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Etats-Unis - Russie : pourquoi ce qui est reproché à Michael Flynn ressemblent pourtant étrangement au travail habituel d’un conseiller à ce poste ….

La presse s’est emparée de la démission du secrétaire américain à la sécurité nationale pour diffuser de fausses nouvelles de manière à incriminer - une fois de plus - la Russie.

Incohérences

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En effet, quand un pays, en l’occurrence les États-Unis, accrédite une mission diplomatique sur son sol, il accepte que les diplomates dudit pays, là la Russie, discutent avec tous les individus de leur choix. Les ambassadeurs en poste dans des pays démocratiques sont libres de parler à tout le monde et même aux membres de l’opposition gouvernementale, la France s’en est même fait une spécialité. Par contre, les ressortissants du pays en question sont individuellement responsables de leurs propos auprès de leurs autorités politiques.

Pour l’anecdote, dans les pays tiers, quand la représentation diplomatique sait qu’une autre nation aussi représentée localement est mise à l’index par sa capitale (quand les relations diplomatiques ont été rompues), elle interdit à tous ses membres de participer officiellement aux pinces fesses donnés par cette ambassade et ses membres. De plus, elle « prive de petits fours » les diplomates de la représentation incriminée en ne les invitant plus à ses réceptions. C’est considéré comme un "geste fort" de la diplomatie. En gros, on boude…

Depuis les élections américaines et les accusations portées par les néoconservateurs et le parti démocrate contre Moscou qui aurait influé sur les résultats, les services secrets russes sont sur le devant de la scène. S’il est parfaitement normal que les services russes (et bien d’autres) s’intéressent aux élections américaines car le renseignement est leur raison d’être, ce qui l’est moins ce sont les supposées manœuvres d’ingérence destinées à influer sur les résultats. Cela dit, rien n’a été prouvé et il est toujours confortable pour un perdant - qui, par la même occasion, détourne l’attention des énormes casseroles qu’il traîne derrière lui - d’accuser "l’étranger" d’être derrière sa défaite. Comme le regretté Michel Audiard aurait pu le dire, « le dossier Hillary Clinton encombre aux archives » mais plus personne n’en parle. C’est une tactique habile pour se dédouaner de toute responsabilité tout en se victimisant, mais aussi, et là c’est beaucoup plus grave, pour tenter de délégitimer le gagnant sapant ainsi sa capacité future à gouverner. C’est un véritable déni de Démocratie qui est insidieusement employé. Enfin si tout cela ne marche pas, l’arme ultime employée par les plus ardents "défenseurs de la démocratie" est de rappeler qu'Hitler avait été élu tout à fait légalement ; cela clôt automatiquement tout débat. Enfin, dans certains cas et particulièrement en France, affirmer que les services secrets russes s’intéressent à vous est une manière d’exister : si Moscou tente de vous infiltrer, c’est que vous êtres important. Une pub à bon compte en quelque sorte…

Il est aussi à noter que les opérations d’influence existent également du côté de l’OTAN. Ainsi, selon Intelligence Online qui n’a pas la réputation de faire dans la "poutinomania" : "le président ukrainien Petro Porochenko s’appuie en priorité sur son conseiller personnel, l'ex-secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, l'ancien premier ministre danois, aujourd'hui à la tête de son propre cabinet, Rasmussen Global". Étrange…

 
Commentaires

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  • Par Texas - 16/02/2017 - 23:45 - Signaler un abus de plus...

    Le " Deep Establishment " préfère les insiders . Purger ces administrations des appointés d' Obama sera un vrai défi . Les démocraties sont mises en danger par les Globalistes , nous assistons dans les pays occidentaux à une lutte féroce entre Patriotes ou Souvereinistes et Globalistes pour qui l' idée de nation est obsolète .

  • Par perceval - 18/02/2017 - 11:04 - Signaler un abus Complotisme,illuminati...

    je n'y croyais pas et je pensais qu'il ne s'agissait que de fadaises pour ...illuminés. Force est de constater que ce n'était et ce n'est pas si farfelu que ça et on voit bien, de plus en plus au grand jour d'ailleurs, toutes ces forces à l'assaut. La Démocratie était un leurre, même ce leurre est en train de mourir

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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