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Europe : pourquoi les modérés ont plus besoin de construire de véritables alternatives aux populistes que d’échafauder de grandes coalition

Débordés sur leur gauche et sur leur droite, nos vieux partis politiques enregistrent des scores historiquement bas.

Tribune

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Europe : pourquoi les modérés ont plus besoin de construire de véritables alternatives aux populistes que d’échafauder de grandes coalition

L’Allemagne peut-elle se permettre aujourd’hui des élections législatives anticipées ? Des deux côtés du Rhin personne ne le croit, tant sondages et analyses tendent à montrer que la formation ayant le plus de chances de sortir renforcée d’un nouveau vote serait l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le premier parti à la droite de la CDU-CSU à être représenté au Bundestag depuis 1961. Il semblerait que les élites allemandes soient quasiment toutes d’accord sur ce point, et c’est pour cela que les deux grands partis de gouvernement que sont le SPD et la CDU devraient sauf surprise rempiler pour une nouvelle Grande coalition.

Cette fois pourtant, le cœur n’y sera pas : usée par un processus de négociation interminable (et pour la première fois extrêmement tendu), la Chancelière Merkel n’y trouvera probablement que des frustrations à même de ternir ce qui devrait être son dernier mandat. Quant à Martin Schultz, il aura fallu que le président Steinmeier lui torde le bras pour le forcer à revenir sur sa première décision de non-participation au gouvernement. Il faut dire que le dirigeant du SPD sait à quel point une coalition avec la chancelière peut s’avérer toxique pour le parti associé : si les sociaux-démocrates enregistrent un score historiquement bas cette année après leur deuxième passage dans la grande coalition en dix ans (-5,2%), ils avaient déjà perdu plus de 11% des voix durant la première Grande coalition entre 2005 et 2009. Le FDP ne fut pas en reste entre 2009 et 2013, avec une perte de 9,8% et un score ne lui permettant pas d’envoyer des députés au Bundestag après quatre ans de coalition avec la CDU – ce qui explique d’ailleurs la décision de Christian Lindner de refuser une coalition où les Libéraux auraient tout à perdre.

Il ne fait aucun doute qu’à court terme, et en l’absence d’un accord avec le FDP, la Grande Coalition est la moins mauvaise option possible. Mais elle est pourtant loin d’être idéale. Censée être exceptionnelle pour parer à une crise politique, la persistance d’une Grande coalition sur le long-terme a un coût politique, et notamment celui de favoriser les populistes qui ont alors beau jeu de dire que tous les partis politiques « mainstream » sont les mêmes :  en Autriche comme en Allemagne, le discours d’« alternativlos », d’absence d’alternative politique véhiculée par les partis traditionnels a permis aux partis d’extrême-droite de renvoyer droite et gauche dans un même panier : pour suivre ce discours qui fait aujourd’hui mouche, si CDU et SPD (ou ÖVP et SPÖ) disent qu’il n’y a pas d’alternative, c’est qu’ils n’ont pas d’idées pour résoudre les problèmes du pays, et donc qu’ils ne méritent pas les suffrages des citoyens.

A long-terme, la reconduite d’une Grande Coalition ne peut que favoriser des partis comme l’Alternative pour l’Allemagne, justement parce qu’elle est de fait la première force à proposer une autre politique pour le pays. Les Autrichiens, qui sortent d’une période de dix ans de Grande Coalition, l’ont compris, et c’est pour cela qu’ils ont plébiscité la stratégie de Sebastian Kurz aux dernières élections (sans préjuger par ailleurs des risques que sa décision de partir en coalition avec l’extrême-droite peut par ailleurs comporter – risque calculé toutefois néanmoins que cette stratégie, déjà adoptée par Wolfgang Schüssel entre 2000 et 2005, avec pour résultat l’affaiblissement de l’extrême-droite autrichienne à court et moyen-terme).

 
Commentaires

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  • Par vangog - 14/01/2018 - 14:27 - Signaler un abus Le discours mondialiste: un grand vide idéologique!

    Cet intervenant (américain sur l’Europe?), issu de la mouvance NOMiste et mondialisante ne m’a pas déçu, tant son discours est creux. Trois page de verbiage pour arriver à la conclusion que « réaligner le programme -des mondialistes- pour le faire ressembler à celui des populistes, aboutira à la victoire de la bataille idéologique des -Ooooooooh, populistes!-, et à ce que les électeurs préfèrent l’original à la copie! «  Très, très fort l’intervenant mondialiste sur le plan des solutions préconisées pour les partis archaïques. Il propose une mue, tout en s’attaquant aux « problématiques » (horreur de mot gauchiste...) qu’ont soulevés les « populistes » sans les copier...ah ben! Si c’est pour préconiser l’inverse des solutions des partis identitaires, c’est même pas la peine de muer...continuez à hiberner!

  • Par kelenborn - 14/01/2018 - 16:00 - Signaler un abus Ce papier est consternant

    Non que l'auteur soit idiot, en tout cas bien moins que d'autres ici. Face à ce qui est appelé le "populisme" ( il faut noter à quel point le terme est significatif: il "pue" le peuple qui est-quand même- dépositaire de la souveraineté ( sauf sans doute la où la charia sert de loi)! Ah le salaud de peuple! . Face au populisme, deux attitudes : celle des ordures pour appeler les choses par leur nom: les Lang, les Plennel, les Joffrin-Mouchard, les Croissandeau, qui se rêvent en despote éclairé , celui qui fut le héros de leur jeunesse ( Trotsky Mao and co) mais les mains lavées par la mère Denis et les autres, comme celui qui vient de nous gratter trois pages , qui sait qu'il doit faire caca , qui le reconnait, qui l'assume mais qui ne sait pas par quel côté pousser! Eh oui l'immigration, quelle horreur mais!!! il faudra quand même le faire, eh oui le mépris affiché pour l'homme blanc et l'adoration des "victimes" surtout colorées et "sans couilles", quelle horreur de se dire que Caroline My Ass n'est pas l'avenir de l'homme!!!Alors un conseil, Mr Muzergues: les conseils que vous avez donnés n'ont pas fait des miracles à ce jour! On fait de très bon papiers en rouleau pour les...

  • Par kelenborn - 14/01/2018 - 16:02 - Signaler un abus Allemagne: l'accord gouvernemental déjà remis en cause au SPD RS

    "pas de chance Mr Muzergues! être si vite démenti!

  • Par kelenborn - 14/01/2018 - 16:11 - Signaler un abus Ah1200 caractères

    quand il suffirait de redistribuer ce qui est attribué à Jacquet!!!Oui je reviens la dessus car c'est cette méthode qui est intolérable! 1. Le peuple est incorrigible : ce n'est pas qu'il pose les bonnes questions mais comme des cons ont dit qu'il était souverain, on est obligé d'écouter ses vilaines demandes, à tout le moins de faire semblant 2Pour obtenir satisfaction le peuple s'adresse à des affreux: des croquemitaines, des rapetous, des violeurs de Sainte Vierge, des.... 3Solution: trouvons des pinocchios avec des longs nez, des pieds nickelés en cravate qui expliqueront au peuple: je vous ai compris et j'ai le remède pour soulager vos maux: la vaseline! Oui Delon a raison! ça fait dégueuler !

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Thibault Muzergues

Thibault Muzergues travaille pour le Bureau Europe de l’International Republican Institute, une ONG américaine qui promeut la démocratie dans le monde.

Ancien fundraiser et consultant en communication, il avait auparavant travaillé pour les Conservateurs en Grande Bretagne ainsi que l’UMP en France, et a notamment contribué à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

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