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L’éternel féminin passé au crible de la femme d’aujourd’hui

Coincé entre les injonctions contradictoires de la théorie du genre et du féminisme, l'éternel féminin a bien du mal à se définir. Et l'effacement des hommes n'arrangera rien à l'affaire.

Où sont les femmes ?

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L’éternel féminin passé au crible de la femme d’aujourd’hui

L'impératif d'élégance et de beauté peut avoir tendance à se diffuser plus largement dans nos sociétés modernes.  Crédit Reuters

Atlantico : Le site Parisian Gentleman a lancé sur internet une vidéo mettant en scène des femmes dans des postures pour le moins éloignées des stéréotypes de la perfection féminine : pets, crachats, violence… tout y passe. Le clip se termine par ces mots : "Un monde sans gentlemen est un monde sans ladies". Après avoir regardé la vidéo, comment interprétez-vous ce message ? Que suggère-t-il de notre société ?

Christophe Colera : Je crois que ce site redécouvre les plaisirs de la dialectique : le jeu social s'est toujours nourri de l'opposition entre des pôles qui se définissent négativement l'un par rapport à l'autre. Quand les rôles sont indifférenciés, il ne peut plus y avoir de jeux d'opposition, mais plus de jeux d'attraction non plus, il n'y a tout simplement plus aucun échange. En tuant le masculin, on tue le féminin et vice-versa. Les sociétés ont toujours fonctionné sur des jeux de rôles entre le pôle féminin et le pôle masculin.

Souvent pour le pire (une certaine oppression des femmes), mais parfois aussi pour le meilleur... Aux hommes la force physique, le volontarisme cassant, la constance, aux femmes la séduction, l'intuition, la subtilité, la souplesse d'adaptation. Des clichés, selon le féminisme qui y décèle un simple reliquat du patriarcat, et selon la "théorie du genre" qui n'y voit qu'une construction arbitraire. Mais comme on ne connaît guère de société purement matriarcale, on peut difficilement savoir comment se répartiraient les rôles dans cette société là, et, à bien regarder les qualités traditionnellement attribuées à chacun des sexe reflétaient malgré tout leurs caractéristiques physiologiques moyennes, et peut-être aussi leurs dispositions cérébrales (voir le débat toujours pas clairement tranché de savoir si le cerveau féminin a oui ou non plus de compétences que celui de l'homme pour le langage, le relationnel etc).

La société actuelle au nom de l'égalité tente dans divers domaines d'abolir ce jeu de rôles. L'indifférenciation qui en résulte est source de malaise. Du côté masculin, c'est sur le versant de la muflerie, de la violence, ou de la démission (la démission des pères notamment) que celui-ci se manifeste. Parisian Gentleman exhorte à une sortie "par le haut", par l'élégance (celle du vêtement, mais aussi celle des comportements et de l'éthique). "Messieurs recherchez à nouveau la distinction d'antan dans votre propre registre, et les dames feront de même dans le leur". C'est un appel à "refonder le jeu" du masculin-féminin en quelque sorte, sur des bases "chic". Mais est-ce compatible avec l'esprit démocratique, avec son égalitarisme, mais aussi avec son utilitarisme (bannir tout ce qui n'est pas directement utile), qui est à l'arrière plan du libéralisme anglo-saxon depuis ses origines (et donc du monde globalisé par ses soins) ? On ne peut pas ne pas se poser la question.

 
Commentaires

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  • Par bjorn borg - 30/01/2015 - 15:49 - Signaler un abus C'est qui

    la femme d'aujourd'hui? C'est une féministe du genre de Caroline Fourest? Alors, nous voilà propres! Les féministes voudraient vivre dans un monde sans homme aucun! Comme elles ne se reproduisent pas, ce sera l'extinction des humains! Les féministes ont horreur de faire l'amour, ça les dégoutent. C'est chouette un débat entre Eric Zemmour et Caroline. Oh que si!

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Christophe Colera

Christophe Colera est sociologue et anthropologue.

Il a écrit La nudité pratiques et significations, éditions du Cygnes 2008 et Les tubes des années 1980 (Cygnes, 2013)

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