Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 29 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Et vous, en tant qu’Européens, vous êtes plutôt Cologne, Calais ou Molenbeek ?

Ces trois villes sont emblématiques de ce qu’est devenue l’Union Européenne. Pour le pire.

Faites votre choix

Publié le
Et vous, en tant qu’Européens, vous êtes plutôt Cologne, Calais ou Molenbeek ?

C’est un sondage qui, en apparence, ne casse pas trois pattes à un canard: 53% des Britanniques sont pour un « brexit » une sortie de l’UE. Le plus intéressant ce sont les raisons de la progression de ce score : 34% des personnes interrogées disent avoir été influencées par les agressions sexuelles de Cologne et les sanglants attentats de Paris. Notons qu’il s’agit d’un pays-la Grande Bretagne- qui jouit déjà d’un statut dérogatoire : la livre sterling est toujours là, on continue à rouler à gauche, nombre de prescriptions normatives de Bruxelles ne traversent pas la Manche.

C’est dire si le sondage témoigne d’un rejet extrêmement fort de l’Europe en Grande Bretagne. 

Les Anglais voient ce qu’ils voient et entendent ce qu’ils entendent. Leurs télévisions ont leurs caméras braquées en permanence sur Calais. En boucle défilent les images de migrants attaquant des camions, envahissants le tunnel sous la Manche pour tenter de monter de force à bord de l’Eurostar. Et les Anglais se disent : « Quel bonheur d’habiter une île ! »

Les Anglais entendent les noms et voient les têtes de ceux qui ont assassiné à Paris en janvier 2015 puis en novembre. Leurs tabloïds n’ont jamais fait dans la dentelle. Des photos de Coulibaly et des frères Kouachi : « C’est ça la France, c’est ça l’Europe? » L’image de Yassin Salhi qui a décapité son patron dans l’Isère a eu, elle aussi, beaucoup de succès dans la presse britannique avec ce message subliminal : «  Vous avez envie d’être français, vous avez envie d’être européen comme le sont les Français? ». Sans oublier non plus Molenbeek, localité belge célèbre en tant que pouponnière de djihadiste et bien sur Cologne avec ses scènes immondes. Pas sur que les Anglais fassent vraiment la différence entre migrants et immigrés…

Aujourd’hui, l’Europe a sale gueule. Une gueule à justifier tous les contrôles au faciès. Elle apparait sous les traits grimaçants des djihadistes assassins. Elle a la tête de migrants obsédés sexuels. Il s’agit là d’un changement radical dans la perception du rejet de l’Union européenne. 

Pendant longtemps, l’eurosceptique moyen épaulé par les souverainistes de gauche et de droite se contentaient de vociférer contre notre soumission à la commission de Bruxelles. On jugeait inacceptable qu’un organisme supra-national nous impose notre budget, insupportable que cet organisme dicte des cures d’austérité à la Grèce, à l’Espagne et au Portugal. Et les normes tatillonnes bruxelloises, venaient rajouter à ce désamour. Aujourd’hui, il s’agit de toute autre chose. De l’identité même de l’Europe. 

Le phénomène ne concerne pas que la Grande-Bretagne. Comme une lame de fond, il balaye tout le continent. Avec des vagues particulièrement fortes dans l’Europe post-communiste où nombre de dirigeants n’hésitent pas à parler comme Donald Trump: « Il faut contrôler les musulmans. » Pourquoi chez eux plus qu’ailleurs? Parce qu’après plus de 40 ans de communisme, leur identité européenne est relativement fraiche et ils y tiennent d’autant plus. Mais pour eux, l’Europe ça ne peut être ni Calais, ni Cologne, ni Molenbeek, ni Bobigny, ni Roubaix, ni Saint-Denis. On les qualifie d’anti-européens, ce qui est, pour le moins, une grande facilité journalistique. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par cloette - 19/01/2016 - 12:48 - Signaler un abus Pas les seuls

    Il y a les Slaves de l'Est qui eux ne sont pas à l'abri bien au chaud dans leur île, ils voient aussi les têtes coupées , la jungle de Calais , Molenbeck et St Denis , les attentats , Cologne et les pays du Nord, ils le voient éberlués, et anxieux des colonnes à leur porte ils ne sont pas contents du tout et se fichent qu'on les traite de fachos !

  • Par pale rider - 19/01/2016 - 12:59 - Signaler un abus +1 à Cloette

    Les pays de l'est (que je connais bien) étaient terrorisés par le "grand frere" russe . Ils avaient gardé de l'ouest une image fantasmée bloquée sur les années 50 . Le mur tombé, ils se sont précipités chez nous et là : désillusion ! :"que vous est il arrivé ???" nous disaient-ils . Pour eux le choc a été terrible . Ils sont maintenant dans le ni-ni : ni russes ni européens new age. Petite discussion récente avec un polonais naturalisé français depuis une dizaine d'année :"j'aime la France et je vote le Pen . Pour moi , un français qui ne vote pas Le Pen est un traître à sa patrie " .

  • Par Texas - 19/01/2016 - 13:18 - Signaler un abus Je vous recommande..

    ....un excellent article de Charles Gave et de la situation Polonaise sur le site Web de l' institut des Libertés . Vraiment .

  • Par Leucate - 19/01/2016 - 13:23 - Signaler un abus @pale rider - slaves et slaves

    Les slaves appartiennent à deux mondes, deux sous-ensemble du christianisme, le latin et le grec. L'Histoire des polonais, baptisés au X° siècle en même temps que les magyars et les scandinaves, est celle de l'Occident. Pour les slaves orthodoxes baptisés par les missionnaires byzantins qui leur apportèrent également l'écriture grecque adaptée au slavon, ceux du sud (youg),les serbes, les bulgares, les roumains, leur destin fut misérable. Conquis par les ottomans, ils subirent l'islam jusqu'à récemment, et ne se libérèrent que durant le XIX° siècle et 1908 pour la Bulgarie. Seul grand royaume orthodoxe libre face aux latins et aux musulmans, la Moscovie devenue Russie, siège du patriarcat orthodoxe indépendant et héritière de l'Empire Romain d'Orient dont elle porte le symbole, l'aigle bicéphale légué par mariage entre l'héritière impériale, Zoé Paléolologue, et le grand-prince de Moscovie Ivan III le Grand. Durant toute la période impériale, la Russie se considéra et se considère toujours comme la protectrice naturelle des orthodoxes en général et des slaves en particulier. L'empire Autrichien pour l'Occident était également en première ligne face aux Ottomans.

  • Par REVERJOVIAL - 19/01/2016 - 13:26 - Signaler un abus la paille et la poutre

    Les anglais contrairement à l'article sont mal placés pour nous faire la morale, il y n'a pas si longtemps les islamistes avaient pignon sur rue en criant des appels au meurtre contre les chiens occidentaux, les mosquées salafistes sont légions, il y au bas mot 3 millions d'adeptes de cette religion plein d'amour, et si les migrants veulent rentrer au RU c'est simplement pour retrouver leurs familles déjà installées et être pris en charge par leur législation trés sociale pour les demandeurs d'asile.

  • Par ISABLEUE - 19/01/2016 - 14:39 - Signaler un abus AUcun choix..

    ni Calais, ni Molenbeck , ni Cologne. Européenne d'abord, racines greco-latino-judéo chrétiennes. Tu ne tueras point, et tu n'emmerderas pas ton voisin. Tu ne tendras pas non plus la joue gauche, c'est dépassé.

  • Par pasdesp - 19/01/2016 - 14:57 - Signaler un abus Et pourtant c'etait une belle idée,

    mais maintenant tellement dévoyée, que si l'europe s'effondrait peu la pleurerait. Mme Merkel pourra peut être se vanter d'etre l'artisan ultime de sa chute. Un espace Shengen ouvert à"tous vents", les diktats et menaces merkeliens, Bruxelles toujours plus dictatorial pas de quoi faire réver. Et puis l'argument l'Europe garante de paix ......comme à calais, molenbeek, paris cologne

  • Par Borgowrio - 19/01/2016 - 19:45 - Signaler un abus Que fait le parlement européen

    Comment en est on arrivé la . Nos nombreux parlementaires européens devaient en principe entendre ceux qui les ont élus et les protéger . Alors pourquoi un tel décalage , là aussi .. Quand on voit , un José Bové , un Cohn Bendit et des centaines d'autres gauchistes élus bien légèrement par les peuples , on a un début de réponse

  • Par adroitetoutemaintenant - 19/01/2016 - 22:50 - Signaler un abus C'est l'histoire des dhimmis naturels qui se répète

    Ceux qui beuglaient avant la chute du mur « plutôt rouges que morts » sont les mêmes qui beuglent « plutôt muzz que morts ». Il y a ceux qui se battent pour leur liberté et ceux qui sont prêts a la vendre. Aucune différence entre les dhimmis joyeux et ceux qui aidaient les nazis à torturer leurs compatriotes pour une bouchée de pain. Toujours prêts à se soumettre !

  • Par vangog - 20/01/2016 - 00:23 - Signaler un abus Le schisme est civilisationnel

    Les clivages politiques d'hier ont subi un raz-de-marée civilisationnel qui sépare, aujourd'hui, deux terres émergées: celle qui abrite les résistants aux invasions-migrations et celle qui abrite les dhimmis repentants, favorables à la fin des frontières planétaires et à la grande dilution inter-ethnique. Ceux-là avaient réussi à ringardiser les premiers, à grands renforts de manipulation et d'entrisme, pendant plus de quarante ans. Leur bilan humain est terrible, trouvant sa plus funeste conséquence dans cette guerre civile larvée qui n'ose pas encore dire son nom, mais dont on voit partout les prémices. Les seconds ont enfin réussi à ringardiser les premiers en tombant le voile de la manipulation. Celle-ci tombée, on s'aperçoit que les internationalistes sont une faible minorité, alors que les nationalistes constituent la majorité. Pourquoi? Parceque la propension naturelle des peuples tend à conserver intactes leurs traditions, leurs cultures, leurs rites et croyances, contre les envahisseurs de tout poil. Et parceque les internationalistes qui veulent abattre les frontières ont toujours été rangés dans la longue liste des génocidaires et des assassins...liste minoritaire!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€