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Une étude de l'université d'Oxford l'établit, la propagation de "fake news" est devenue une pratique courante des Etats un peu partout dans le monde

Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université d'Oxford révèle que les gouvernements ont de plus en plus recours aux fake news. Ces fausses informations permettent de manipuler les populations et des équipes sont embauchés par les Etats pour influencer les habitants.

Politique du mensonge

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Une étude de l'université d'Oxford l'établit, la propagation de "fake news" est devenue une pratique courante des Etats un peu partout dans le monde

Atlantico : Samantha Bradshaw et Philipp Howard, deux chercheurs de l'université d'Oxford ont publié Troops, Trolls and Troublemakers: A Global Inventory of Organized Social Media Manipulation, un rapport  sur l'usage des Fake News propagées par des agents gouvernementaux ou militaires afin de manipuler l'opinion publique. Quels sont les tenants et les aboutissants de cette étude ? Que révèle-t-elle de l'usage des fake news pour manipuler les opinions publiques ?

David Fayon : Cette étude qui s’appuie sur une analyse de 28 Etats (http://comprop.oii.ox.ac.uk/wp-content/uploads/sites/89/2017/07/Troops-Trolls-and-Troublemakers.pdf) est à considérer avec le plus grand intérêt.

Elle met en exergue un phénomène qui n’est pas nouveau et qui était jusqu’alors plutôt l’apanage des nations autoritaires mais qui a pris une ampleur sans précédent depuis le début des années 2010 avec l’explosion des réseaux sociaux, de leur usage et de la viralité associée. Ceci a multiplié le champ des possibles avec une accélération du temps.

Pour le contrôle des populations, on songe immédiatement au cas de la Chine avec la cybersurveillance d’Etat institutionnalisé, le régime d’autocontrôle et la délation des citoyens avec le « bouclier doré » – même si des évolutions se sont depuis lors un peu opérées.

Mais là, il s’agit plus de véhiculer des idées pour les imprégner dans le cerveau des individus de nature à manipuler l’opinion selon un but et une stratégie déterminée. En effet, plus proche de nous, nous avons vécu les élections présidentielles américaines et à un degré moindre française où des moyens nouveaux ont été utilisés pour influencer l’opinion.

Enfin cette étude porte non seulement sur des pays comme la Turquie, la Syrie, la Russie, la Corée du Nord, mais aussi sur des nations plus démocratiques comme la Grande-Bretagne, Israël ou l’Allemagne – la France n’est pour sa part pas étudiée.

Ce qui est inquiétant est que cette pratique des fake news qui était à l’origine l’apanage de certains gouvernements autoritaires s’étend à de nombreuses démocraties. Elle pourrait, si elle continuait à prendre de l’ampleur, consacrer le pouvoir des mafias, de l’argent au détriment de l’objectivité des informations laquelle reste à privilégier et qui demande un jugement critique fort à se forger. Ce risque avait été imaginé par Isaac Asimov dans son premier livre du cycle Fondation en 1951 avec le pouvoir de la propagande qui émanait d’un ministère... Les risques évoqués dans les romans d’anticipation (1984, etc.) deviennent malheureusement une réalité, d’où la nécessité de contre-pouvoir et d’augmentation du niveau de connaissance et de jugement des citoyens.

Quels sont les moyens mis en place par les organismes gouvernementaux ou non, qu'ils soient humains, technologiques ou financiers, pour développer ce système de désinformation ? Quelles sont les méthodes utilisées pour que ces derniers puissent atteindre leurs objectifs ?

Déjà, les fausses rumeurs, qui ont toujours existé, sont basées sur leur caractère vraisemblable et l’émotion suscitée. Le caractère nouveau est que les réseaux sociaux permettent une viralité sans précédent avec, outre les moyens humains, des moyens automatisés de relayer des informations en cascade.

 
Commentaires

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  • Par Mingus - 20/07/2017 - 10:15 - Signaler un abus Mais ou sont nos médias disparues ???

    Nos journalistes sont aussi médiocres que nos politiques donc .... On est mal barré !!! Et pourtant, souvent, il n'y a besoin que juste d'un peu de logique .... et de se poser les bonnes questions, par exemple ....... < Qui paye ? >

  • Par cloette - 20/07/2017 - 10:16 - Signaler un abus C'est bien pour cela

    Qu'il faut regarder les télés officielles avec des pincettes , recouper les informations et garder un esprit critique cela s'apprend !

  • Par Michèle Plahiers - 20/07/2017 - 12:51 - Signaler un abus Ariane

    Bilhéran et....vous ne verrez plus le monde comme avant.

  • Par Anouman - 20/07/2017 - 19:08 - Signaler un abus Fake news

    Il y a longtemps que ça existe et qu'on s'en est aperçu, il suffit d'un peu de logique, de curiosité et de mémoire. Dans le temps on appelait ça lavage de cerveau ou endoctrinement.

  • Par VV1792 - 20/07/2017 - 21:42 - Signaler un abus Ils ont gagne

    A l' époque ou la Pravda etait toute puissante, les dissidents, voir Boukovsky, nous expliquaient que meme l' homo sovieticus avait developpe une faculte etonnante, qui etait une adaptation surprenante a connaitre la verite par l' interpretation du mensonge generalise dont etait fait la Pravda. Le terme '' lire entre les lignes '' etait pratiquement automatique.. Et bien nous sommes dans la meme situation. La vulgate se deverse a gros tombereau de propagande ( on eu droit a l' avortement, puis.le feminisme, le mariage pour tous, le rechauffement climatique, l' ecologie, le genre, les transgenres, etc..) et l' Occident s' y dissout. La proliferation des fausses informations n'est qu' un corollaire de tout cette decomposition, car la difference majeur est que les lecteurs de la Pravda avait encore la capacite et la force morale de resister et vouloir la verite... En occident, le troupeau beele pour se faire tondre..

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David Fayon

David Fayon est consultant Web pour des entreprises et organisations françaises depuis la Silicon Valley, co-fondateur de PuzlIn et membre de l'association Renaissance Numérique. « Il est l'auteur de Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? (Economica, 2013), Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 3e éd, 2016) ainsi que de Transformation digitale (avec Michaël Tartar, Pearson, 2014). Il vient de publier Made in Silicon Valley – Du numérique en Amérique (Pearson, 2017). »

Il a publié Made in Silicon Valley – Du numérique en Amérique qui est disponible ici.

 

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