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Et l’Iran et l’Arabie saoudite se trouvèrent un nouveau champ de bataille, l’économie

Aujourd'hui avec la normalisation des relations de l'Iran avec l'Occident, chute du cours du pétrole pour l'Arabie Saoudite et réformes pour diversifier l'économie, est-ce que les deux pays ne risquent pas de se confronter à nouveau pour l'hégémonie dans la région mais cette fois sur un autre terrain. Moins guerrier mais tout autant dévastateur, l'économie

Moyen-Orient

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Et l’Iran et l’Arabie saoudite se trouvèrent un nouveau champ de bataille, l’économie

Atlantico : L'Arabie Saoudite et l'Iran dans l'Histoire se sont toujours confrontés au Moyen-orient. Aujourd'hui avec la normalisation des relations de l'Iran avec l'Occident et la chute du cours du pétrole pour l'Arabie Saoudite, est-ce que les deux pays ne risquent pas de se confronter à nouveau pour l'hégémonie dans la région. Est-ce qu'une nouvelle confrontation, cette fois économique entre les deux pays est à prévoir ?

Thierry Coville : Je ne pense pas que la confrontation entre ces deux pays soit dans l'ordre naturel des choses. Les relations entre les deux pays sont passées par des hauts et des bas depuis la révolution. Elles étaient exécrables après la révolution car l'Ayatollah Khomeini considérait que la famille Saoud n'avait pas la légitimité pour garder les lieux saints. Elles s'étaient améliorées au début des années 1990 sous l'action du président Hashemi Rafsandjani. Elles se sont dégradées de nouveau depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

Depuis l'arrivée d'un gouvernement chiite en Irak et l'accord sur le nucléaire, les autorités saoudiennes exagèrent à mon avis l'emprise iranienne sur la région. La situation s'est récemment tendue fin 2015 avec la rupture des relations diplomatiques enter les deux pays suite à l'exécution d'un dignitaire chiite saoudien et l'attaque en Iran de l'ambassade saoudienne par des manifestants (depuis condamnés). Je ne pense pas qu'il va y avoir une confrontation économique. Au contraire, le récent accord de l'OPEP pour limiter la production pétrolière démontre que les deux pays se sont entendus pour faire remonter le prix du pétrole.

L'économie iranienne a bénéficié d'une croissance de 5% l'année dernière et devrait atteindre le même taux en 2017. Cette croissance s'explique bien évidemment par la levée de sanctions internationales ou encore l'acceptation de capitaux et d'investissements étrangers. Cette croissance a été rendue possible depuis l'accession en 2013 de l'Ayatollah Khamenei et les signes d'une franche volonté de normalisation des relations avec la communauté internationale se multiplient  comme le prouve la demande faite par Khamenei à l'ancien Ayatollah Ahmadinejad de ne pas se présenter aux législatives du printemps 2017.  Est-ce que tout cela a des chances de se maintenir dans le temps ? Quelles seraient les principales menaces qui feraient que la tendance s'inverse ?

C'est la question que tout le monde se pose. La croissance est repartie en Iran depuis 2016 parce que la production pétrolière est revenue à son niveau d'avant les sanctions. Est-ce que cela va se maintenir. Plusieurs scénarios sont possibles. Si l'Iran arrive à attirer un montant important et régulier d'investissements étrangers (les flux d'IDE en Iran n'ont été que de 2 milliards en 2015) et des réformes de structure se mettent en place, l'économie iranienne pourrait connaître une croissance régulière de 8% et l'Iran pourrait devenir un nouveau marché émergent. Sinon, l'économie iranienne pourrait avoir une croissance plus volatile dépendante de l'évolution du prix du pétrole. Plusieurs facteurs comme la volonté d'ouvrir l'économie des autorités, la modernisation des mentalités en Iran, la taille du marché intérieur laissent penser que la croissance pourrait être soutenue en Iran dans les prochaines années.

 
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Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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