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Et bien non….posséder une télé ne réduit pas beaucoup votre activité sexuelle, et c’est la recherche économique qui le dit

La télévision aurait un impact réel sur notre vie de couple. Mais pas celui que l'on croît. Plutôt que de réduire notre activité sexuelle, avant les ordinateurs et autres écrans individuels, parfois elle la favorisait.

Sexual healing

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Et bien non….posséder une télé ne réduit pas beaucoup votre activité sexuelle, et c’est la recherche économique qui le dit

Atlantico : Selon une étude menée dans 80 pays par les économistes Adrienne Lucas et Nicholas Wilson, publiée par le NBER (National Bureau of Economic Research), le fait de posséder une télévision réduirait, selon les hypothèses les plus conservatrices, de 6% la probabilité d'une activité sexuelle au cours de la semaine précédente. Un résultat qui mettrait en avant un faible phénomène de substitution que pourrait provoquer la télévision. Comment expliquer ce résultat ?

Michelle Boiron : Vivre à deux, en couple et maintenir une relation sexuelle de qualité et harmonieuse  est un challenge. Les rituels rythment la vie à deux ils s’initient puis s’installent souvent insidieusement.  

En revanche, la vie sexuelle est d’abord soumise à l’influence du biologique et de la libido de chacun indépendamment du désir.

On peut mettre en cause les différences de rythmes du couple simplement eu égard aux heures du coucher et du levée. C’est un élément majeur qui favorise ou invalide la sexualité. Au début d’une relation amoureuse  le ou la « couche tard » acceptera de se mettre au lit plus  tôt pour s’harmoniser avec l’autre ; mais très vite les efforts ou l’envie de s’harmoniser disparaissent, « le naturel revient au galop » et l’on revient petit à petit à son propre rythme.

Les horaires décalés risquent de nuire à la relation sexuelle : au mieux on se croise ! C’est donc un élément important des habitudes. Même si l’heure de la sieste peut palier à ce décalage du rituel du coucher !

Alors l’impact de la télévision, qui est rentrée aussi dans nos chambres (après avoir envahie le salon), et le moyen de la gérer pour qu’elle n’envahisse pas notre espace a été une réelle question.  Précisément pour que la télé ne détourne pas le rituel du coucher du désir de se retrouver dans le lit : pour se rapprocher physiquement, pour dormir ou pour communiquer verbalement.

Il est important de préciser que la télévision même regardée dans un lit (ce qui n’est pas la majorité des cas) pouvait créer une communication autour d’un débat sur le film, sur le documentaire ou sur la série partagée. Aujourd’hui c’est plutôt l’ordinateur ou la tablette individuelle qui justement parce « qu’individuels » isolent chacun des deux du couple qui ne regardent pas le même programme. Pendant que l’un visionne la dernière série, l’autre regarde le débat politique ou autre ! Le timing et le choix est adapté au désir de chacun. Le zapping une réalité. L’intérêt suscité est différent pour chacun, les émotions ressenties non harmonieuses et la communication réduite à zéro.   

Les temps ont changé, les habitudes aussi et Internet a remplacé la télévision c’est pourquoi il n’est pas surprenant que les chiffres ne soient que de 6%. Il apparait qu’aujourd’hui la consommation de la télévision en « direct » n’est plus la norme. Les consommateurs ne sont plus soumis à des horaires  précis qui géraient leurs soirées : heure des infos, heure du film…. On est à l’heure du « Replay ».

 
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Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles notamment sur le vaginisme, le rapport entre gourmandise et  sexualité, le XXIème sexe, l’addiction sexuelle, la fragilité masculine, etc. Michelle Boiron est aussi rédactrice invitée du magazine Sexualités Humaines

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