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Et pan pour la France : quand les confidences du ministre espagnol des Finances révèlent la dernière déroute européenne en date de François Hollande

Le ministre des Finances espagnol Luis de Guindos a révélé comment l'Espagne a été exclue du directoire de la BCE à la fin de l'année 2012. L'échec des manœuvres tentées à cette occasion par François Hollande n'a fait que sceller sa perte d'influence au niveau européen.

C'est raté

Publié le - Mis à jour le 23 Décembre 2016
Et pan pour la France : quand les confidences du ministre espagnol des Finances révèlent la dernière déroute européenne en date de François Hollande

Atlantico : Ce mardi 20 décembre, le ministre des Finances espagnol a déclaré "Ils m'ont dit que l'Espagne n'aurait pas de représentant à la BCE, c'est la réalité", revenant ainsi sur une nomination ayant eu lieu en 2012. Comment expliquer l'éviction de l'Espagne de la BCE, et son remplacement par un membre luxembourgeois ?

Nicolas Goetzmann : À la fin de l'année 2012, un siège était vacant au sein du directoire de la BCE. Dès l'été, l'Eurogroupe alors présidé par Jean-Claude Juncker proposait la nomination d'un Luxembourgeois, Yves Mersh, à cette place, ce qui permettait de remplacer un membre par une personnalité plus en ligne avec les "souhaits" de Berlin. Dans les faits, il s'agissait de remplacer le membre espagnol du directoire, José Manuel Gonzales-Paramo, alors que l'Allemagne ne voulait plus de l'Espagne au sein de la BCE, en raison de ses déboires économiques et de sa situation budgétaire.

C'est ce qui est révélé par la déclaration de Luis de Guindos, le ministre des Finances espagnol. L'Espagne a protesté à cette occasion, notamment sur la base de son poids démographique au sein de la zone euro, et a tenté d'éviter son exclusion.

Le résultat de cette opposition a été un vote défavorable du Parlement européen à la nomination d'Yves Mersh, mais sur la base du fait qu'il n'était pas une femme, ce qui permettait peut-être de mobiliser un peu plus les parlementaires à cette question. C'est un point aberrant : le Parlement était dérangé par la masculinité du candidat, et non par son positionnement rigoriste au sein de la BCE, pas plus que par l'exclusion de l'Espagne du directoire. Le résultat a été de voir le Conseil européen passer outre l'avis défavorable du Parlement, pour nommer Yves Mersh à la BCE. Et ce, alors même qu'il existait un accord tacite sur une présence de l'Espagne au sein de l'institution de Francfort. Il s'agit une nouvelle fois d'un élément qui permet de mettre en évidence le changement de nature des institutions européennes au cours de ces dernières années.

Quelle a été la position de la France sur cette question ?

Cet épisode remonte à 2012. François Hollande est Président depuis peu. Malgré ses promesses de campagne concernant le pacte budgétaire européen (TSCG), le Parlement français adopte le texte le 11 octobre 2012, ce qui sera déjà perçu comme une défaite pour le Président. Cependant, il n'est pas du tout avéré que François Hollande ait tenté quoi que ce soit à ce sujet.

Mais c'est différent concernant les nominations. En l'espèce, François Hollande s'était initialement opposé à la proposition de placer Yves Mersch au sein de la BCE, pour faire traîner, et pour permettre une négociation à l'occasion du choix de la personne qui prendra la tête de l'Eurogroupe. À cette date, c'était Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, qui tenait la corde pour ce poste. Et François Hollande s'y est opposé. Le résultat est que la négociation a abouti à ce que François Hollande accepte la nomination d'Yves Mersh au sein du directoire de la BCE ainsi que celle de Jeroen Dijsselbloem à la tête de l'Eurogroupe, qui représente pourtant exactement la même vision que Schäuble.

À partir de là, deux hypothèses. Soit François Hollande voulait tenter un coup politique en essayant d'assouplir les positions économiques européennes, et il a assez clairement échoué, soit cela n'était pas son intention et ses nominations ne lui ont pas posé de problème. La vérité est sans aucun doute entre les deux, François Hollande s'est contenté de cette situation. Parce que la "non nomination" de Wolfgang Schäuble n'est qu'une victoire de façade, elle ne change en rien l'orientation politique de l'Eurogroupe.

 
Commentaires

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  • Par Jean-Benoist - 21/12/2016 - 10:02 - Signaler un abus nous savions que hollande

    Etait un lâche et quil ne roule que pour lui même. . Il a toujours méprisé les français, les sans dents et son pays..il ne marquera pas l'histoire alors quil retourne aux oubliettes et on ne dit pas merci a ce medias, ces bobos gauchosphère intellos qui l'ont choisi... vite 2017 pour tourne la page de ces 5 années desastreuses

  • Par FIGAROCB - 21/12/2016 - 11:38 - Signaler un abus MOI PRESIDENT !

    Voila la véritable face de ce président que certazins français ont choisi ! Merci à Monsieur le maire de Pau ! celui qui a appelé à voter Hollande pour faire barra

  • Par vangog - 21/12/2016 - 11:41 - Signaler un abus Comme les gauchistes en 1940, la collaboration

    du socialiste Hollande avec les allemands est pleine et entière! la gauche ne sait pas tirer les leçons de son passé collaborationniste avec les nazis...l'erreur duvsiecle dernier est en train de se renouveler, sous nos yeux! À cette exception près: sans panzers, ni führer, l'Allemagne a pris le contrôle de l'UE, grâce aux institutions débiles et anti-démocratiques ( anti-populistes?) concoctées par les Mitterrand-Delors-Lamy-Guscard, mais avec la collaboration active des gauchistes...un air de déjà vu!

  • Par zouk - 21/12/2016 - 12:08 - Signaler un abus Fr. H. et l'Espagne

    Décidément notre Président n'aura jamais manqué l'occasion d'une énorme ânerie.

  • Par Fredja - 21/12/2016 - 16:27 - Signaler un abus Au-delà de la nullité de Mou Présigland

    c'est le caractère dictatorial des institutions Européennes qui est inquiétant. Pas étonnant ensuite que les citoyens soient aussi remontés contre l'Europe. Déjà qu'en France les politiques sont complètement éloignés des préoccupations des citoyens "lambda", au niveau Européen cela paraît une maladie au stade terminal...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 21/12/2016 - 17:09 - Signaler un abus Bof....

    Ça ne fait que confirmer ce qu'on savait déjà ......C'est du même tonneau que son attitude vis à vis de Bachar '.... .mais ça fout quand-même la honte !!

  • Par superliberal - 22/12/2016 - 12:52 - Signaler un abus Le non-président

    Hollande n'a jamais été président, il voulait juste la place... Qu'est ce qu'on peut bien attendre de positif d'un socialiste quoiqu'il en soit ? Résultat: La France est inaudible, les Allemands qui ont eu le courage de faire des réformes font la loi et c'est bien naturel car eux respectent les traités.Le faites ce que je dis mais pas ce que je fais à la mode Française ne fait plus illusion....

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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