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Etats-Unis/Russie, la guerre des services secrets

Les Etats-Unis traversent actuellement une période de paranoïa aiguë en matière d’espionnage et de trahison qui rappelle les plus belles heures du Maccarthysme (ou la « peur rouge ») des années 1950.

Affrontement

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Etats-Unis/Russie, la guerre des services secrets

Dans les faits, les Démocrates qui ne parviennent pas à encaisser leur défaite à l’élection présidentielle de 2016 accusent l’équipe Trump d’avoir été aidée par les services secrets russes afin d’influencer les votes. Après sa victoire, ils vont encore plus loin tentant de l’accuser, lui et son entourage, de « haute trahison » au profit d’une puissance étrangère. Le problème réside dans le fait que pour l’instant, aucune preuve formelle recevable par la justice n’a été apportée par les différents responsables des services de renseignement US.

Même le « dossier » rédigé par l’ancien Officier Traitant du MI-6 (les services de renseignement extérieurs britanniques) Christopher Steele qui concernait en particulier de supposées dérives sexuelles de Donald Trump à Moscou n’a pas pu être recoupé. D’ailleurs, l’avis des professionnels américains du renseignement sur ce fameux rapport reste pour le moins prudent.

Force est de constater que dans presque toutes les démocraties, aujourd’hui les perdants ne veulent plus reconnaître leurs propres erreurs et attribuent leur échec à des « forces obscures » qui ne peuvent qu’avoir forcé la décision des d’électeurs. Pour eux, le système démocratique est bon quand il leur permet de parvenir au pouvoir mais pas quand les électeurs, forcément « sous influence » ou/et ignorants, plébiscitent leurs adversaires. Dans ce cas, le perdant prétend qu’il y a eu « magouille ».

Lors de la dernière élection présidentielle de 2016, si les services russes ont été effectivement impliqués, leurs homologues américains ont aussi fait partie du jeu politique renforcés par le fait que, même au sein du camp républicain, beaucoup de responsables - dont le sénateur John McCain - ont vécu l’arrivée de Donald Trump au pouvoir comme un échec.

La réalité est prosaïque : les neoconservateurs soutenus par le lobby militaro-industriel qui craint pour ses profits gigantesques et la communauté du renseignement jalouse de ses prérogatives, voyaient l’élection de Trump à la présidence comme une menace pour leurs intérêts. Durant sa campagne, il n’a en effet cessé de prôner un désengagement militaire américain, une diminution de programmes d’armements tout en critiquant durement les services de renseignement.

Un peu d’Histoire (récente)

Après la chute de l’URSS, l’ennemi principal et puissant de l'Occident a disparu au grand dam des Etats-Unis. Les neoconservateurs ont profité des désordres qui ont suivi en Europe centrale pour commencer par étendre leur influence au vieux continent en utilisant des groupes d’influence (comme la National Endowment for Democracy, NED) majoritairement financés par des fonds publics. Cela a été appelé le triomphe du soft power, certes appuyé quand c’était nécessaire par quelques bombardements bien sentis.

 
Commentaires

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  • Par ClauZ - 10/07/2017 - 16:26 - Signaler un abus Et si ...?

    la France sortait de l'OTAN, qu'adviendrait il de cet organisme et de notre propre sécurité?

  • Par valencia77 - 10/07/2017 - 20:02 - Signaler un abus US Army

    A paye American University, Washington D.C. pour faire des etudes sur la destabilisation de gouvernements Sud Americain. Annee 50 et 60. Reussi en particulier au Chili. Et peut etre Argentine et Bresil?

  • Par Fred69440 - 11/07/2017 - 08:08 - Signaler un abus Du mal à comprendre cet

    Du mal à comprendre cet article. Depuis toujours, on a joué un jeu de dupes avec les services secrets. . - la rhétorique "les actions des services secrets sont inacceptables" a toujours existé - ce n'est pas parce que tous les pays ont des services secrets qu'il ne faut pas sévir lorsque l'un de ces services secrets est pris le doigt dans le pot de confiture. - le fait que les actions de services étrangers aient sciemment servi la cause d'un élu mérite une sanction exemplaire à partir du moment où les faits sont avérés La principale limite aux actions des services secrets est la médiatisation des actions de ces mêmes services. Qu'il y ait une rhétorique excessive fait partie du jeu

  • Par Gordion - 11/07/2017 - 11:56 - Signaler un abus Excellent article...

    Les Services français sont en pleine restructuration (DRM, DGSE, DGSI), gageons que les relations avec leurs homologues russes et américains n'en pâtiront pas trop. Et que les événements à Mossoul, Raqqa, Deir Ez Zor donneront lieu à des opérations "homo" coordonnées ( forces gouvernementales syriennes et irakiennes)....

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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