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Et Macron sortit de l’enfer de l’impopularité : retour sur ces précédents historiques où l’opposition avait (quasi) disparu

Selon un sondage IFOP pour Paris Match, la popularité d'Emmanuel Macron est en hausse. Il y aurait désormais un Français sur deux satisfait de son action. Une situation qui s'explique notamment par la faiblesse de l’opposition.

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Le voilà bien le constat que l’on peut tirer : peu ou pas d’opposition, des oppositions « dispersées aux quatre coins de l’Assemblée façon puzzle » (« Les Tontons… » sic), et le gouvernement « règne » sans trop d’obstacles, au moins parlementaires… voire sociaux du 1er février 1956 au 21 mai 1957 : 474 jours quand la durée de vie moyenne des gouvernements sous la IVème est de 270. On peut multiplier ensuite les exemples : de juin 1958 à mi-1959 et même encore jusqu’aux Accords d’Evian (18 mars 1962), le Général de Gaulle n’a face à lui que quelques opposants irréductibles : le PCF (et encore… : la situation est subtile et assez critique pour le PCF en proie à un vrai débat interne dans la fin de « l’ère Thorez » dont Laurent Casanova et Marcel Servin feront les frais d’ailleurs) ; Mitterrand (et encore… : le « scandale de l’Observatoire » va manquer de l’abattre politiquement de peu…) ; Mendes-France (et encore… : il boude dans son coin et tout le monde l’ignore) et quelques « seconds couteaux » : Hernu, Savary, Dumas, etc.

Il faut attendre le « coup du référendum » sur le mode d’élection du président de la République au suffrage universel, en octobre 1962 pour voir se reformer un « Cartel des Non » dans lequel on compte même jusqu’à un Paul Reynaud pour qu’un semblant d’opposition unie se forme… Mais comme le référendum du 28 octobre 1962 se solde, avec une abstention tout à fait « recevable » de 23,03%, par un score plutôt médiocre de 37,75% pour le « Non », les oppositions se fragmentent de nouveau aussitôt tant il est plus simple (mais bien plus éphémère) de former des « coalitions négatives » que des « alliances programmatiques ». En juin 1968, après le « raz de marée » gaulliste des législatives anticipées consécutivement aux « événements de Mai », il n’y a pour ainsi dire plus aucune opposition au gouvernement Couve de Murville. Et il va falloir attendre le Programme commun de la Gauche en 1972, après la refondation du PS au congrès d’Epinay de 1971 pour que se reforme une « alternative politique » crédible qui, en dépit des hauts (municipales de 1977) et des bas (législatives de 1978) aboutira à la victoire de Mitterrand le 10 mai 1981. Entre cette victoire et les municipales de 1983, l’opposition « chiraco-barriste » (elle-même divisée) ne va pas exister en dehors d’une guérilla parlementaire nerveuse et vive mais limitée quand même. C’est le retour de la « guerre scolaire » en 1984 qui va doper les « droites » françaises et engager le processus de retour à l’Assemblée d’une majorité de droite en mars 1986 pour une première cohabitation tendue. Même traversée du désert oppositionnel pour le PS entre 1993 et 1997… Qu’on s’en souvienne : les « Guignols » montraient un Lionel Jospin dans la voiture de « Oui-Oui » et avaient surnommé cette marionnette : « Yo-Yo au pays des idées » montrant ainsi que le PS était en panne de sens et en panne d’idées… Et pour faire bonne mesure, même si Jacques Chirac occupait l’Elysée entre 1997 et 2002, l’opposition parlementaire entre les épisodes des Européennes de 1999 (une séquence totalement ridicule entre Séguin et Sarkozy et la dissidence Pasqua-de Villiers) et la perte en mars 2001 de la mairie de Paris normalement imperdable (défaite de Séguin, cavalier seul de Tibéri, incapacité à régler le dossier de « sa » mairie par Chirac) montrent bien que la droite a pu connaitre, elle aussi, des temps de profonde dépression politique. Si nouveauté il y a, depuis le 7 mai 2017 et la victoire de Macron, c’est que désormais ce sont la droite et la gauche ensemble, conjointement, qui errent comme des canards sans tête… Oppositions certes mais surtout opposées à elles-mêmes et entre elles !

 
Commentaires

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  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:40 - Signaler un abus LE ROI DE LA COM

    grimpe dans les sondages non pas à cause de l'application du non-programme et du flou artistique de sa campagne mais grâce au ralliement d'une partie des électeurs de la droite, à des déclarations "populistes " du style des propos qu'il a tenu récemment à une Marocaine :["On aide les gens quand ils sont malades. Mais je ne peux pas donner des papiers à tous les gens qui n’en ont pas. Sinon comment je fais avec les gens qui sont déjà là et qui n’arrivent pas à avoir un travail ? Donc il faut protéger les gens très faibles qui sont en insécurité chez eux, mais si vous n’êtes pas en danger, il faut retourner dans votre pays. Au Maroc, vous n’êtes pas en danger"] (et là , il nous prend vraiment pour des billes), et aux projets de bon sens de JM Blanquer sur l'école, une manière de détourner l'attention. Quand à E Philippe ,il me fait penser à F Fillon sous Sarkozy, un1er ministre absent des médias, type "fantôme". Fillon aussi aussi jouissait d'une bonne popularité sous Sarko. Etant donné le nombre de Français qui ont approuvé et voté pour le programme de Macron, je doute que le fait d'appliquer son programme le valorise beaucoup. A quand Le retour de bâton, ça commence déjà dans

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:40 - Signaler un abus LE ROI DE LA COM suite

    9a commence déjà dans les ra

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:43 - Signaler un abus OUPS

    je reprends : les critiques et les défections commencent déjà dans les rangs de son propre (futur) parti, et rien n'est pire qu'un ex qui a le sentiment de s'être fait roulé dans la farine ......

  • Par Vincennes - 07/12/2017 - 12:03 - Signaler un abus IFOP pour P.MATCH !!!! quelles références !!!!

    c'est comme le JDD, TOUS bien trop proches des "Macron" qui sur tous les sites ne semblent, pourtant pas, être appréciés. Attendons d'autres sondages .....à moins qu'eux aussi aient été "achetés"...... ARRETEZ de nous ENFUMER svp et que SANARES reste sur BFMTV pour donner ses sondages plutôt que sur le service public......idem pour Jeudy, invité récurrent de ROUX "miss bouclette/talonnettes" "C dans l'air" alors qu'il est TOUS les SOIRS sur BFMTV !!! Bientôt le service public sera une SUCCURSALLE de BFMTV (écurie Drahi) !!!

  • Par cloette - 07/12/2017 - 13:49 - Signaler un abus Sondages+matraquage des images

    sont les deux mamelles de la réussite à des élections .Ce sont les médias qui FONT les rois, et qui SONT le vrai pouvoir

  • Par Ganesha - 07/12/2017 - 15:49 - Signaler un abus Bas de la page 4...

    En bas de la page 4 : ''Fillon le plus mauvais candidat pour la droite''. Bravo et merci Mr. Pétaux ! Pour être aimable, je dirai que votre article est un peu plus pertinent que d'habitude ! Personnellement, j'attache moins d'importance que vous aux accords entre partis, aux ''ralliements'', et encore moins aux ''programmes communs''. L'avenir ? Je dirais : un événement, une question, une réponse ! Trois hypothèses : une explosion sociale, type Mai 68, contre le chômage et la pauvreté, ou alors, un krach boursier avec effondrement de l'euro. Je serais très étonné qu'une de ces deux opportunités ne se présente pas avant 2019. Dans ce cas, il y aura la campagne pour les élections européennes. C'est mon rêve : les français confrontés à de vraies questions et avoir réellement le droit de décider !

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 17:52 - Signaler un abus MERCI VINCENNES

    j'avais zappé le "IFOP pour paris match", le magazine le plus Macron- bibiche de l'année 2017. Déjà le mot IFOP me fait généralement mourir de rire mais Paris match en plus !! là c'est trop.

  • Par pierre de robion - 07/12/2017 - 21:58 - Signaler un abus Je vous la fais courte!

    - Quel danger voyez-vous? -Aucun, et c'est ce qui m'inquiète!

  • Par Vincennes - 08/12/2017 - 00:31 - Signaler un abus et maintenant on nous vend "l'amitié des MACRON/HALLIDAY"

    qui va lui faire gagner des points entend t'on !!!!! Une amitié de qq mois !!! ne serait ce pas plutôt de l'OPPORTINISME ? car, là, il est très fort Jupiter

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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