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États généraux de la bioéthique : la France face aux lourds défis de notre individualisme forcené

Don d'organe, euthanasie, PMA, autant de questions qui seront abordées lors des Etats généraux de la bioéthique qui se sont ouverts ce mercredi 17 janvier.

PMA

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États généraux de la bioéthique : la France face aux lourds défis de notre individualisme forcené

Atlantico :  Les Etats généraux de la bioéthique se sont ouverts ce mercredi 17 janvier dans toute la France. À l’occasion de  ces États généraux les citoyens, experts ou non, pourront débattre de questions telles que le don d'organe, l'euthanasie, la PMA, en vue de la rédaction d'un rapport pour le Comité consultatif national d'éthique. Dans une tribune publié par Le Monde, 110 personnes dont Elisabeth Badinter ou Pierre Rosanvallon souhaitent que la GPA (gestation pour autrui) soit intégrée au débat au motif que "Les enfants nés par le recours à la GPA sont là, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas".

Les défenseurs de la GPA s’appuient sur des cas individuels. Cette approche individualiste ne masque-t-elle pas les questions de fond que pose la GPA ?

Bertrand Vergely : La GPA pose deux questions. La première humaine. Quand un enfant est fait par GPA à l’étranger cet enfant existe. Reste que la GPA étant interdite en France, si cet enfant est rapatrié, bien qu’existant il n’aura pas d’existence légale. Ce qui est bien évidemment gênant. D’où la question posée par les signataires de la tribune du Monde : « Ne serait-il pas temps de donner une existence légale à ces enfants ? » Il est certain que, si une reconnaissance légale est donnée à tous les enfants nés par GPA à l’étranger, un drame humain sera évité. Mais d’un autre côté, cette reconnaissance  va de fait reconnaître la GPA faite à l’étranger. Et reconnaissant la GPA à l’étranger inévitablement la question se posera : pourquoi la GPA pour les enfants nés à l’étranger et pas la GPA en France ? C’est là qu’intervient la deuxième question posée par celle-ci.  

Deux hommes, deux femmes ne peuvent pas avoir d’enfants. Si le législateur décide que demain, ce qui est impossible puisse devenir possible grâce à un détour médical et juridique, on ne va pas changer de société. On va changer d’humanité  pour trois raisons. 1) De fait, il sera reconnu que l’on n’a plus besoin du couple homme-femme comme couple de base pour donner la vie, d’autres couples étant possibles. 2) Il sera reconnu que l’on n’a plus besoin du couple père-mère pour éduquer un enfant, d’ »autres couples étant possibles. 3) Autrement dit, noyés dans la pluralité des couples en n’étant plus qu’un couple parmi d’autres, le couple homme-femme qui est à la base de la vie et le couple père-mère qui est à la base de l’éducation disparaîtront.  Il y aura certes encore des couples homme-femme et des couples père-mère. Mais ce ne sera plus la même chose. Un couple possible parmi d’autres isl seront déréalisés, dématérialisés, vidé de leur substance dans un l’indifférenciation générale. L’indifférenciation étant le propre de la mort et du nihilisme, via la noyade des données de la vie et de l’éducation la pulsion de mort et le nihilisme pourront continuer à envahir nos esprits. Témoin les conséquences de la disparition du couple homme-femme et du couple père-mère comme couples fondateurs. Ainsi, on ne le voit pas et on ne veut pas le voir mais la fin du couple homme femme pour faire un enfant et du couple père-mère pour l’élever, cela veut dire que la mère est désormais inutile. Quelle gifle pour les mères et, derrière elle, quelle gifle pour les femmes ! Et pour un enfant la privation d’une mère avec la souffrance que cela suppose, quelle gifle pour l’enfant ! La violence avance toujours masquée, fait remarquer René Girard. Avec la GPA c’est le cas. Derrière ce qui est avancé comme un progrès sociétal c’est, pour le confort des adultes, une gifle adressée, aux mères, aux femmes et aux enfants. 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 18/01/2018 - 12:09 - Signaler un abus Ce que dit Bertrand Vergely

    Ce que dit Bertrand Vergely au sujet de la GPA n'est que le descriptif d'une première étape ( couples différents pour les parents ), je pense intuitivement que les étapes suivantes seront pires et dignes de films d'horreur.Concernant l'Euthanasie, les piqures de morphine atténuent la douleur mais raccourcissent la vie . Je suis pour , de toute façon l'homme est mortel ...

  • Par Deudeuche - 18/01/2018 - 18:37 - Signaler un abus Pourquoi s’arrêter là

    Et la polygamie et le mariage intrafamilial pour majeur (inceste). On pourra même bénir tou ça à l’oratpire du Louvres. La zoophylie légale pas tout de suite, quoi que?

  • Par Anouman - 18/01/2018 - 22:46 - Signaler un abus Desespoir

    La mort est certaine et n'a pas de quoi inquiéter. Et si Dieu n'existe pas il n'y a pas de raison particulière d'être désespéré, s'il existe non plus. La vie n'est pas particulièrement tragique (en tous cas pas pour tout le monde) et être conscient qu'elle peut se terminer à tout moment doit au contraire nous encourager à en apprécier les bons moments. Même le malade dont le médecin a quelques doutes sur son espérance de vie peut apprécier les couleurs du ciel de son lit d'hôpital. Mais s'il veut se laisser aller, alors c'est son droit et ce n'est pas une conférence à la con qui doit dicter son choix.

  • Par Deudeuche - 19/01/2018 - 20:14 - Signaler un abus @Anouman

    Non ! Espoir! Relisez Pascal!

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Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est philosophe et théologien.

Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).

 

 

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