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Les exosquelettes : ce qui pourra vraiment se faire dans quelques années

Une nouvelle technologie intrigante réalise un petit miracle : faire marcher à nouveau les personnes paraplégiques. Ce sont les exosquelettes. Tout juste validés par les autorités américaines, ils sont déjà testés par certains patients. Une forme inédite de rééducation.

Petit miracle

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Les exosquelettes : ce qui pourra vraiment se faire dans quelques années

Le dispositif est vendu pour les particuliers pour une utilisation à domicile, pour environ 50 000 euros.  Crédit Reuters

Atlantico : Votre service est une référence en matière de rééducation des personnes handicapées. En juin dernier, vous avez présenté l'exosquelette ReWalk (ReMarche en français). Il s'agit d'un squelette externe, ou plutôt d'un dispositif mécatronique (mécanique/électronique/informatique) qui permet à des personnes paralysées des membres inférieurs de marcher à nouveau. Comment ce dispositif fonctionne-t-il et interagit-il avec le corps ? Depuis quand l'utilisez-vous et en connaissez-vous toutes les implications pour le corps ?

Docteur Hubert Tournebise : Nous sommes l'un des deux centres d’entraînement référents en France pour ce type d’exosquelette (http://rewalk.com/training-centers). Nous avons permis cette année à un patient paraplégique depuis 10 ans d’acquérir la capacité de se déplacer en intérieur et en extérieur avec un exosquelette Rewalk. Ce dispositif comprend des attelles motorisées sur les membres inférieurs, un communicateur (pour déclencher la mise debout puis la déambulation et la station assise), un capteur d’inclinaison et une batterie pour alimenter le système. Il s’adresse essentiellement à des personnes paraplégiques, c’est-à-dire ayant perdu la motricité (et la sensibilité) des membres inférieurs et conservant une force normale aux membres supérieurs, et dont le mode exclusif de déplacement est le fauteuil roulant. La personne commande l’exosquelette par le communicateur (selon les différents modes), c’est l’avancée de la jambe puis l’inclinaison du tronc par le patient lui-même qui va déclencher le cycle de marche. L’utilisateur a le contrôle sur la machine par le communicateur, mais aussi par ses propres mouvements qui vont permettre d’initier ou d'arrêter la marche. Les cannes sont indispensables au maintien de l’équilibre. La maîtrise de l’équilibre est l'un des paramètres essentiels pour une marche de bonne qualité. La paralysie est compensée par la motorisation, mais la perte de sensibilité et donc de la position du corps dans l’espace et par rapport au sol rend cette maîtrise difficile.

L’utilisation du rewalk a un effet immédiatement positif sur les capacités physiques et l’endurance des paraplégiques. Le bénéfice psychologique est indéniable avec une amélioration de l’estime de soi et le plaisir de retrouver peut-être pas la marche mais quelque chose qui s’en rapproche. Des études sont en cours pour déterminer les bénéfices physiques à plus long terme.

L'objectif du dispositif est-il de remplacer le fauteuil roulant en apportant davantage d'autonomie, c'est-à-dire de permettre de retrouver une position debout, de marcher artificiellement, et de renforcer des muscles qui n'étaient plus sollicités jusqu'ici, ou bien est-ce aussi à terme la possibilité pour les personnes paraplégiques de retrouver une partie de leur motricité naturelle ? 

Docteur Hubert Tournebise : Le rewalk ne permet pas de supprimer l’utilisation du fauteuil roulant, il  vient en complément en redonnant une déambulation perdue suite à la paraplégie. Ce dispositif n’a pas pour but d’améliorer ou de redonner une motricité perdue, il existe d’autres dispositifs à vocation de rééducation pour cela. Il s’agit de dispositifs d’assistance robotisée également, mais à vocation de rééducation sans possibilité d’autonomie (marche sur tapis roulant uniquement).

 
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Hubert Tournebise

Hubert Tournebise est chef du service de Médecine Physique et Réadaptation de l’hôpital Renée Sabran à Lyon. Il est spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation, membre de l’ISCOS (International Spinal Cord Society). Il a réalisé toute sa carrière au sein des Hospices Civils de Lyon. 

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