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Et maintenant, la Libye : la Russie avance un nouveau pion pour son retour en force en Méditerranée

Tandis que la communauté internationale suit le développement du sommet d'Astana, dédié au conflit syrien, c'est au tour de la Libye d'être au cœur des intérêts de la Russie. En soutenant un opposant au gouvernement de Tripoli, le Kremlin annonce son retour en méditerranée.

Partie d'échec

Publié le - Mis à jour le 27 Janvier 2017
Et maintenant, la Libye : la Russie avance un nouveau pion pour son retour en force en Méditerranée

Après le théâtre syrien, la Russie semble également se préoccuper de plus en plus clairement de la situation en Libye, en apportant son soutien au Maréchal Haftar, reçu deux fois à Moscou, et principal opposant au gouvernement libyen pourtant lui même reconnu par la communauté internationale. Comment interpréter cette nouvelle donne en Méditerranée, quelles en sont les implications ? 

La Russie est très inquiète des déstabilisations héritées des printemps arabes de 2011. La Libye lui a laissé un mauvais souvenir en raison de la résolution n°1973 de l’ONU qu’elle a accepté de laisser passer en s’abstenant. En effet, elle a été largement dépassée dans ses buts déclarés par les pays qui sont intervenues, la France, la Grande-Bretagne et, par derrière les USA, mais sans eux rien n’aurait été possible techniquement. Pour mémoire il n’était pas question de faire chuter le colonel Kadhafi mais de protéger les populations civiles.

La « communauté internationale » que Moscou tient désormais en piètre estime -du moins pour la partie considérée comme faisant le jeu de Washington- soutient effectivement le Gouvernement d’Union Nationale (GUN) présidé par Fayez El-Sarraj. Ce dernier est obligé de s’appuyer sur les milices salafistes de Misrata pour deux raisons :

primo : lutter contre Daech,

secundo : assurer sa propre protection, particulièrement à Tripoli où il est installé.

La Chambre des représentants qui siège à Tobrouk n’a toujours pas reconnu le GUN malgré toutes les pressions qui pèsent sur elle. Ses forces militaires (l’Armée nationale libyenne -ANL-) commandées par le maréchal Khalifa Haftar (promu à cette dignité en septembre 2016) ont reconquis à l’été 2016 le croissant pétrolier de Zueiteina, Brega, Ras Lanouf et El-Sidra en chassant la milice Petroleum Facilities Guard (PFG) d’Ibrahim el-Jadrane. Par ailleurs, elles interviennent actuellement dans le Fezzan pour contrer les milices de Misrata qui y ont été dépêchées pour tenter d’y asseoir leur autorité. Ces dernières y ont été dépêchées pour théoriquement ramener la paix entre les tribus locales, essentiellement des Toubous et des Touarègues, qui se livrent traditionnellement à tous les trafics dont le premier est la contrebande vers les pays voisins, Algérie, Niger et Tchad. Pour ajouter au désordre ambiant, Daech qui a été chassé de Syrte par les milices de Misrata appuyées par les Américains est présent en plusieurs points du territoire libyen. Son vrai opposant, c'est Al-Qaida "canal historique" et ses groupes affiliés plus ou moins officiellement.

Pour Moscou, le maréchal Haftar est donc celui qui a la puissance nécessaire pour ramener un semblant d’ordre sur une partie de la Libye, surtout en Cyrénaïque et peut-être une partie du Fezzan. La reprise presque complète de Benghazi sur les milices islamistes au début 2017 semble conforter cette opinion. Il a aussi un atout prioritaire, c’est un « laïque ». Et enfin, il est adossé à l'Égypte du maréchal Sissi qui lui apporte aide et soutien matériel.

 
Commentaires

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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 24/01/2017 - 08:32 - Signaler un abus Poutine est crédible lui !!

    Il dit ce qu'il fait.... et il fait ce qu'il dit !! C'est pour ça qu'il a un certain crédit auprès des pays arabes qui n'ont plus aucune confiance dans ce que disent les occidentaux.... Car après avoir foutu le bordel dans ces régions se tirent et laisse aux autres le soin de faire le job.... Et bien une fois de plus, Poutine va achever le boulot. Qui va s'en plaindre !!

  • Par clint - 24/01/2017 - 13:32 - Signaler un abus Heureusement qu'il y a la Chine !

    Au moins la Chine est un pays d'avenir par sa population, ses industries et son niveau de vie qui, lui, grimpe en flèche !

  • Par D'AMATO - 24/01/2017 - 13:40 - Signaler un abus POUTINE:UNE SEULE PAROLE = une action....

    OCCIDENT: verbiage+verve inconsistante+droidelhomisme acéré=action nulle ou disproportionnée

  • Par vangog - 24/01/2017 - 14:09 - Signaler un abus L'UE et son indignation à géométrie variable

    type Moguerrini-la bécasse n'en ont plus pour très longtemps. Il paraît évident que cette diplomatie de phoque à la Fabius-Zéro est totalement larguée, aujourd'hui! les russes ont raison d'avancer leurs pions, là où l'UE est faible. L'erreur française en Lybie est d'avoir voulu reproduire le système bicéphale français dans un pays à peine sorti de la dictature. Ce pays a besoin d'un homme fort afin de mater les tribus rebelles et les apprenti-jihadistes, et ce type de pouvoir ne se partage pas. La Russie, à la diplomatie plus moderne et plus efficace a compris l'intérêt de dialoguer avec Haftar. Mais lorsque l'union des patriotes européens aura rendu son pouvoir au peuples d'Europe, alors l'Europe ira parler à Haftar. Et elle sera capable de défendre ses intérêts au Moyen-Orient et en Afrique sans y provoquer le chaos, ni se servir de l'armée francaise comme de vulgaires mercenaires au service des tyrans de l'internationale-progressiste...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 24/01/2017 - 15:30 - Signaler un abus @vangog

    Je ne voudrais pas paraître désagréable, Mais pouvez-vous me dire où et à quelle époque le peuple à eu le moindre pouvoir ?? C'est toujours ce qu'essaient de faire croire les dictateurs pour arriver au pouvoir et le confisquer..... Malheureusement le peuple n'est jamais souverain.... Mais il est souverainement.. CON..! Et je l'assume car j'en fais partie.

  • Par vangog - 24/01/2017 - 17:12 - Signaler un abus @Paulquimousse vous n'êtes pas désagréable du tout!

    Pour vous répondre, il est inutile de s'éloigner très loin de la France...je l'évoque souvent, et vous n'entendrez jamais évoquer cet exemple dans les medias gauchistes, qui préfèrent donner des leçons, plutôt qu'en recevoir, mais la Suisse est un état fédéral depuis 1848, qui a échappé aux guerres nationalistes et droidelhommistes, grâce à sa neutralité, et dont les habitants jouissent d'une prospérité double ou triple de celle de la France. Par incapacité à regarder ailleurs que leur nombril gauchiste et une certaine forme de xénophobie, les dirigeants français se sont refusés à voir les excellents exemples des pays ou régions proches: système de sécurité sociale d'Alsace-Moselle, cogestion allemande, fédération et votations suisses, démocratie anglaise dont la chambre des communes est un miracle de simplicité et d'efficacité, à comparer au blablatage de notre parlement et à son inefficacité totale...dans tous ces pays, le peuples ont su imposer des modèles de gouvernance favorables à la majorité...dans les pays d'influence arabe, ce sont les minorités qui imposent leur loi à des pantins lubriques, et n'ont, pour seule solution à leurs échecs répétés, que d'augmenter la pléthore

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 24/01/2017 - 18:27 - Signaler un abus @vangog

    Vous avez raison de citer ces véritables démocraties, mais même en Suisse et bien que le peuple soit régulièrement consulté, le véritable pouvoir est entre les mains de technocrates et de businessmans comme en Grande Bretagne, et comme chez nous.

  • Par vangog - 25/01/2017 - 10:40 - Signaler un abus @Paulquimousse si les technocrates et businessmans sont

    contrôlés (vraiment) par le peuple, personne ne.y retrouvera à redire...mais lorsque Pénélope est prise, la main dans le voile de la corruption, alors elle et son Fillon-Ulysse de mari doivent démissionner fissa, car le peuple ne supporte plus cette corruption, non?...

  • Par vangog - 25/01/2017 - 10:42 - Signaler un abus Erratum (et tant pis pour la Maghrébine!)...

    "businessmen", evidemment!

  • Par Stargate53 - 25/01/2017 - 14:30 - Signaler un abus Au moins, il y a un qui agit !

    La Libye est le nouveau champs d'action de Daesh alors il faut agir pour casser cette action d'un mouvement islamiste mortifère. Plutôt que de contester Poutine, il faudrait y aller pour éradiquer cette peste verte avec fermeté et efficacité !

  • Par Stargate53 - 25/01/2017 - 14:32 - Signaler un abus Assez de verbiage diplomatique !

    A trop hésiter les autres s'affirment alors qu'attendent les occidentaux ! Se plaindre d'être mis de côté, pauvres de nous ! On ne combat pas le diable avec de la bonne volonté et de la peur !

  • Par tubixray - 25/01/2017 - 16:56 - Signaler un abus Vladimir le bienfaiteur ?

    Certes non mais il semble avoir un certain talent à dégager les adeptes de l'islam totalitaire après que les européens aient tant applaudi et dansé autour du "printemps" arabe ......Jusque dans les chiottes disait il ... ça c'est de la méthode monsieur !

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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