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Et si on décidait d’aller bien ?

L’enquête Ipsos/Le Monde, sortie hier, dresse un portrait bien démoralisant de la société française. C’est juste. Mais dans ce magma de défaitisme, ce sont les jeunes, analysés par Mediaprism pour la revue "Jeunesse" d’Influencia qui sort aujourd’hui, qui nous apportent un rayon d’optimisme.

Editorial

Publié le

A l’heure où tous les maux de la société semblent s’être donnés rendez-vous, nous nous accoutumons aux mauvaises nouvelles et au pessimisme ambiant. Si nous regardons les grandes tendances de la dernière enquête Ipsos/Le Monde, elle confirme ce que nous savons ou présupposons : repli sur soi, critique de la mondialisation, critique des élites politiques comme médiatiques, relents xénophobes, etc.

Nous nous enfonçons dans une auto-flagellation permanente. Nous réussissons le tour de force qui consiste à être toujours orgueilleux tout en manquant de plus en plus de confiance en nous : l’objectif n’est plus de réduire le chômage, mais de stopper sa hausse ; l’objectif n’est plus de créer de la croissance mais d’éviter la récession ; l’objectif n’est plus de construire l’Europe, mais d’empêcher son explosion.

Faute de grives …

Alors, si cette confiance en nous collective s’effrite, chacun cherche à préserver sa confiance en soi. En effet, plus nous avons le sentiment d’être pris dans l’engrenage, plus nous cherchons un découplage entre nos propres vies et celle du groupe, de l’ensemble, de la nation, ce qui peut aussi expliquer le repli individualiste. Dès lors, tout en rêvant encore de l’Etat providence comme on attend le messie, on s’en remet de plus en plus à notre soi providence. Lorsque le sentiment général est celui de l’épidémie de morosité, ce n’est plus le malade, mais soi-même que l’on cherche à mettre en quarantaine, en quarantaine protectrice. On oublie effectivement trop souvent que la perception de la moyenne n’est pas la moyenne des perceptions : chacun cherche à aller mieux que la moyenne qu’il ressent. Et lorsque la croissance est nulle, l’autre devient nécessairement concurrent davantage que partenaire. Dès lors, mécaniquement, je manque de ce que tu as. Lorsque la société devient une société du pilori et des boucs-émissaires, l’autre devient un concurrent avec lequel il faut partager un gâteau dont chaque part se réduit comme peau de chagrin.

Alors que faire ? : avoir 20 ans !

En effet, et peut-être paradoxalement à l’heure d’une époque de défis, de doutes, de chômage des jeunes, de dette pérenne, de manque de vision, de frilosité, de conflits, de rejets, d’angoisses. … les jeunes nous donnent régulièrement des leçons d’optimisme si on veut bien les regarder. A l’occasion de la sortie aujourd’hui de la revue « Jeunesse » d’Influencia, Mediaprism a compilé et analysé une dizaine d’études d’opinion réalisées courant 2012 en réalisant un focus auprès des jeunes . Le constat qui en ressort est très clair, peut-être contre-intuitif mais réconfortant : les jeunes ont le moral ! 

Dans une de ces enquêtes (fin décembre 2012), si 32% seulement de l’ensemble de l’échantillon se déclare optimiste pour l’année à venir (et 68% pessimistes), les jeunes, eux, sont majoritairement optimistes ! (certes de justesse, mais plus d’un sur deux : 52%). Ce moral est même encore plus positif sur un plan qui pourtant incarne tous les défis : le plan professionnel. Sur ce registre, ils sont 65% à être optimistes pour 2013 (versus 52% de pessimisme auprès des autres classes d’actifs). Et ceci ne repose pas uniquement sur une méthode Coué pour se rassurer en pensant à l’avenir : interrogés sur l’année 2012, si 56% de l’ensemble des Français accordent une mention "Très bien" ou "Assez bien" à l’année 2012 sur le plan professionnel, ce chiffre passe à 63% chez les 20-30 ans. Et "sur le plan personnel", le compteur monte même à 80% d’optimisme pour l’année qui s’ouvre !

 
Commentaires

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  • Par pemmore - 29/01/2013 - 14:47 - Signaler un abus Bonne analyse,

    20 ans c'est l'àge de mes enfants, de leurs copains et copines, et tous ceux qui ont envie de bosser ils bossent, font des projets acceptent des métiers peu reluisants ou d'émigrer provisoirement dans d'autres régions. un exemple intéressant ,avant tous les petits boulots comme le ménage étaient squattés par des Africains, maintenant ces travaux qu'on négligeait sont pris par des jeunes. Et tous ces bac+x qui reprennent des métiers manuels! C'est tout un pays qui se met au boulot.

  • Par Gengis - 29/01/2013 - 15:44 - Signaler un abus Ah! le bonheur ... à la bonne heure !

    "Le bonheur n'est pas un évènement, c'est une aptitude" écrivait Marcelle Auclair. Ainsi l'aptitude se construirait-elle d'une volonté à la laisse éclore ? Si la foi est une grâce, l'aptitude l'est-elle aussi ? "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas déjà trouver" suggérerait que la foi et moins une grâce qu'une quête et, ainsi, l'aptitude pareillement ?

  • Par Salaudepatron - 29/01/2013 - 16:15 - Signaler un abus Le monde à portée de main...

    Avoir 20 ans Oui... mais surtout aller voir derrière les frontières Françaises, pour s’épanouir dans des pays où le travail et le mérite son reconnus à leur juste valeur, où l’on peut avoir envie de réussir et de bien gagner sa vie, sans être immédiatement taxé à des niveaux stratosphériques, en se faisant simultanément traiter de salaud égoïste ! La France a tout pour permettre de bien vivre... sauf un « modèle social » éculé, démotivant au possible et qui ne parvient même plus à aider ceux qui en auraient vraiment besoin. Regardez ce qu’a fait Flamby depuis 10 mois... des taxes à tous les étages, une économie grippée par son délire fiscal et quelle amélioration pour les plus pauvres réellement dans le besoin ??? Rien... Il n’a de Gauche que sa haine des riches !!!

  • Par Gengis - 29/01/2013 - 17:07 - Signaler un abus @ Salaudepatron ...

    Ainsi qu'on résume un accord total, de nos jours et sur la Toile : +1 :)

  • Par pidmerd - 29/01/2013 - 17:30 - Signaler un abus 52 %

    52 % d'optimistes. Ben, avec çà ! C'est peut-être ceux qui ont voté pour SUPER NORMAL 1er, histoire de voir à quoi ressemblait le socialisme. Et bien ils sont servis ! Ils sont optimistes pour le travail : les diplomés filent dare-dare à l'étranger quant aux autres ils peuvent toujours compter sur papa/maman, ce que notre génération ne pouvait pas se permettre. Il sont pour la diversité : quand leurs revenus seront taxés tous azimuts pour entretenir l'immigration, ils changeront sûrement d'avis. Cet article n'est pas réaliste car s'adressant à des jeunes qui n'ont aucune expérience de la vie (et qui se savent pas ce qui les attend).

  • Par carabène - 29/01/2013 - 17:39 - Signaler un abus Mi-figue...

    « ...repli sur soi, critique de la mondialisation, critique des élites politiques comme médiatiques, relents xénophobes, etc. « Nous nous enfonçons dans une auto-flagellation permanente ». Entre les deux lignes, même si nous changeons de paragraphe, l’absence de transition crée un lien paradoxal entre l’insatisfaction et l’auto-flagellation. Le repli sur soi doit faire réviser une trop grande ouverture aux autres, un marché de dupes par exemple au niveau économique par manque de réciprocité entre « partenaires » commerciaux. La critique des élites est plus que légitime, entre les politiques qui ne font pas ce qu’il faut depuis trente ans au moins et les journalistes qui prennent le pas sur les évènements (trop de subjectivité et de panurgisme) ? Dans cette liste seuls les relents xénophobes sont à condamner. Quant à l’auto-flagellation, le mot-valise est si galvaudé que c’est presque parler pour ne rien dire.

  • Par carabène - 29/01/2013 - 17:39 - Signaler un abus mi-raisin.

    Les Français « orgueilleux » ? Non ! ce sont aussi les autres qui prétendent que nous sommes prétentieux, arrogants alors que comme tous les peuples nous tenons seulement à nos particularités, ni plus ni moins que les autres nations ! Le manque de confiance n’est-il pas seulement une expression de lucidité ? Le reste de l’analyse ne me convient pas du tout non plus, en particulier l’antagonisme entre groupe et individu. Par contre, le tableau qui est fait de la jeunesse apporte du neuf alors que les Cassandre prédisent qu’ils vont tous partir à l’étranger... et comme par hasard, ce sont les mêmes qui voudraient nous culpabiliser quand les managers à millions quittent le navire... Bien sûr que la vie continue, que l’espoir demeure à condition d’avoir prise sur la mondialisation, pour ne pas la subir, pour plus de justice, de morale, de fraternité.

  • Par BOUM - 30/01/2013 - 00:15 - Signaler un abus je vais bien, tu vas bien...

    Voilà une remarquable idée de notre ami le professionnel des médias et des enquêtes d'opinion. C'est le nouveau paradigme: décréter que tout va bien et tout s'arrangera par miracle ! Encore un joli exemple du décrochage de nos élites par rapport à la réalité des Français. A moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle lubie utopiste socialo-centrée. Je propose d'aller en discuter avec les chômeurs récemment bernés par les illusionnistes au pouvoir.

  • Par Glop Glop - 30/01/2013 - 00:34 - Signaler un abus Optimiser?

    Il faudrait dans ce cas qu'Atlantico revoit ses titres qui font souvent penser à des "y'a t'il ..." style Zucker-Bruckheimer à répétition et qui ne sort pas un seul titre positif de quoi que ce soit sur n'importe quoi... il y a en quelque sorte toujours un mais juste histoire d'assombrir plus que nécessaire pour...? Croire faire réagir? Mais je dis Atlantico, j'aurais pu dire aussi n'importe quel autre titres lancés par n'importe quel média orienté dans un sens ou dans un autre. Heureusement que les entrepreneurs ne tiennent pas trop compte de la météo médiatique, il n'y aurait plus d'entrepreneurs et les syndicats ne pourraient plus traiter les patrons de pourritures sans même savoir ce qu'est prendre un risque, de décider de sa vie autrement que de dépendre seulement de la capacité à faire ou réaliser des autres. Pour optimiser et rendre optimiste notre société, la relever et la booster, il faudrait surtout mettre les neuneus nationaux à balayer et passer la serpillière quand nos jeunes têtes efficaces et bien faites acceptent de faire cette part des choses alors qu'ils ont accepté de se soumettre aux règles de base de la société: écouter, apprendre, bouger, créer, faire.

  • Par 20dicte - 30/01/2013 - 09:39 - Signaler un abus allez prêcher ça à ceux qui

    allez prêcher ça à ceux qui sont partis et ceux qui ont décidé de bien s' en aller

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Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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