Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 20 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Euro-crash : mais comment expliquer que la déconstruction européenne soit enclenchée alors que les citoyens de l’Union continuent, eux, à croire majoritairement à l’Europe ?

Jeudi et vendredi, les 27 pays membres de l’Union européenne vont se réunir à l'occasion d'un Conseil européen. Ce sommet pourrait mettre en exergue les grandes difficultés des dirigeants à s'accorder sur les débats de fond.

Impasse

Publié le
Euro-crash : mais comment expliquer que la déconstruction européenne soit enclenchée alors que les citoyens de l’Union continuent, eux, à croire majoritairement à l’Europe ?

 Crédit EMMANUEL DUNAND / AFP

Atlantico : Alors que le Conseil européen s'ouvre ce 8 juin à Bruxelles, et évoquera des questions relatives aux migrations, à la zone euro ou encore au Brexit, comment qualifier la situation actuelle de l'Union européenne ? Comment comprendre les difficultés de négociations rencontrées par les dirigeants alors même que les populations démontrent leur envie d'Europe au travers de nombreux sondages, notamment ceux de l’euro-baromètre montrant que 74% des citoyens des pays de la zone euro sont favorables à la monnaie unique ? 

Rémi Bourgeot : La coopération européenne est aujourd’hui confrontée à une impasse liée à la fois à la décomposition des scènes politiques nationales et aux blocages qui affectent le modèle d’intégration suivi au cours des trois dernières décennies.

Face à cette remise en cause généralisée, on constate une réaction de stupeur de la part des responsables politiques traditionnels en France comme dans le reste de l’Europe, mais on peine à voir émerger la voie d’un nouveau modèle de coopération, quels qu’en soient les acteurs potentiels. Les débats de fond se retrouvent neutralisés par un tête-à-tête stérile entre populisme et statu quo, issu de l’effondrement des clivages propres à la démocratie libérale.

Sur le plan économique, l’Europe connait des déséquilibres qui se sont aggravés de façon décisive avec le tournant qu’a représenté la crise économique. Nous avons pris la voie d’un modèle de compression qui tourne le dos à la révolution technologique en cours dans le monde. Les jeunes générations paient un lourd tribut, et notamment désormais les gens les plus qualifiés, en France et dans le sud de l’Europe. Ce modèle de gestion de crise perpétuel est capable d’engendrer un excédent commercial croissant à l’échelle européenne, mais a tendance à aggraver les maux économiques et sociaux que connaît le continent, ainsi que la décomposition des systèmes politiques.

Les responsables politiques oscillent entre l’impératif de réalisme lié à la crise politique et la tentation du déni. Sur la question de l’euro que vous évoquez, les citoyens européens restent effectivement dans leur majorité favorables au maintien dans la monnaie unique, par peur notamment des conséquences financières d’un éclatement de l’euro. Le débat aussi bien sur la réorientation de la gestion de la monnaie unique que sur une alternative a été très mal engagé. Le modèle de gestion monétaire est aujourd’hui dans l’impasse, car il bute d’un côté sur les tabous allemands, qui remontent aux tout premiers débats sur l’intégration monétaire, et sur l’impératif français de croyance en un grand soir européen. Ces tabous ont pu être ignorés un temps dans le contexte du chamboulement des années 1990 et des gages européens donnés par la République fédérale dans le contexte de la réunification. Les blocages qui se manifestent aujourd’hui ne sont que l’écho des non-dits primordiaux de la phase de conception de l’euro.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par thierry_st_malo - 28/06/2018 - 08:33 - Signaler un abus C'est de moins en moins vrai

    "les citoyens de l’Union continuent, eux, à croire majoritairement à l’Europe ?" C'est de moins en moins vrai, à supposer même que cela le soit encore. Vous avez du mal à sortir de la Religion d'Etat, hein ?

  • Par guy bernard - 28/06/2018 - 09:35 - Signaler un abus nommer une assemblée "constituante"

    La meilleur decision serait qu'on nomme une assemblée "constituante" dans la mesure où les institutions sont inefficaces et le leadership usurpé.

  • Par kelenborn - 28/06/2018 - 09:38 - Signaler un abus On enfonce les portes ouvertes

    Vous avez acheté une maison au Vénézuela et puis est venu Maduro et le bordel: vous tenez tjs à votre maison mais ne supportez plus le Venezuela !C'est la même chose avec l'Euro et les institutions européennes! J'aurais pu dire que c'était la même chose avec la France est le Frenchbabwé qu'est en train d'en faire Napoléon! Malheureusement, dans ce cas, l'histoire nous apprend que le bébé est souvent jeté avec l'eau du bain !

  • Par vangog - 28/06/2018 - 10:17 - Signaler un abus Macrouille et Le Maire collabos de l’Allemagne!

    Tous les demi-siècles, la France voit s’opposer ceux qui sont dans la soumission par rapport aux envahisseurs, par rapport à ceux qui ont imposé leur hégémonie de fait, groupes autour de la gauche archaïque, et les résistants, groupés autour du Rassemblement National. A cause de la censure d’état macroniste, cette résistance ne s’exprime pas pleinement: ainsi, vous lirez dans les colonnes Atlantico beaucoup de lamentations de ce type, à propos de l’impuissance en général, mais jamais les solutions proposées par les patriotes Rassemblement National. Mais les résistants attendent leurs heure, l’heure démocratique de 2018...

  • Par Ganesha - 28/06/2018 - 10:22 - Signaler un abus La prochaine fois que vous voterez...

    La prochaine fois que vous voterez...essayez de ne plus vous tromper ! Les français ne veulent pas sortir de l'Europe, ni du retour au Franc : cela, Marine Le Pen l'avait parfaitement compris entre les deux tours de la présidentielle. Par contre, les abonnés d'Atlantico ont obéi à la consigne démentielle du révérend père Fillon : et maintenant, votre élu, le bel Emmanuel Macron, fonce droit dans le mur ! Assez logiquement, les leaders de l'opposition n'ont pas encore présenté leur programme pour les européennes. Ce scrutin va avoir une importance capitale pour jeter les bases d'une ''Nouvelle Europe'', complètement différente. Ce qui est désolant, c'est de vous voir attendre avec impatience les ''Solutions Miracles'' que pourrait présenter ce petit guignol insignifiant de Wauquiez !

  • Par A M A - 28/06/2018 - 12:36 - Signaler un abus Comme si les braves citoyens

    Comme si les braves citoyens pouvaient influer sur les destinées d'une construction arbitraire née du partage de l'Europe entre les USA et l'URSS. en 1944. Si elle s'effondre aujourd'hui, c'et parce que la donne a changé. La Russie n'est plus l'URSS ruinée par la guerre et le communisme, et les Etats-Unis en plein déclin ont perdu un concurrent qui assurait leur suprématie . On en est au stade où les satellites russes et américains se réveillent. L'avis des citoyens pèsera quoi?

  • Par gerint - 28/06/2018 - 13:02 - Signaler un abus Les camps opposés ne sont plus la Droite et la Gauche

    Mais les souverainistes et les européistes voulus par Bruxelles. Je ne crois pas que la majorité des Européens actuellement veulent rester dans l'UE mais on ne le leur demande pas. Il y a simplement de p^lus en plus d'émanations d'opposition. Je classe dans les souverainistes ceux qui veulent une "Europe des Nations" même s'il y a des divergences sur cette notion: ils refusent au moins l'abandon étendu de souveraineté. Il peut y avoir côte à côte des Républiques, des royaumes.. le type de régime qui sied à chaque peuple en fait. De toute façon il y a toujours eu des relations internationales, pacifiques comme violentes (mais l'UE à mon avis augmente les risque de guerre civile), des échanges entre las familles de gouvernats d'un Etat à l'autre.

  • Par zelectron - 28/06/2018 - 13:27 - Signaler un abus la stratégie de Lenin

    le socialo-communisme et ses ramifications gauchiardes continent de déstabiliser le monde occidental, pour mieux assurer leur conquête du pouvoir et ce par tous les moyens (les fameux qui sont justifiés par la fin)

  • Par Raymond75 - 28/06/2018 - 14:08 - Signaler un abus Pas cette Europe

    Les citoyens espèrent peut être encore à l'idée européenne, mais pas à cette Union Européenne de la déglingue, de la concurrence des plus pauvres contre les pauvres, de la désindustrialisation, de la fin des services publics et des droits sociaux, de l'immigration (intra et extra européenne) hors de contrôle, d'une Union Européenne sans défense et nain diplomatique .... Les Irlandais, les Danois, les Hollandais et les Français avaient voté 'non' à cette régression, et pour les autres leurs gouvernements ont vite retiré le referendum de leurs projets. L'Union Européenne, fruit des deux idiots utiles de la finance internationale, Jacques Delors et Pascal Lamy, et gérée par le représentant d'un état casino, le Luxembourg, s'est construite et existe encore contre les peuples.

  • Par Benvoyons - 28/06/2018 - 14:33 - Signaler un abus Les 2 n'écrivent que contre l'Europe ils ne vont pas aujourd'hui

    raconter des choses positives pour. D'ailleurs il faudrait se poser la question, ces 2 sbires anti-Europe ont-ils travaillé dans des Conseils d'Administrations & dans des équipes dirigeantes??? :)::) Car ils s'y passent la même chose. Les Européens ne se trompent pas ils savent qu'il faut impérativement une économie fonctionnant avec 738millions d'habitants & pas avec 67millions pour la France. La Puissance pour les négociations économiques vis à vis de la Chine des USA, de l'Inde en pleine progression ne peut se faire pays par pays d'Europe. D'ailleurs dans 10 à 15 ans OMC fonctionnera plus avec 164 membres mais avec 7 à 10 plaques Géoéconomiques qui négocieront pour l'ensemble des pays accrochés à ces plaques. Cela sera de même pour l'ONU ou le Conseil de Sécurité sera avec aussi ces 7 à 10 plaques. Croire que la Région France de l'Europe peut être seule négociatrice sans tenir des autres qui l'entourent 670millions me fait bien rigoler. Si elle veut être Grande & peser il faut qu'elle apprenne à se gérer autrement que dans ces 40 dernières années avec ces moult fonctionnaires qui s’empressaient pour leur confort personnel de ne pas tenir compte de la société civile. Un désastre

  • Par aristide41 - 28/06/2018 - 15:14 - Signaler un abus le problème est

    que les dirigeants n'ont pas su faire de l'Europe un pays. Nous avons laissé nos identités nationales supplanter l'identité européenne. Le projet aurait dû aller beaucoup plus loin et se traduire concrètement. Un seul président, un seul gouvernement. Des equipes sportives européennes et non plus nationales aux rencontres internationales. nous aurions pu être la première puissance mondiale. Mais l'Europe n'est ni faîte ni à faire. Merci aux nationalismes stériles et rétrogrades. L'identité européenne est une belle identité que nous aurions dû porter fièrement.

  • Par GP13 - 28/06/2018 - 15:56 - Signaler un abus Les partisans du grand renoncement.......

    Comme Macron sont à l’œuvre. Ils n'ont pas de projet pour la France, mais cachent leur absence d'ambition par l'alibi de l'Europe unie. Ils sont soutenus par tous ceux qui acceptent la défaite sans combat, prennent prétexte de nos 67 millions d'habitants pour que nous renoncions à l'indépendance, la souveraineté et la liberté de notre pays. Il n' y a jamais eu, il n' y a pas et il n' y aura jamais d'autre issue pour la France que de défendre ses intérêts et conforter ses alliances.

  • Par kelenborn - 28/06/2018 - 17:51 - Signaler un abus Ah oui Aristide!

    Avec 25 langues et...l'anglais comme langue quasi officielle! C'était comme cela dans .... les colonies! Mais vous avez déjà démontré que vous aviez un maitrise toute relative de la compréhension du monde! Vous avez vu une démocratie avec des dirigeants et un peuple qui ne parlent pas la même langue!!! seule la Suisse fonctionne ainsi mais...depuis des siècles

  • Par Haddock36 - 28/06/2018 - 18:04 - Signaler un abus Il faut appeler un chat un chat

    La question en elle-même est une réponse car elle est la preuve que de plus en plus, nos sociétés sont scindées en 2 groupes : le peuple qui subit d’un côté, et ceux qui prétendent l’informer et la classe politique de l’autre. Je ne suis pas du tout sûr que le citoyen lambda soit conscient de ce que l’euro implique, si ce n’est la facilité de voyager plus facilement à l’intérieur de l’Europe. On a pu entendre ces derniers jours Valérie Pécresse prôner une augmentation du SMIC de 20%, ce qui est la preuve que même les politiques n’ont strictement rien compris aux mécanismes de l’Euro. Inutile de tourner autour du pot comme ça en devient l’habitude ; les européens sont en complet désaccord avec la politique d’immigration que veut leur imposer Bruxelles ; je me permets par la même occasion de rappeler que les organismes humanitaires qui participent à l’envahissent sont aidées financièrement par le milliardaire George Soros ; preuve que la fin de l’Europe en tant que telle est planifiée de longue date.

  • Par kelenborn - 28/06/2018 - 20:10 - Signaler un abus Oh la la

    Ce qui est bien avec Bendidons, c'est son don de longue vue! Je suis certain qu'à vingt ans il avait prévu la mort de Pierre Bellemare!

  • Par aristide41 - 28/06/2018 - 22:13 - Signaler un abus Kelenborn

    Je n'ai peut-être qu"une" maîtrise toute relative du monde (surtout parce que je ne partage pas votre avis et on sait que vous faîtes un peu la loi sur ce forum) mais je touche ma bille en HIstoire. Vous devriez réviser les différentes étapes qui ont jalonné la construction de notre pays, cet agglomérat de régions disparates qui ne parlaient pas la même langue. Vous me direz que ce sont les siècles qui ont agi comme une patine. Ce serait ignorer le volontarisme des rois de France qui ont centralisé le pouvoir, imposé parfois violemment le français. Les pays sont des constructions artificielles, même si aujourd'hui ils apparaissent comme des entités allant de soi. L'identité française s"'est construite de manière artificielle et parfois même coercitive. Quant à la langue avec de la volonté et de l'imagination, cela ne me parait pas indépassable.

  • Par gerint - 29/06/2018 - 08:35 - Signaler un abus Aristide41

    Toute entreprise humaine est artificielle mais ce qu’on a forgé sur des siècles peut mériter d’être conservé d’il le faut de haute lutte

  • Par gerint - 29/06/2018 - 09:11 - Signaler un abus Quant à une grande puissance européenne

    A titre personnel cela m’indiffère car comme Voltaire je préfère cultiver mon jardin sachant qu’un empire européen dépossédant les peuples ne tiendrait pas et n’est pas la solution au bonheur. Il y a eu assez de guerres Franco-Européennes (Lou’s XIV, Napoléon), Germano-Européennes...) qui n’ont pas bien abouti. Certes il y avait une volonté hégémonique d’un pays au départ mais cela est inévitable à mes yeux, tôt ou tard et d’une manière ou d’une autre dans le processus

  • Par A M A - 29/06/2018 - 15:54 - Signaler un abus A force de leur marteler la

    A force de leur marteler la cervelle avec l'idée d'une Europe idyllique, invincible, inégalable, majestueuse, ces naïfs ont fini par y croire. Mais cela n'a aucune importance. Demain ils croiront à autre chose. Ce n'est pas pour rien qu'leur fait avaler des vessies et des lanternes. Les vessies, ça se dégonfle, et les lanternes, ça s'éteint.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

Voir la bio en entier

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€