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Explosion du plafond des comptes de campagne de Sarkozy : qui risque quoi ?

Mardi 17 juin alors que Mediapart révélait que le montant des fausses factures établies dans le cadre de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 s'élèverait à 17 millions d'euros, Jérôme Lavrilleux a passé la journée en garde à vue, puis a été libéré dans la soirée.

La facture pourrait être salée

Publié le

Pascal Jan : L'UMP risque la cessation de paiement étant donné le déficit auquel elle est confrontée.

>>>Pour plus de détails, lire notre article : L'autre crise qui pend au nez de l'UMP : la cessation de paiement

Les proches de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé

Parmi les proches qui pourraient être mis en cause : Guillaume Lambert, ancien directeur de campagne, Eric Cesari, directeur général de l'UMP, Fabienne Liadzé, cheville ouvrière de l'UMP.

Mais peut-être aussi Franck Louvrier, Patrick Buisson son conseiller de l'époque, ou encore Jean-Michel Goudard, publicitaire.

Jean Garrigues : Là encore, il faut que la justice arrive à prouver leur implication directe dans l'opération de trucage des comptes. On est suspendu au tempo judicaire et en même temps ceux qui gravitaient autour de l'UMP version Jean-François Copé sont d'ores et déjà écartés. Et ce, avant même que des mises en examen soient prononcées. Le jeu est assez complexe, il s'agit d'un jeu de va et vient entre les révélations de la justice et la sanction politique qui est tributaire du regard de l'opinion. Nous sommes dans une spirale qui tend à écarter ceux qui sont présumés coupables.

On voit que Copé et son entourage paient déjà un coût politique plus élevé que Nicolas Sarkozy. Il reste le cas Buisson, mais qui là encore - l'affaire des écoutes -, peut s'avérer de manière paradoxale être une sorte de garde-fou médiatique pour Nicolas Sarkozy. En effet, elle montre une distance entre Nicolas Sarkozy et Patrick Buisson. Sarkozy apparaît comme une sorte de victime de la manipulation.

Pascal Jan : La véritable question est de savoir qui a fait les fausses factures et qui a été le donneur d'ordres. Ces derniers pourraient notamment être accusés de détournement  de fonds.

Ceux qui pourraient en bénéficier

Jean Garrigues : Incontestablement, ceux qui ont été les adversaires de Copé, tirent des bénéfices de son discrédit. L'affaire Bygmalion contribue à valider les soupçons de fronde et d'affairisme qui planaient sur lui. Les gardiens du temple, notamment Alain Juppé, bénéficient d'une image d'intégrité, de rigueur, de tradition qui contraste avec cette modernité à tout prix que voulait incarner Copé et le côté frénétique de Nicolas Sarkozy.

Il y a 20 ans Juppé lui-même avait servi de fusible dans les affaires de financement du RPR. Aujourd'hui, le temps de l'oubli est passé et en termes d'images il y a une mise en émergence de ceux qui n'ont pas mis les doigts dans le pot de confiture. Ils incarnent une autre manière de faire de la politique qui apparaît plus intègre et plus conforme à la droite républicaine (à tort ou à raison). Car Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé incarnent l'inflexion de la droite.

 
Commentaires

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  • Par cpamoi - 18/06/2014 - 19:01 - Signaler un abus Une classe politique sans éthique ?

    Avez-vous déjà vu un homme politique de premier plan aller en prison ? Non. L’avez-vous vu se faire réélire malgré des condamnations ? Oui. Nous avons les politiciens que nous méritons. Ils nous serrent la ceinture mais desserrent la leur. Ils augmentent les impôts en accusant tout citoyen fugueur de trahison, mais eux n’ont guère intérêt à franchir la frontière : la caisse d’or dans laquelle ils puisent est en France ! Et ce sont nos impôts qui l’abondent ! Vous ne pouvez pas aimer l’argent et vous consacrer au bien public. Si vous adorez vous vautrer dans le luxe, voire le stupre, d’autres carrières s’offrent à vous. Mais laissez vos concitoyens tranquilles.

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Jean Garrigues

Jean Garrigues est historien, spécialiste d'histoire politique.

Il est professeur d'histoire contemporaine à l' Université d'Orléans et à Sciences Po Paris.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages comme Histoire du Parlement de 1789 à nos jours (Armand Colin, 2007), La France de la Ve République 1958-2008  (Armand Colin, 2008) et Les hommes providentiels : histoire d’une fascination française (Seuil, 2012). Son dernier livre, Le monde selon Clemenceau est paru en 2014 aux éditions Tallandier. 

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Pascal Jan

Professeur de droit public à Sciences Po Bordeaux, spécialiste en droit constitutionnel et finances publiques, vice-président du Cercle des constitutionnalistes.

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