Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 22 Octobre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Etats-Unis/Russie, la guerre des services secrets

Les Etats-Unis traversent actuellement une période de paranoïa aiguë en matière d’espionnage et de trahison qui rappelle les plus belles heures du Maccarthysme (ou la « peur rouge ») des années 1950.

Affrontement

Publié le

Même si ces mêmes groupes n'ont pas été à l’origine des révolutions arabes de 2011 que personne n'avait vu venir - et surtout pas les services de renseignement -, ils les ont au minimum « accompagné » en espérant aider à l’installation de pouvoirs favorables à Washington sous couvert d’extension de la « Démocratie », la nouvelle « religion » qui justifie les « croisades » modernes. Pour ce faire, ils se sont surtout appuyés sur l’organisation des Frères musulmans jugée comme fréquentable car acceptant de participer au sacro-saint processus des élections.

Ils ont volontairement ignoré que le but ultime des Frères musulmans est aussi l’établissement du califat où règnera la charia. Seuls les moyens pour y parvenir diffèrent de ceux d’Al-Qaida et de Daech.

Globalement, l’action américaine a été couronnée de succès pour les neocons qui ont profité de la faiblesse de la Russie pour avancer leurs pions via l’OTAN en grignotant progressivement les marches de ce qu’ils considéraient comme étant l’« empire russe ». La plus grande intoxication menée par les Américains a concerné l’établissement d’un réseau de surveillance anti-missiles basé en centre-Europe pour éviter que les Etats-Unis ne soient un jour frappés par des missiles iraniens. En dehors du fait que ce pseudo réseau de surveillance ne protège pas l’Europe elle-même contre une menace potentielle iranienne, il semble évident que ce sont surtout les Russes qui, l’air de rien, sont visés.

Par contre, la désillusion de Washington a été grande au Proche-Orient où le chaos a remplacé les dictateurs qui avaient été renversés. L’apparition de Daech, une branche ultra-radicale d’Al-Qaida « canal historique » qui a rompu avec la « maison mère », a été une surprise. Puis, une autre surprise non anticipée par les services, certains responsables politiques n’ont pas plié ou ont refusé de suivre la ligne de conduite prônée par Washington : Bachar el-Assad et le maréchal Sissi.

Enfin et surtout, l’« ours russe » qui avait entre-temps retrouvé quelques forces, a fini par réagir à la stratégie d’influence de Washington en menant des contre-offensives particulièrement efficaces sur le terrain. L’Ukraine, la Géorgie et le Belarus sont aujourd’hui des points de friction où Washington ne parvient plus à progresser.

Vladimir Poutine a alors été désigné comme le « diable » par les neoconservateurs. Un ancien « Tchékiste » (du nom de la Tcheka ancêtre du KGB) à la tête de la Russie ne peut être que soupçonnable de tous les maux. En plus en 2015, il s’est permis de faire l’apologie des « espions » russes : « des gents forts et courageux, de vrais professionnels qui protègent efficacement la souveraineté, l’intégrité et les vies de nos concitoyens ». Leurs homologues occidentaux attendent toujours un tel soutien de leurs hautes autorités politiques… Les Américains à la mémoire toujours courte ou/et exclusive ont oublié un peu vite que George H.W Bush, avant d’être élu président des Etats-Unis (1989-93) fut un temps directeur de la CIA.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par ClauZ - 10/07/2017 - 16:26 - Signaler un abus Et si ...?

    la France sortait de l'OTAN, qu'adviendrait il de cet organisme et de notre propre sécurité?

  • Par valencia77 - 10/07/2017 - 20:02 - Signaler un abus US Army

    A paye American University, Washington D.C. pour faire des etudes sur la destabilisation de gouvernements Sud Americain. Annee 50 et 60. Reussi en particulier au Chili. Et peut etre Argentine et Bresil?

  • Par Fred69440 - 11/07/2017 - 08:08 - Signaler un abus Du mal à comprendre cet

    Du mal à comprendre cet article. Depuis toujours, on a joué un jeu de dupes avec les services secrets. . - la rhétorique "les actions des services secrets sont inacceptables" a toujours existé - ce n'est pas parce que tous les pays ont des services secrets qu'il ne faut pas sévir lorsque l'un de ces services secrets est pris le doigt dans le pot de confiture. - le fait que les actions de services étrangers aient sciemment servi la cause d'un élu mérite une sanction exemplaire à partir du moment où les faits sont avérés La principale limite aux actions des services secrets est la médiatisation des actions de ces mêmes services. Qu'il y ait une rhétorique excessive fait partie du jeu

  • Par Gordion - 11/07/2017 - 11:56 - Signaler un abus Excellent article...

    Les Services français sont en pleine restructuration (DRM, DGSE, DGSI), gageons que les relations avec leurs homologues russes et américains n'en pâtiront pas trop. Et que les événements à Mossoul, Raqqa, Deir Ez Zor donneront lieu à des opérations "homo" coordonnées ( forces gouvernementales syriennes et irakiennes)....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€