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Et Macron sortit de l’enfer de l’impopularité : retour sur ces précédents historiques où l’opposition avait (quasi) disparu

Selon un sondage IFOP pour Paris Match, la popularité d'Emmanuel Macron est en hausse. Il y aurait désormais un Français sur deux satisfait de son action. Une situation qui s'explique notamment par la faiblesse de l’opposition.

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L’autre argument que l’on peut avancer pour expliquer la remontée sondagière de Macron est la faiblesse non pas de « son » opposition mais de « ses » oppositions. On le sait elles sont au moins 5 principales : Les Républicains ; le Parti Socialiste ; La France Insoumise ; le Parti Communiste et le Front national (non pas en termes de voix obtenus à la présidentielle mais en nombre de députés élus). Mais chacune de ses formations est parcourue de tensions plus ou moins fortes les minant de l’intérieur.

La palme revient ici à LR en pleine crise interne pour l’élection de sa présidence. Lire à ce sujet l’excellent ouvrage de Patrick Stéfanini, « La Déflagration »). Le PS est jeté à l’encan (son  siège, ses leaders, son projet). FI multiplie les erreurs de communication et les problèmes idéologiques en son sein (telle que la question de laïcité) ne sont pas apaisés du tout. Inutile d’évoquer la situation du FN entre le départ de son idéologue en chef Philippot et la quasi-dépression (politique s’entend) de sa présidente. Autrement dit LREM est majoritaire devant une opposition fragmentée, éclatée, parcourue de forces centrifuges, sans programme et avec des leaders qui ne sont plus au « bord de la crise de nerfs » comme dirait Pedro Almodovar, mais carrément dedans. Entre les délires de Mélenchon, les désirs de Wauquiez, les déboires de Le Pen et les défroques des socialistes dont on ne connait le nom des administrateurs provisoires que lorsque l’un de ses cadres énervés poste un tweet odieux… cela fait beaucoup de déclinants et de déboussolés.  Est-ce là la principale cause du score de Macron ? C’est une des causes incontestablement. Parce qu’il est forcément plus simple de « régner » en l’absence de solution alternative crédible pouvant prétendre occuper le pouvoir rapidement.

Ce type de situation où une ou des oppositions ont été tellement faibles, s’est déjà produite dans des situations politiques passées. La majorité d’alors a pu donner le sentiment de « gouverner par défaut » une sorte de « Désert politique des Tartares », scrutant, tel le lieutenant Drogo, le héros de Buzzati, une opposition qui ne semble jamais devoir venir. Sous la IVème République, dans les premiers mois des « événements de la guerre d’Algérie », jusqu’en 1957 au moins, les oppositions gaullistes et communistes au gouvernement Mollet par exemple vont être très faibles. D’une part parce qu’un réel consensus (y compris du côté du PCF) se constitue par exemple pour voter (ou s’abstenir sur) les « pouvoirs spéciaux » au gouvernement et même pour envoyer le « contingent » (les Appelés) à partir de mars 1956 en Algérie. Le résultat de cet état de fait politique ne va pas tarder à produire ses effets. Le gouvernement de « Front Républicain » conduit par le « patron » de la SFIO Guy Mollet, en dépit par exemple des départs d’Alain Savary (sur la question, entre autre, de l’usage de la torture) ou du retrait de Pierre Mendes-France, ministre d’Etat sans portefeuille et véritable « cocu » des élections de janvier 1956, le cabinet Mollet donc va battre tous les records de longévité de la IVème République. D’autant que des gaullistes y siègent, tels Jacques Chaban-Delmas ou Maurice Lemaire (au titre du CNRS), alors qu’un Michel Debré continue dans son intransigeante opposition à « militer » pour la fin de la  IVème République et le retour du « Sauveur »,  le Général évidemment.

 
Commentaires

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  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:40 - Signaler un abus LE ROI DE LA COM

    grimpe dans les sondages non pas à cause de l'application du non-programme et du flou artistique de sa campagne mais grâce au ralliement d'une partie des électeurs de la droite, à des déclarations "populistes " du style des propos qu'il a tenu récemment à une Marocaine :["On aide les gens quand ils sont malades. Mais je ne peux pas donner des papiers à tous les gens qui n’en ont pas. Sinon comment je fais avec les gens qui sont déjà là et qui n’arrivent pas à avoir un travail ? Donc il faut protéger les gens très faibles qui sont en insécurité chez eux, mais si vous n’êtes pas en danger, il faut retourner dans votre pays. Au Maroc, vous n’êtes pas en danger"] (et là , il nous prend vraiment pour des billes), et aux projets de bon sens de JM Blanquer sur l'école, une manière de détourner l'attention. Quand à E Philippe ,il me fait penser à F Fillon sous Sarkozy, un1er ministre absent des médias, type "fantôme". Fillon aussi aussi jouissait d'une bonne popularité sous Sarko. Etant donné le nombre de Français qui ont approuvé et voté pour le programme de Macron, je doute que le fait d'appliquer son programme le valorise beaucoup. A quand Le retour de bâton, ça commence déjà dans

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:40 - Signaler un abus LE ROI DE LA COM suite

    9a commence déjà dans les ra

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 11:43 - Signaler un abus OUPS

    je reprends : les critiques et les défections commencent déjà dans les rangs de son propre (futur) parti, et rien n'est pire qu'un ex qui a le sentiment de s'être fait roulé dans la farine ......

  • Par Vincennes - 07/12/2017 - 12:03 - Signaler un abus IFOP pour P.MATCH !!!! quelles références !!!!

    c'est comme le JDD, TOUS bien trop proches des "Macron" qui sur tous les sites ne semblent, pourtant pas, être appréciés. Attendons d'autres sondages .....à moins qu'eux aussi aient été "achetés"...... ARRETEZ de nous ENFUMER svp et que SANARES reste sur BFMTV pour donner ses sondages plutôt que sur le service public......idem pour Jeudy, invité récurrent de ROUX "miss bouclette/talonnettes" "C dans l'air" alors qu'il est TOUS les SOIRS sur BFMTV !!! Bientôt le service public sera une SUCCURSALLE de BFMTV (écurie Drahi) !!!

  • Par cloette - 07/12/2017 - 13:49 - Signaler un abus Sondages+matraquage des images

    sont les deux mamelles de la réussite à des élections .Ce sont les médias qui FONT les rois, et qui SONT le vrai pouvoir

  • Par Ganesha - 07/12/2017 - 15:49 - Signaler un abus Bas de la page 4...

    En bas de la page 4 : ''Fillon le plus mauvais candidat pour la droite''. Bravo et merci Mr. Pétaux ! Pour être aimable, je dirai que votre article est un peu plus pertinent que d'habitude ! Personnellement, j'attache moins d'importance que vous aux accords entre partis, aux ''ralliements'', et encore moins aux ''programmes communs''. L'avenir ? Je dirais : un événement, une question, une réponse ! Trois hypothèses : une explosion sociale, type Mai 68, contre le chômage et la pauvreté, ou alors, un krach boursier avec effondrement de l'euro. Je serais très étonné qu'une de ces deux opportunités ne se présente pas avant 2019. Dans ce cas, il y aura la campagne pour les élections européennes. C'est mon rêve : les français confrontés à de vraies questions et avoir réellement le droit de décider !

  • Par MIMINE 95 - 07/12/2017 - 17:52 - Signaler un abus MERCI VINCENNES

    j'avais zappé le "IFOP pour paris match", le magazine le plus Macron- bibiche de l'année 2017. Déjà le mot IFOP me fait généralement mourir de rire mais Paris match en plus !! là c'est trop.

  • Par pierre de robion - 07/12/2017 - 21:58 - Signaler un abus Je vous la fais courte!

    - Quel danger voyez-vous? -Aucun, et c'est ce qui m'inquiète!

  • Par Vincennes - 08/12/2017 - 00:31 - Signaler un abus et maintenant on nous vend "l'amitié des MACRON/HALLIDAY"

    qui va lui faire gagner des points entend t'on !!!!! Une amitié de qq mois !!! ne serait ce pas plutôt de l'OPPORTINISME ? car, là, il est très fort Jupiter

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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