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États-Unis /Russie : personne ne s’en est encore rendu compte mais la guerre est déclarée

Il ne s’agit pas encore d’une guerre "chaude". Mais les premiers citoyens russes ont été tués par des militaires américains les 7 et 8 février 2018 dans la région de Deir ez-Zor, dans l'est de la Syrie.

Confrontation

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États-Unis /Russie : personne ne s’en est encore rendu compte mais la guerre est déclarée

 Crédit JORGE SILVA / POOL / AFP

Le titre est volontairement provocateur mais il ne fait que nommer les choses qui apparaissent désormais très clairement. Les États-Unis sont en guerre contre la Russie même s’il ne s’agit pas encore d’une guerre "chaude". Il n’empêche que les premiers citoyens russes ont été tués par des militaires américains les 7 et 8 février 2018 dans la région de Deir ez-Zor dans l'est de la Syrie. Ce sont des "soldats de fortune" appartenant à la société militaire privée (SMP) "Compagnie Wagner" qui a son siège officiel en Argentine car la législation russe actuelle interdit les SMP nationales.

Mais, personne ne se fait d’illusions, ces mercenaires étaient commandités par Moscou pour remplir des taches que les forces armées classiques ne peuvent assumer faute d’effectifs suffisants. De plus, un "volontaire privé" russe tué au combat n’a pas le même impact psychologique sur la population puisqu’il agit de son fait (il n’était pas obligé d’y aller). De leur côté, à la mi-février 2018, les forces régulières russes en Syrie étaient créditées de 44 tués depuis le début de leur intervention le 30 septembre 2015.

Des mystères restent nombreux dans le déroulement de cette opération lancée par les forces légalistes syriennes qui auraient tenté de récupérer des installations pétrolières dont le régime de Damas a cruellement besoin pour obtenir des financements. Au départ, les contractors russes qui les accompagnaient n’auraient pas eu de rôle combattant à proprement parler. Ils devaient, une fois ces installations passées sous contrôle gouvernemental, en assurer la sécurité, mission habituellement confiée aux SMP russes en Syrie. La protection des points sensibles et des convois stratégiques est de leur ressort car les forces gouvernementales et des milices chiites peuvent ainsi se consacrer aux opérations de guerre offensives (et défensives). Il faut savoir que les effectifs disponibles au sol sont totalement insuffisants pour contrôler l’ensemble du territoire syrien. Dans ce cas, les forces de Bachar el-Assad ont franchi l’Euphrate vers l’est, zone tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont servi aux Américains à chasser Daech de Raqqa puis ont poussé vers la frontière irakienne. Les chiffres des pertes russes varient selon les sources : au minimum 5, au maximum 600. Il semble que la réalité pourrait tourner autour d'une bonne centaine.Washington avait bien prévenu qu’il ne tolèrerait pas un franchissement de l'Euphrate par les forces syriennes car les Américains se réservent cette zone pour justement parer au danger d’extension de l’influence russe et iranienne en Syrie. Il a été dit que les agresseurs visaient le QG des FDS dans la région, ce qui a entraîné une riposte vigoureuse, en particulier aérienne. Ce n’était en fait qu'un bon prétexte pour empêcher la saisie des puits pétroliers visés car, il ne faut pas l'oublier, l'objectif final des Américains (suivis par les Occidentaux) est la chute de Bachar el-Assad. Le couper de ressources financières l'empêcheront de reconstruire les régions récupérées et atiseront une nouvelle révolte. A noter que Riyad envisage désormais de soutenir fortement Ahrar al-Cham, le mouvement rebelle salafiste plus important de Syrie très présent à la Ghouta orientale. Présenté comme "modérée", cette formation s'oppose pour l'instant au HTC (Hayat Tahir al-Cham) dans la province d'Idlib et théoriquement à Al-Qaida.

Le président Vladimir Poutine n’a pas réagi officiellement à cette affaire mais il faut se rappeler d'une autre pour tenter d’imaginer ce qui pourrait se passer dans les mois à venir. Quand le 24 novembre 2015, la Turquie a abattu un bombardier Su-24 russe qui violait (effectivement pendant quelques dizaines de secondes) son espace aérien à la frontière syrienne, la riposte est venue quelques mois plus tard en mai 2016 quand des activistes du PKK ont diffusé une vidéo sur laquelle on les voyait abattre un hélicoptère turc AH-1W Super Cobra dans la province de Hakkari (sud-est de la Turquie) à l’aide d’un missile sol-air portable russe SA-18 dont le modèle n’avait jamais été diffusé dans la zone. L’hypothèse avancée est que Moscou aurait fourni cet armement au PYD syrien qui l’a aimablement passé à son cousin  du PKK pour qu’il fasse le buzz sur le net. En tout cas, le message semble avoir été parfaitement compris par le président Recep Tayyip Erdoğan dont la politique vis-à-vis de Moscou a radicalement changé passant de la confrontation à la coopération… Leçon de l'histoire : la réponse à la mort des mercenaires russes risque de frapper là où l’on ne l’attend pas mais il est probable qu’elle viendra tôt ou tard. Ce n’est pas une question de vengeance, Poutine est un animal politique au sang froid (au propre comme au figuré) mais de stratégie : montrer à l’adversaire jusqu’où il ne faut pas aller.

Heureusement, pour le moment, il n’y a pas encore eu d’affrontements directs entre les forces régulières américaines et russes (même si les avions de reconnaissance et les navires espions viennent de plus en plus titiller les frontières adverses) mais il faut bien constater que le dialogue avec Moscou est désormais unilatéralement rompu par Washington. Les "échanges", particulièrement à l'ONU, ne sont plus que des monologues comportant admonestations et condamnations dirigées contre le Kremlin ou Vladimir Poutine directement. A noter que les Américains se gardent bien de parler de la "Russie".

Depuis que le président Donald Trump a été neutralisé par une habile manipulation intérieure orchestrée par les neoconservateurs qui craignaient de voir leur influence considérablement diminuer sous la mandature de ce nouveau dirigeant totalement imprévisible, l’administration américaine est à l’offensive contre le "gouvernement" de Russie sur tous les terrains possibles. Très intelligemment, ceux qui sont à la manœuvre à Washington (le président ne fait plus que suivre le sens du vent qui lui est imposé) présentent les États-Unis comme la "victime" de l’ours russe en général, et de Poutine en particulier car la personnalisation à l’extrême des cibles à abattre est extrêmement importante pour l’opinion publique qui adore avoir des "méchants" à croquer. Ce phénomène est tout à fait humain puisque dans le passé (et encore aujourd'hui dans le monde islamique), on exécutait sous les huées de la foule les "méchants" en place publique, même si ces condamnés n'étaient pas forcément des criminels. Et oui, les révolutions ont besoin de sang frais ! C’est comme cela que l'on ne désignait pas l’"Irak" ou la "Libye" mais "Saddam Hussein" ou "Mouammar Kadhafi" (en Iran, comme il est difficile de présenter le Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, ce vieillard malade, comme un ennemi redoutable, on préfère citer "les mollahs" qui sont plus évocateurs dans l’inconscient populaire). Les deux dictateurs onté été tués. A ce sujet pour les esthètes,  il faut voir la joie non contenue de Hillary Clinton à l'annonce de la mort de Kadhafi. Peut-être a-t'elle été informée ensuite de la façon dont il avait été lynché, mais c'est une autre histoire, l'auteur ne souhaitant pas entrer dans des détails scabreux...

En ce qui concerne Moscou, les accusations pleuvent : les opérations d’influence dans les élections américaines (selon leurs dirigeants, les citoyens américains sont si "stupides" qu’ils ne peuvent que s’être laissés influencer par Moscou pour élire un nouveau président si atypique - au fait, on ne parle plus de la "Golden Shower" de Trump, preuve de sa compromission par le FSB -), le Brexit (là également, le peuple a "mal" voté, les Britanniques sont donc aussi "stupides" que leurs homologues US - encore que Londres vient d'interdire la diffusion de la chaîne saoudienne Al Arabiya en Grande Bretagne pour diffusion de fake news - un moment de lucidité ? -), la crise en Catalogne, l’intrusion dans l’élection présidentielle française (tiens, là les Français sont moins "stupides" que les Anglo-saxons, ils ne se sont pas laissés berner par la propagande de Sputnik et de RT, les deux medias russes financés par le Kremlin qu’ils ont - c’est bien connu - l’habitude de regarder tous les jours), le soutien aux "mollahs" iraniens (là, ce n'est pas totalement faux), aux Taliban  afghans rien que pour embêter l’OTAN (à vérifier), la guerre en Ukraine (bien sûr, l’annexion de la Crimée est une violation des règles internationales que les Occidentaux respectent, eux, à la lettre, c’est une évidence ). Et pendant qu’on y est, la vague de froid qui submerge l’Europe, elle vient d’où, je vous le demande ? De Russie. C’est visiblement un nouveau coup monté de Poutine destiné à torpiller les négociations portant sur la lutte contre le réchauffement climatique (il parait que Washington pourrait revenir sur sa position sur ce sujet).

Sur le plan militaire, cette menace que fait peser Poutine sur le monde (les Pays baltes et la Pologne crient au loup en permanence; certes il est vrai que l’URSS leur a laissé de très mauvais souvenirs historiques et on peut comprendre leurs craintes), le budget de la défense américain est encore en forte augmentation pour 2018 frisant les 700 milliards de dollars, soit dix fois plus que celui de Moscou, mais il paraît que les militaires et les matériels US sont beaucoup plus chers que leurs homologues russes, il convient donc de comparer ce qui est comparable…

Au sein même du lobby militaire, il y a celui qui a en charge la partie nucléaire. Or, depuis deux ans, ce dernier s’est aperçu que le seul ennemi encore assez puissant pour représenter un adversaire crédible, c’était la Russie car tous les autres pays nucléarisés sont extrêmement en retard sur le plan technique. Le bon moyen pour convaincre les sénateurs qu’il fallait de nouveaux crédits pour moderniser l’arsenal nucléaire US était de leur désigner un grand "méchant" représentant une menace sérieuse : le Kremlin et son vilain président qui détenait "un bouton presque aussi gros que celui du président des États-Unis".

De plus, Poutine a eu l'outrecuidance de considérer que l'arrivée de l'OTAN à ses frontières constituait une menace et qu'il convenait d'y répondre. Le cycle est donc lancé dans l'escalade militaire qui est en train d'aboutir à la situation de guerre actuelle. Peut-être que Washington espère refaire le coup de la "guerre des étoiles" qui a ruiné l'économie soviétique et mené à son effondrement. Il est vrai que cette stratégie a été un succès incontestable qui a mis fin à la Guerre froide.

Dans les faits, le lobby militaro-industriel américain se frotte donc les mains ne négligeant même pas les "petits marchés" comme celui de la guerre menée au Yémen par la coalition emmenée par le grand allié saoudien. Cela lui permet de fournir en flux tendu des centaines de bombes qui, elles, ne visent que des "méchants". A ce propos, les analystes moralistes qui n’ont que les Droits de l’Homme à la bouche semblent oublier la situation catastrophique qui prévaut dans ce pays lointain. En plus des morts dus à la guerre (les pertes collatérales sont admisibles puisque les avions de la coalition sont dans le camp du "bien"), il y a ceux qui le sont en raison de la famine et des maladies - aggravées par le blocus imposé par Riyad sur tout l’ouest du pays tenu par les rebelles - qui sont, à la différence de leurs homologues, les "gentils" Syriens », de véritables "méchants". En fait, leur seul tort est de ne pas parvenir à transmettre les films et les photos "qui vont bien" aux medias occidentaux. Il est aussi possible que les rédactions les écarteraient d'office pour des raisons de déontologie qui les regardent. L'indignation est sélective.

Les Européens sont priés de suivre le mouvement partant du principe que "armons nous et allez-y" est une des stratégies adoptée depuis des lustres par les faucons américains. Il leur faut de la chair à canon comme les Kurdes syriens et irakiens le sont, eux se contentant de bombarder et d’approvisionner tout ce beau monde (il y a bien quelques "forces spéciales" sur le terrain, mais cela entretient le mythe à la Rambo très utile dans l’inconscient populaire).

En résumé, sans oublier que le président Poutine défend les intérêts de ses concitoyens - ce qui devient rare dans le monde occidental d’aujourd’hui - et qu’ils ne sont donc pas forcément en adéquation avec ceux des Européens, force est de constater que la Russie ne représente pas une menace directe ou même indirecte pour le vieux continent. Certes, ses réseaux d’espionnage et d’influence sont très actifs en Europe et il convient de les combattre mais l’auteur a la faiblesse de croire qu’ils ne sont pas plus importants que leurs homologues américains qui sont aussi omniprésents même si, en théorie, ils n'espionnent pas des pays "amis".

La question fondamentale qui se pose est: est-ce que l'Europe va se laisser entraîner dans la spirale infernale qui devrait déboucher sur un conflit majeur alors que les raisons données sont pour le moins discutables. Il est vrai que l'on n'échange plus beaucoup d'idées dans la sphère médiatique : on appelle aux armes pour que les autres y aillent (au casse-pipes). En dehors de quelques exceptions marquantes, il n'y a rien de pire qu'un militaire qui fait de la politique mais il n'y a aussi rien de pire qu'un civil qui veut jouer au militaire. Au mieux ça devient un commissaire politique (il suffit de lire leurs écrits pour le constater). Il reste de tout cela une profonde envie de vomir. 

 
Commentaires

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  • Par ajm - 25/02/2018 - 13:36 - Signaler un abus Qui trop embrasse mal etreint.

    A partir d'un événement sur lequel on ne connaît pas grand chose ( intervention aérienne US qui aurait provoqué la mort de " mercenaires" russes) mr Rodier dresse une fresque historico-stratégique grandiose, sans aucun doute, mais encore bien plus hautement hasardeuse.

  • Par pitron67 - 25/02/2018 - 14:10 - Signaler un abus Rodier

    avez vous lu son CV?,,,.). ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il a légèrement plus de crédibilité que 'ajm'

  • Par vangog - 25/02/2018 - 16:12 - Signaler un abus Si De Gaulle (d’avant 1962) était encore là...

    il aurait developpé une stratégie française (qu’il aurait imposé aux nains europeistes et à la bécasse Moguerrini) afin de faire respecter les intérêts français et européen au Moyen-Orient, sur la base d’un compromis entre intérêts Russes et intérêts américains! L’enjeu principal, outre la guerre de communication, est celui de la maîtrise de l’approvisionnement en gaz de la triste union europeiste. Celle-ci ne semble même pas comprendre pourquoi les deux géants mondiaux se battent pour la maitrise des champs gaziers et pétrolifères, et le passage des gazoducs vers l.Europe! Si des incompétents n’avaient pas pris la tête de l’UE, celle-ci se serait réveillée depuis longtemps de sa léthargie mondialiste (cela participe aussi des stratégies russes et américaines de profiter de la naïveté europeiste pour le mondialisme immigrationniste...). L’Europe des Nations libres, soutenue par le Front National, aurait ainsi pu défendre l’idée d’une Nation Kurde, implantée sur les territoires conquis, et à cheval sur ses protagonistes syriens, irakiens et turcs (Le malaise avec l’OTAN), et possesseurs des champs pétroliers. L’alliance des Kurdes avec l’UE aurait ainsi pu figurer une 3eme voie..

  • Par eva - 25/02/2018 - 16:43 - Signaler un abus amsallem

    Article consternant un peu de trumpbashing plus une dose de manichéisme !! Ah ces specialistes de la specialité avec toutes leurs médailles du savoir accrochées sur la poitrine ...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 25/02/2018 - 17:07 - Signaler un abus Ça n'a jamais fait avancer

    Ça n'a jamais fait avancer les choses de gerber.... Et surtout ça empêche de réfléchir ! Les américains et les russes ont besoin les uns des autres pour satisfaire leur politique nationale. Ce n'est pas pour autant qu'ils se feront une guerre qui serait préjudiciable à chaque camp. Ils savent pertinemment que leurs intérêts sont liés, contre l'islam aujourd'hui et contre la Chine demain !!!!

  • Par Mxt74 - 25/02/2018 - 21:00 - Signaler un abus Les articles

    D’A.Rodier sont toujours très intéressants. je comprends mal les ajm & eva peut-être n’ont ils que les articles du Monde pour s’informer ?

  • Par ajm - 25/02/2018 - 21:50 - Signaler un abus Guêpier syrien.

    Cela fait cinquanre ans que je ne lis plus Le Monde .Les articles de A Rodier sont très intéressants et il ne viendrait pas à l'esprit de contester ses mérites et experiences d'ancien officier superieur dans les renseignements. Simplement, je trouve un peu cavalier d'éxtrapoler à partir d'un fait sur lequel lui-même dit que l'on en ignore beaucoup, â commencer par sa dimension humaine ( 2 ou 3 "mercenaires" russes ce n'est pas 50, 100 ou 200) , sa portée exacte ( rôle exact de ces "mercenaires", liens avec le gouvernement Russe,) la connaissance que pouvaient avoir les US de leur présence sur le terrain , pour faire un developpement géostratégique très ambitieux et que je trouve, à ce stade et en fonction des informations publiées et commentées dans l'article, pour le moins osé. A vrai dire , sur le fond, je pense que les grandes puissances qui , en réalité, n'ont aucun intérêt vital en Syrie ( y compris la Russie) devraient s'abstenir d'intervenir directement dans ce guêpier maléfique où ils ont beaucoup à perdre et rien à gagner.

  • Par RODIER - 26/02/2018 - 06:22 - Signaler un abus à ajm

    Pour information complémentaire: Moscou parle aujourd'hui officiellement de "douzaines de morts" sans dévoiler le chiffre réel (précédemment, il n'était question "que" de cinq tués). La société militaire privée s'appelle en fait "WAGNER PMC" (pour Private Military Company). Les installations visées étaient celles de CONOCO GAS PLANT situées à l'est de Deir ez-Zor. Les grandes puissances ont un intérêt majeur dans la région : . la Russie veut y établir son principal (et premier) point d'appui pour s'installer durablement en Méditerranée orientale car l'accès aux "mers chaudes" est une de ses constantes depuis l'époque tsariste puis soviétique (j'ai beaucoup développé sur ce sujet dans d'autres articles); ; les Iraniens (puissance très moyenne, certes) veulent un corridor sécurisé pour accéder à la Méditerranée, ce qui est considéré comme "vital" par Téhéran (mais est refusé par Israël); . Les Américains restent sur zone pour contrer les desseins russes et iraniens dans la région, deux pays dont ils veulent renverser les régimes; . Les Chinois veulent déboucher économiquement dans la zone en achetant du pétrole et en vendant la "reconstruction" des pays détruits. :

  • Par Sozopol - 26/02/2018 - 06:48 - Signaler un abus Excellente analyse

    Très convaincant en ce qui concerne la politique étrangère US qui est plus que jamais celle du lobby militaro-industriel. Reste à comprendre les raisons de l’alignement systématique de l’Europe -dont les intérêts sont pourtant différents - sur Washington.

  • Par Citoyen-libre - 26/02/2018 - 08:56 - Signaler un abus Excellente analyse

    Le dessous des cartes, comme on le souhaiterait plus souvent. Un vrai travail de spécialiste par un non journaliste. Ce qui est inquiétant, pour nous petit peuple, c'est que les guerres ont souvent démarrée pour des prétextes. Dernièrement, un article signalait que les israéliens éliminaient chaque fois que nécessaire, leurs dits ennemis, partout dans le monde. Question idiote : pourquoi personne n'élimine Bacchar al Assad ? Uniquement pour les raisons évoquées dans l'article ?

  • Par Philippe1024 - 26/02/2018 - 09:49 - Signaler un abus Et si la motivation des américains...

    Des fois je me dis que les américains, avec leur dette abyssale, sont dans une impasse et qu'ils poussent, plus ou moins consciemment, vers une "bonne guerre", localisée loin de chez eux, qui remettrait tout à plat. Une idée idiote j'espère!

  • Par WhiteWalker - 26/02/2018 - 10:54 - Signaler un abus Guerre sournoise qui n'est pas la nôtre

    Cela fait des mois et des années que la propagande anti-russe est délirante, et que les USA nous entraînent dans des sanctions qui nous frappent autant que la Russie (exemple : les Mistral) tout en épargant l'économie américaine. Pas d'accord pour qu'on se laisse entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre, alors même que la vraie guerre, celle que nous mène l'islamisme, rencontre toutes les complicités possibles, et que les zassoces type Soros ouvrent nos frontières en grand impunément et, pour certaines, avec des subvenbtions d'Etat.

  • Par Anouman - 26/02/2018 - 20:11 - Signaler un abus Russie

    Il est clair que depuis quelques temps la Russie est l'ennemi numéro un, y compris dans certains discours français. L'article de M. Rodier me conforte dans l'idée que cette crainte est assez artificielle et que d'autres menaces sont plus préoccupantes. Mais ceux qui veulent voir en Poutine l'ange de l'apocalypse verront en Rodier un agent double...

  • Par ajm - 26/02/2018 - 22:19 - Signaler un abus Ne pas se tromper d'intérêt vital.

    Il ne faut diaboliser ni Poutine et la Russie, ni non plus les USA et Trump. Les guerres naissent souvent de diabolisations réciproques et d'une mauvaise estimation de ce qui est "intérêt vital". Par exemple , l'Arabie Saoudite était vitale pour les USA il y a trente ans, elle l'est beaucoup moins maintenant avec le gaz de schiste US. La Chine a plus d' intérêt vital s'agissant du brut du Moyen-Orient que les Americains. Evidemment, on pourrait dire que l'intérêt vital indirect des US est de contrôler la route du pétrole vers la Chine. L'intérêt vital de la Russie est bien plus de relancer la natalité dans son espace territorial immense que d'avoir une base à Lattaquier, dans une Méditerranée qui de toute façon restera très fortement dominée par les flottes combinées de l'Otan. La France a un certain intérêt vital â ce que l'Afrique ne soit pas déstabilisée avec une vague migratoire francophone massive vers elle, mais , en même temps, son intérêt vital premier est d'être capable de contrôler son propre territoire et ses frontières, ce qui, manifestement n'est plus le cas depuis longtemps. On cherche souvent très loin des intérêts vitaux que l"on méconnaît joyeusement chez soi.

  • Par padam - 27/02/2018 - 19:40 - Signaler un abus @ajm

    Je partage votre commentaire, du moins en ce qui concerne la France. Son intéret primordial, pour ne pas dire existentiel, devrait etre en effet la maitrise de son propre territoire et le controle des frontières de l'hexagone, bien avant de s'a

  • Par padam - 27/02/2018 - 19:41 - Signaler un abus suite

    s'aventurer au Sahel ou au Moyen-Orient.

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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