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Etats-Unis/Russie, la guerre des services secrets

Les Etats-Unis traversent actuellement une période de paranoïa aiguë en matière d’espionnage et de trahison qui rappelle les plus belles heures du Maccarthysme (ou la « peur rouge ») des années 1950.

Affrontement

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Le suivisme de l’intelligentsia européenne

 Une grande partie des intellectuels d’Europe occidentale(1) qui dans le passé avait baigné dans une ambiance marxiste-léniniste - voire maoïste pour les plus radicaux - a effectué une « révolution culturelle » obligée, leur « modèle » soviétique s’étant effondré(2).

Ils ont été gagnés par une « Obamamania » qui les a fait glisser progressivement dans un atlantisme assumé. Depuis, ces mêmes intellectuels qui occupent des positions éminentes et surtout, qui sont omniprésents dans les medias, le « cinquième pouvoir » qui aimerait bien grimper dans le classement, suivent peu ou prou les orientations concoctées à Washington.

Dans le passé, histoire de briller, ils étaient plus communistes que les membres soviétiques du parti, aujourd’hui, ils sont plus néocons que leurs homologues américains. Que ce soit dans le passé ou maintenant, ils mettent en avant la « morale démocratique » pour justifier leurs choix. C’est extrêmement pratique car cela permet de rejeter toute contestation - sans même à avoir à discuter sur les idées - car les contradicteurs sont désignés au choix comme des imbéciles qui n’ont rien compris, comme des « fascistes »(3) ou des malades mentaux qu’il faudrait rééduquer - c’était très à la mode en URSS -. Leur arrogance n’a d’égale que leur attitude méprisante pour leurs contradicteurs et, plus grave encore, pour le peuple qu’ils considèrent secrètement comme ignare. Le pire, c’est qu’ils sont sincères et ne semblent absolument pas douter. Et pourtant le doute, c’est le début de la sagesse…

L’action des services russes

Certes, les services russes se sont « intéressés » - et de près - à l’élection américaine, l’arrivée éventuelle au pouvoir d’Hillary Clinton étant jugée comme une menace par le Kremlin en raison de ses convictions neoconservatrices qui confinaient à un bellicisme inquiétant. Il est même vraissemblable qu’ils aient mené des opérations d’influence, pas pour amener Trump aux manettes, mais pour faire barrage à Mme Clinton.

Le reproche qui est fait à la presse russe, en particulier à Russia Today et Sputnik d’avoir « fait campagne » contre Mme Clinton est fondé. Ce sont des medias d’opinion qui sont certainement influencés par le Kremlin comme Radio Free Europe l’était par la Maison Blanche lors des élections russes.

En fait, les services russes sont repartis à l’offensive partout où les intérêts de Moscou sont engagés. Vladimir Poutine sait que le renseignement, la désinformation, la corruption et d’autres méthodes actives permettent d’obtenir des résultats tangibles sans tirer un coup de feu et, en fin de comptes, à moindre coût.

 
Commentaires

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  • Par ClauZ - 10/07/2017 - 16:26 - Signaler un abus Et si ...?

    la France sortait de l'OTAN, qu'adviendrait il de cet organisme et de notre propre sécurité?

  • Par valencia77 - 10/07/2017 - 20:02 - Signaler un abus US Army

    A paye American University, Washington D.C. pour faire des etudes sur la destabilisation de gouvernements Sud Americain. Annee 50 et 60. Reussi en particulier au Chili. Et peut etre Argentine et Bresil?

  • Par Fred69440 - 11/07/2017 - 08:08 - Signaler un abus Du mal à comprendre cet

    Du mal à comprendre cet article. Depuis toujours, on a joué un jeu de dupes avec les services secrets. . - la rhétorique "les actions des services secrets sont inacceptables" a toujours existé - ce n'est pas parce que tous les pays ont des services secrets qu'il ne faut pas sévir lorsque l'un de ces services secrets est pris le doigt dans le pot de confiture. - le fait que les actions de services étrangers aient sciemment servi la cause d'un élu mérite une sanction exemplaire à partir du moment où les faits sont avérés La principale limite aux actions des services secrets est la médiatisation des actions de ces mêmes services. Qu'il y ait une rhétorique excessive fait partie du jeu

  • Par Gordion - 11/07/2017 - 11:56 - Signaler un abus Excellent article...

    Les Services français sont en pleine restructuration (DRM, DGSE, DGSI), gageons que les relations avec leurs homologues russes et américains n'en pâtiront pas trop. Et que les événements à Mossoul, Raqqa, Deir Ez Zor donneront lieu à des opérations "homo" coordonnées ( forces gouvernementales syriennes et irakiennes)....

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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