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Et pendant ce temps, Angela Merkel fait de la vraie politique…

Pendant qu'Emmanuel Macron prononçait un improbable discours à Versailles, plus dicté par une conception capricieuse et verbeuse du pouvoir, Angela Merkel prononçait son premier discours de campagne. Une vraie leçon de politique démocratique à l'usage de notre Président. 

De l'autre côté du Rhin

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Et pendant ce temps, Angela Merkel fait de la vraie politique…

Angela Merkel a donné une très belle leçon, hier, en matière de démocratie. Pour le lancement de sa campagne électorale, elle a prononcé un discours où elle a clairement exposé son programme. Alors qu'Emmanuel Macron, en près d'une année de campagne, n'a jamais exposé clairement son projet (et que le discours de Versailles a confirmé son incapacité à poser ses intentions avec clarté et précision), Angela Merkel illustre la capacité d'une femme d'État a parlé sans ambages à son peuple.

Angela Merkel fait la leçon aux Français

Ils ont de la chance, les Allemands, d'avoir des hommes (et des femmes) politiques qui expliquent ce qu'ils feront sans ambages et sans circonvolution.

Ce sont de vrais monuments de rhétorique bonapartiste, au sens propre du terme: objectif, moyens, instructions précises. 
Par exemple, les baisses d'impôt. Objectif: donner un coup de pouce à tout le monde. Moyens: baisser les impôts des classes moyennes. Instructions: supprimer par étapes l'équivalent de la CSG. Mais pourquoi ne fait-on pas aussi simple en France? Pourquoi la parole politique, même quand elle se renouvelle, se sent-elle "obligée" de se perdre dans des périphrases interminables, comme si faire de la politique, c'était être brillant?
On sait pourtant, en France, que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement". 

Des objectifs clairs

Au demeurant, la liste des objectifs d'Angela Merkel est on ne peut plus claire. Elle se fixe un objectif d'un chômage sous la barre des 3% (contre 5,5% aujourd'hui), différentes mesures pour les classes moyennes (notamment un coup de pouce fiscal pour l'accession à la propriété) et la création de 15.000 emplois de policiers. 
On se félicite de cette maîtrise apparente des objectifs politiques poursuivis et surtout de la simplicité de leur présentation. Souvenons-nous ici des longues envolées lyriques du candidat Macron... qui n'ont jamais donné lieu à la moindre promesse claire vis-à-vis des Français. 

Ce que serait un vrai renouvellement en France

La comparaison entre le discours d'Angela Merkel et celui d'Emmanuel Macron est évidemment frappante et flagrante. D'un côté, la clarté, la force, l'évidence. De l'autre, une sorte d'embrouillamini d'idées prétendument philosophiques dont on voit mal comment elles pourraient donner lieu à une action politique compréhensible. 
On comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron a esquivé l'interview su 14 Juillet. La trop grande "complexité" de sa pensée cache en fait une verbosité glissante. 
Le renouvellement consisterait pourtant ici à changer le discours politique en arrêtant les grandes phrases à vocation historique pour se concentrer sur les objectifs poursuivis et sur les moyens de les atteindre. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 04/07/2017 - 11:45 - Signaler un abus Macron va augmenter d'un coup la CSG!

    Ah, c'est sûr! le minet auto-centré ne peut pas le crier trop fort, de peur que les benêts qui ont voté pour lui ne comprennent...d'un coup!

  • Par Michèle Plahiers - 04/07/2017 - 13:05 - Signaler un abus Spiritualité, verbiage, matérialisme et terre-à-terre.

    Belge et donc au centre. Entre le verbiage des "Précieuses" ridicules et la "clarté extrême d'un "Mein Kampf". Merkel semble à même de se situer entre les deux extrêmes,...C'est le pouvoir de la harpe,... J'aimerais savoir ce que se racontent Emmanuel Françoise. Acte Sud a plutôt tendance à éviter le verbiage et le langage abscon (genre: les séminaires de Lacan,...),et tordus comme l'aiment Gallimard et surtout LE Seuil...

  • Par ajm - 04/07/2017 - 15:02 - Signaler un abus Généralités

    La différence entre Macron et Merkel c'est , il faut bien le dire, la difference entre un pays bien géré depuis longtemps avec des marges de manoeuvre financieres significatives et un pays pétaudière croulant sous les déficits et la démagogie tout azimuts. Macron le sait bien et préfère se réfugier dans des généralités sur les institutions qui ne coûtent rien ou pas grand chose. D'une certaine façon, c'est bon signe même si cela ne résout rien, il évite au moins de faire des promesses intenables.

  • Par pale rider - 04/07/2017 - 15:43 - Signaler un abus Macron ne dit rien car en fait son programme est vide

    c'est le néant , alors il brode, brode, brode comme il l'a appris tout au long de ses études : il glose à n'en plus finir. Pourtant la courage ce serait : 1 alignement régime du public sur le privé 2 suppression des régimes spéciaux comme l'ont fait tous les pays qui se sont redressés . Mais bon, inutile de rêver, en France le progrès ce sera la PMA GPA , on a les progrès qu'on peut.

  • Par J'accuse - 04/07/2017 - 16:46 - Signaler un abus Les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent

    Les laudateurs de Macron sont comme lui: ils lui tressent des lauriers, clament ses louanges, mais aucun n'est capable de dire ce qu'il va faire, quand et comment, juste qu'il est formidable parce que c'est évident. A contrario, les questions des critiques sont très précises, et sans réponse. Les premiers responsables sont ces veaux qui votent, jamais lassés de se faire entuber par les soit-disant faiseurs de miracles.

  • Par OLYTTEUS - 04/07/2017 - 20:27 - Signaler un abus Réponse à J'accuse

    Combien de fois faudra-t-il rappeler que le sieur Macron n'a été élu par 15%du corps électoral, les abstentionnistes,les votes blancs et nuls sont largemen majoritaires. Ces derniers ne se sont pas retrouvés dans le choix proposé par la caste médiatique alliée au pouvoir hollandais: torpiller la Droite, (le Hollande avait ses bons copains au canard déchainé) ça au moins Hollandouille l'a réussi.

  • Par Atlante13 - 05/07/2017 - 18:35 - Signaler un abus Desespérent,

    le porte-parole de l'Elysée vous l'a pourtant dit clairement, la pensée de Macron est trop complexe pour le vulgum pecus, et encore plus par nos élites médiatiques. Alors, un peu de patience, on vient de se faire farcir par 5 ans de socialisme hollandais, on devrait pouvoir supporter 5 ans de crétins En Marche qui n'ont rien compris. Enfin, j'espère...

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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