en créditer Pôle Emploi. En réalité, les seules actions volontaristes menant des personnes à retrouver un emploi sont menées par les OPP et...par les personnes elles-même. Pôle Emploi en serait bien incapable : ses agents n'ont pas la disponibilité suffisante ni, bien souvent, la compétence nécessaire, faute d'expérience en entreprise

  • Par AMDG - 13/03/2013 - 19:39 - Signaler un abus Externaliseur extenalisé (suite)

    Le travail des OPP se fait pourtant malgré de multiples obstacles posés par Pôle Emploi : - les appes d'offres, malgré un discours qualitatifs, ne reposent que sur les prix ; - ces prix baissent continuellement (parfois divisés par 2,5) et les prestations sont alors attribuées à des organismes sans expérience, personnel, ni locaux et qui se retirent au bout d'1 mois ou 2 ; seraient-ce des lièvres ? - le travail des OPP consiste de plus en plus à remplir des "livrables" extrêmement lourds, que Pôle emploi nelit d'ailleurs jamais ; - les personnes adressés par Pôle Emploi sont souvent les cas les pus difficiles que ses agents seraient bien en peine de prendre en charge ; - dernière idée en date : les ateliers (des 1/2 journées ou journées de TRE) ne peuvent plus se tenir que s'il y a au minimum 10 inscrits. Conséquence : la quasi totalité des ces ateliers, pourtant fort utiles, est annulée et le cabinet et son consultant n'en sont informés que la veille.en outr Enfin, sachez que la plupart des intervenants (pour ne pas dire la totalité) travaillent dans la plus grande précarité, celle justement qu'ils veulent et réussissent souvent à éviter aux demandeurs d'emploi.

  • Par Tabernacle - 14/03/2013 - 01:35 - Signaler un abus atlantico c'est rigolo

    bonsoir les gens, je cite la dame de l'article: " On peut prendre l’exemple de la gestion du service public de l’eau": ouarf: de qui se moque-t-elle? toutes les études sur les délégations de la gestion de la flotte par le privé sont négatives, toutes arrivent à la conclusion que cela coûte plus cher à l'usager que la municipalisation de cette gestion, où comment se tirer une balle ds le pied (atlantico est "le" site de référence ds le genre) : après ça il faut apprécier à sa juste mesure les foutriquets et pseudo-chômeurs qui sont à l'aulne de leurs commentaires. bonne bourre qd même.

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Agnès Verdier-Molinié

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).

Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013

 

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