Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 20 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

L’Europe face aux effets de l’America First : American Airlines annule une énorme commande d’Airbus au profit de Boeing

Alors que l’ère Trump se développe aux sons d’"America First" et de menaces de protectionnisme, le transfert de commandes d’Airbus à Boeing de la compagnie américaine n’est pas des plus rassurant !

Coup dur

Publié le
L’Europe face aux effets de l’America First : American Airlines annule une énorme commande d’Airbus au profit de Boeing

Une mauvaise nouvelle au mauvais moment !

Alors que l’ère Trump se développe aux sons d’"America First" et de menaces de protectionnisme, le transfert de commandes d’Airbus à Boeing de la compagnie américaine n’est pas rassurant !

Les raisons invoquées ne sont pas absurdes, il s’agissait de commandes d’US Airways, absorbé par American Airlines, et il est nécessaire de rationaliser la flotte autour du 787 de Boeing, appelé « Dreamliner », mais avouons-le, cela tombe bien mal !

Les compagnies, en forte concurrence sur tous les trajets, avec des compagnies « low cost » qui leur taillent des croupières, essaient de réduire leurs couts. L’argument de vente du 787 a été ces dernières années sa plus faible consommation de combustible (moins 14%, ce n’est pas rien) , et Airbus a contre attaqué avec son A 350 mais surtout son A 330 neo , c’est-à-dire avec un nouveau moteur équivalent du moteur du Dreamliner, un Rolls Royce économe en énergie. On peut dire que les deux avionneurs sont au coude à coude comme le montrent les commandes obtenues par l’une et l’autre compagnie.

Le fameux Airbus 380, le plus gros porteur, y a laissé des plumes puisque sa consommation au siège passager est restée élevée. Le seul argument qui tienne est donc que American Airlines possède déjà des 787, quarante- deux, et va en acquérir quarante-sept nouveaux , ce qui facilitera sa maintenance…Mais on sait, par ailleurs que toutes les compagnies, Air France y compris, maintiennent un équilibre entre les deux constructeurs, et qu’American Airlines, avec ses anciens avions, disposait de 354 Airbus et 264 Boeing, l’argument devient alors plus contestable .

Pour Airbus il ne s’agit  pas de se fâcher avec un client essentiel, mais la pilule doit être dure à avaler, les avions faisaient partie du plan de charge et devaient être livrés à partir de 2020.

Cette aventure aéronautique devrait nous ramener aux réalités de la compétition internationale, en principe nos amis américains considèrent qu’ils protègent un business mondial avec des règles libérales strictes…et puis plus on s’avance et plus il apparait que le slogan « America First » n’est pas du tout creux. Il y a eu d’abord l’offensive du Ministère de la Justice des USA (Le DOJ), la lutte contre la corruption et les corrupteurs…nous y avons laissé beaucoup d’argent et beaucoup de sociétés, la plus emblématique, Alstom, découpée au profit de General, Electric. Les FCPA, les poursuites du DOJ courent toujours et sont des menaces permanentes avec des contrôleurs américains à temps plein dans plusieurs de nos fleurons industriels et bancaires. Et puis il y a la politique incessante des sanctions à l’égard de l’Iran et  la Russie , où il n’est pas absurde, non plus, de voir l’influence des producteurs de gaz américains qui visent aussi le Qatar pour faire bon poids . Nous savons tous que les sanctions n’ont aucune influence politique réelle, c’est désormais bien démontré, cela a pour fonction de satisfaire les opinions publiques, mais le choix des sanctions, lui, est toujours orienté vers la satisfaction de l’économie américaine…et de ses producteurs de gaz, en l’occurrence.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ajar - 09/04/2018 - 10:19 - Signaler un abus Compagnies européennes

    Si celles ci appliquaient cette règle et en premier lieu Air France cela serait déja mieux pour notre constructeur et ses nombreuses filiales en Europe

  • Par gerint - 09/04/2018 - 11:30 - Signaler un abus Trump n'est pas empêtré dans les règles de l'UE

    Les Américains gouvernent l'UE et font ce qu'ils veulent de leur côté.

  • Par raslacoiffe - 09/04/2018 - 17:46 - Signaler un abus Trump remercie les gentils toutous.

    Après s'être assuré que ses gentils toutous européens (Macron et Merkel en particulier ) resteront dans leurs niches, Trump déroule son impéritie sur l'Europe. Triste mais bien joué Donald.

  • Par Anouman - 09/04/2018 - 20:14 - Signaler un abus Avions

    A supposer qu'Airbus prenne un peu trop de parts de marchés en Europe la commission de Bruxelles se fâcherait tout rouge de sa position dominante. Mais quand on a choisi d'être con, il faut l'être jusqu'au bout. Apparemment les Américains font d'autres choix.

  • Par vangog - 10/04/2018 - 09:16 - Signaler un abus Well done, Donald!

    Les compagnies européennes achètent-elles du 747?...non! Alors...

  • Par JeanBart - 10/04/2018 - 17:43 - Signaler un abus Libre échange

    ce n'est pas un dogme, le premier mot est important. Les USA sont donc libres de refuser l'échange. Et nous, d'agir par réciprocité. Tout le monde est perdant à la fin, mais il semble qu'il y ait toujours des gens pas convaincus....

  • Par Elric - 10/04/2018 - 17:44 - Signaler un abus @ vandog

    Plus personne n'achète de 747 à Boeing ! Cet avion n'est même plus fabriqué car plus personne n'en veut car il y a beaucoup mieux sur le marché.

  • Par vangog - 10/04/2018 - 21:33 - Signaler un abus @Eltric je voulais écrire « 787 »!

    Vous auriez pu rectifier de vous-même...

  • Par francoise34 - 10/04/2018 - 23:49 - Signaler un abus Boieng et Air France

    J ai voyagė avec Air France en Boeing Sans explication

  • Par jurgio - 11/04/2018 - 12:40 - Signaler un abus En représailles

    on ne livrera plus nos croissants aux USA. Na !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Loïk Le Floch-Prigent

Loïk Le Floch-Prigent est ancien dirigeant de Elf Aquitaine et Gaz de France, et spécialiste des questions d'énergie.

Ingénieur à l'Institut polytechnique de Grenoble, puis directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus (1981-1982), il devient successivement PDG de Rhône-Poulenc (1982-1986), de Elf Aquitaine (1989-1993), de Gaz de France (1993-1996), puis de la SNCF avant de se reconvertir en consultant international spécialisé dans les questions d'énergie (1997-2003).

Dernière publication : Il ne faut pas se tromper, aux Editions Elytel.

Son nom est apparu dans l'affaire Elf en 2003. Il est l'auteur de La bataille de l'industrie aux éditions Jacques-Marie Laffont.

En 2017, il a publié Carnets de route d'un africain.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€