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Espagne : entre plan de sauvetage et solidarité européenne, l'heure de vérité approche...

L'Espagne a annoncé vendredi des prévisions économiques très sombres. Poursuite et amplification de la récession en 2013, accroissement du chômage... Sans oublier la panique des marchés et une grogne sociale sans précédent. Mais que fait l'Europe ?

L'été sera chaud !

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La solvabilité économique d’une famille s’évalue en fonction de ses revenus et de ses dépenses. C’est à peu près pareil pour les États. Le rapport dette / PIB mesure la solvabilité d’un État.

Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, mais également celui de son prédecesseur Rodríguez Zapatero, a pris des mesures d’ajustement pour réduire les dépenses et pour augmenter les recettes. Ces mesures auraient dû permettre de réduire le déficit public et ensuite la dette, autrement dit, réduire le numérateur pour améliorer le rapport dette / PIB. Pour le dénominateur, le gouvernement espagnol a misé sur les réformes économiques sans s’apercevoir des effets dévastateurs sur la croissance.

Mais les politiques d’ajustement n’ont pas réussi à diminuer les besoins de financement de l’Etat espagnol. Au contraire, les marchés se montrent toujours affolés. Ni le plan de sauvetage des banques, ni les mesures d’austérité des régions n’ont produit des résultats. Pour les banques, l’Espagne a fait appel à l’aide européenne et pour les régions, Madrid a créé le Fonds régional de liquidité (FLA).

Les politiques d'austérité comme celle menée en Espagne mettent en péril la reprise économique. L’austérité s’avérait nécessaire après les 15 années folles de croissance et de dépenses. Mais telle qu’elle a été exécutée, elle a étranglé les possibilités de croissance économique. La hausse de la TVA déprime une consommation déjà en berne en même temps qu’elle provoque des faillites. Les commerces ont commencé sérieusement à fermer leurs portes et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Actuellement, l’économie espagnole marche sur un terrain miné. Le ratio dette / PIB en Espagne est tout sauf rassurant. Tandis que la dette augmente, le PIB diminue… sombres perspectives pour la croissance. Trois régions ont frappée à la porte du FLA. La Catalogne, région la plus riche d'Espagne (18,7% du PIB national), emboîte le pas à la région de Valence (9,7% du PIB) et Murcie (2,6%). Le taux d'emprunt à dix ans ne cesse de battre des records. Le 25 juillet en début de séance, il s’affichait à 7,6 %. Un niveau dangereux qui se rapproche des 8 % à partir duquel la Grèce et le Portugal ont dû appeler au secours le FMI, la BCE et la Commission européenne.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 28/07/2012 - 13:13 - Signaler un abus 3 ans ont suffi à Tapazéro pour inverser les résultats de AZNAR

    Grâce à une importante amputation des dépenses sociales et une réduction drastique des financements publics, le libéral Aznar avait réussi à doper la croissance Espagnole à 3.2 % de croissance dans le cadre strict de l’équilibre budgétaire qu’exigent les critères de Maastricht : inflation contrôlée, déficit inférieur à 3 % et dette à 36% du PIB. En quelques années, Tapazéro a fait grimper le chômage de 7 à 22% et la dette de 36 à 70% du PIB. Cette réalité n'est pas citée par nos deux professeurs émérites... Mais ceci explique en partie pourquoi il faudra plus de trois ans à Rajoy, pour rétablir cette catastrophe économique! ...

  • Par a_normal - 28/07/2012 - 15:26 - Signaler un abus Les limites de la monnaie unique !

    Ce qu'a fait Rajoy est certainement ce qu'il fallait faire, mais l'euro le pénalise énormément et risque de faire plonger l'Espagne (et l'Europe). Si on se rappelle des dévaluations intelligentes de la peseta survenues comme par hazard au début de l'été, on peut aussi se rappeler qu'en ces périodes l'Espagne n'avait jamais reçue tant de touristes du fait des conditions de change. L'euro ne peut concerner, en tant que monnaie unique que des pays relativement proches économiquement. C'est devenu un désastre pour la Grèce, l'Espagne, le Portugal, etc Si la France se désindustrialise, ce n'est aps le cas de l'Espagne qui elle, malheureusement, n'a jamais été très industrialisée, conséquence notamment du fascisme et des corporations chéries par Franco !

  • Par PASCONTENT - 28/07/2012 - 16:24 - Signaler un abus Pour la Grèce

    un seul mot : amen . Pour l'Espagne c'est presque amen et pour nous amen à terme .Quelle belle Europe ,et quels génies politiques sont à sa tête !! Nous pouvons être fiers et confiants.

  • Par boblecler - 28/07/2012 - 19:01 - Signaler un abus Oui doper la croissance de

    Oui doper la croissance de l'Espagne en faisant construire à tout craint sans acheteurs et se retrouver le bec dans l'eau et faire crédit à bon compte sur les dos des européens aux Espagnols pour acheter des maisons!!! super les Espagnols n'ont qu'à faire croître leurs entreprises industrielles!!! Les Ménages sont plus endettés que l'ETAT! Les banques ont menti sur leur niveau d'endettement

  • Par boblecler - 28/07/2012 - 19:02 - Signaler un abus Oui doper la croissance de

    Oui doper la croissance de l'Espagne en faisant construire à tout craint sans acheteurs et se retrouver le bec dans l'eau et faire crédit à bon compte sur les dos des européens aux Espagnols pour acheter des maisons!!! super les Espagnols n'ont qu'à faire croître leurs entreprises industrielles!!! Les Ménages sont plus endettés que l'ETAT! Les banques ont menti sur leur niveau d'endettement

  • Par Gilles - 28/07/2012 - 20:25 - Signaler un abus On rêve

    La France qui ne parvient pas à boucler ses fins de mois a prêté aux PIGS.

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Matilde Alonso Pérez et Elies Furio Blasco

Matilde Alonso Pérez est professeur à l’Université de Lyon 2. Elle est spécialiste en économie de l’Espagne.

Elies Furio Blasco est professeur à l’Université de Lyon 3 et anime le projet Dimension économique de l’Espagnol, dont l’objectif est l’analyse stratégique des entreprises espagnoles internationalisées.

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