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Épidémie d'Ebola : la mort atroce des victimes du virus

En l'espace de trois mois seulement, 78 personnes sont décédées en Guinée à cause du virus Ebola, qui laisse les autorités sanitaires presque impuissantes.

Démunis

Publié le - Mis à jour le 4 Avril 2014
Épidémie d'Ebola : la mort atroce des victimes du virus

78 personnes sont décédées en Guinée depuis janvier à cause du virus Ebola. Crédit Reuters

Atlantico : D'après les chiffres officiels, 78 personnes sont décédées en Guinée depuis janvier à cause du virus Ebola, "soit un taux de létalité de 63 %" selon le ministère guinéen de la santé. Comment ce virus se manifeste-t-il ?

François Bricaire : On constate une poussée de fièvre, assortie d'une évolution très rapide, avec des signes pharyngés, des maux de tête et des signes hémorragiques. C'est le plus souvent à cause de ces signes hémorragiques graves que les personnes décèdent. Cela peut se présenter de diverses manières : une hémorragie interne, du tube digestif par exemple, peut ensuite s'extérioriser. S'ensuivent des troubles hémodynamiques, avec des chutes de tension entraînant les décès constatés depuis janvier.

Comme c'est très contagieux, et extrêmement rapide, on n'a pas le temps d'effectuer un quelconque traitement.

Comment expliquer que ce virus laisse les médecins devant un tel sentiment d'impuissance ?

Nous n'avons pas de médication antivirale contre cette classe de virus. Les recherches n'ont pas permis de trouver un moyen de lutter contre, ou n'ont pas été assez nombreuses.

Comment le virus se transmet-il d'une personne à une autre ?

Il se communique aussi bien par la sueur que par les humeurs en général, et produit ses effets en seulement quelques jours. En cas de diarrhée par exemple, les mains souillées d'un individu permettent la contamination. C'est pour cela qu'on observe beaucoup de malades chez les personnes qui s'occupent de celles qui sont déjà contaminées et qui décèdent. Les cérémonies d'enterrement sont l'occasion d'être contaminé, notamment.

Comment expliquer cette résurgence de cas de contamination au virus Ebola ?

Jusqu'à présent on n'avait pas vu dans cette région d'épidémies de ce type. Elles étaient cantonnées à des zones forestières très reculées. L'ennui, aujourd'hui, c'est que la capitale, Conakry, est touchée. Ce qui veut dire qu'il est potentiellement beaucoup plus difficile de contrôler le virus.

Quelles sont les solutions à apporter ?

Il faut repérer les cas, les isoler, et veiller à prendre des mesures d'hygiène stricte, avec le port de gants et autres protections. C'est ainsi que les épidémies se stoppent, en général.

Peut-on comparer cette épidémie aux cas de peste noire que l'Europe a connus il y a plusieurs siècles ?

Dans une certaine mesure, oui, puisque la contamination est directe, comme entre un pesteux et un individu sain. On est à l'opposé des maladies qui se transmettent par un vecteur comme un moustique (chikungunya) ou l'air (coronavirus). En l'occurrence, un contact suffit ; c'était le cas avec la peste, ça l'est aussi avec Ebola. Il est maintenant à craindre que le virus voyage par avion vers d'autres continents.

 
Commentaires

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  • Par pierre325 - 03/04/2014 - 09:10 - Signaler un abus en même temps on nous orait pas bourré le mou avec l'ebola?

    Moi je me rappel clairement des médecin qui disait que c'était un virus extrêmement rapide et tueur. 3 mois pour 78 mots, je dis temps mieux si ça tue pas en chaine, mais on est loin du virus destructeur dont on nous a rabattue les oreille un temps.

  • Par Christophe Bugeau - 04/04/2014 - 15:20 - Signaler un abus Ebola, est-il temps de s'inquiéter ?

    L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui vient de se déclencher en Afrique de l’Ouest est inédite à plusieurs titres. Elle représente un vrai danger pour cette région et peut devenir un point de déclenchement pour une épidémie élargie sur le continent africain voir l’ensemble du monde. S’il ne faut pas paniquer, il serait peut-être nécessaire de prendre des mesures d’urgence. http://www.christophebugeau.fr

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François Bricaire

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

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