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Si l’envolée du Bitcoin est une bulle alors nous sommes dans la phase maniaque pré-crash

Une frénésie boursière entoure actuellement le Bitcoin. Mais cette monnaie virtuelle est extrêmement volatile et "le ballon" pourrait dégonfler à tout moment.

Gare à atterrissage

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A l’origine, le bitcoin visait à s’affranchir des circuits financiers traditionnels au moment de la Grande Récession de 2008. Son caractère digital et mondial lui a assuré un certain succès tant dans la sphère légale que dans celle des activités mafieuses. En ressemblant plus aux bulbes de tulipes au tant de la « Tulipomanie » de 1837 qu’à un étalon monétaire, le bitcoin risque de perdre en crédit. Le rapport de 2015 de la CIA sur l’État du monde à 30 ans soulignait le risque qu’un réseau comme Facebook batte monnaie.

Les conséquences de déstabilisation de l’économie étaient jugées si importantes que la préconisation était l’interdiction d’une telle émission

Existe-t-il des précédents à une telle poussée boursière pour un actif qui est pourtant vu avec dérision par autant d'acteurs ? Existe-t-il aussi des contre exemples, ou des actifs "moqués" se seraient finalement imposés au marché ? 

Oui, les bulbes de Tulipe en 1637. La première grande crise spéculative des temps modernes a été provoquée par les bulbes de tulipe, la « tulipomanie » qui se produit dans le nord des Provinces-Unies (les Pays-Bas d’aujourd’hui) qui connaissent alors grâce à leurs activités commerciales, à la liberté de culte et d’opinion, une réelle prospérité. La croissance des Provinces Unies reposait en partie sur les Compagnies maritimes (Compagnie néerlandaise des Indes Orientales et Compagnie des Indes Occidentales) qui couvrent un territoire allant des Amériques aux Indes en passant par l’Afrique occidentale. Grâce aux échanges commerciaux, la tulipe qui est cultivée dans l’Empire Ottoman est importée aux Pays-Bas par Charles de l’Ecluse. Les Néerlandais s’amourachèrent de cette fleur et en particulier celles qui avaient des pétales tigrées. Ces dernières étaient plus difficiles à cultiver car elles devaient être au préalable contaminées par un virus. La production de tulipes s’étalait sur près de 10 mois, les plantations se déroulant à l’automne quand la cueillette s’effectuait entre juin et septembre. Les Néerlandais friands de tulipes achetaient à terme, par exemple au mois de juillet pour la recevoir au mois de juin de l’année suivante. Ces contrats à terme donnèrent lieu à la création de nouveaux produits financiers, les options et les dérivés. Ainsi, un Néerlandais achetait un bulbe de tulipe à un prix de 100 au mois de juillet sachant qu’il pourrait le revendre 200 un an plus tard. Il était également possible d’acheter des parts de bulbe comme aujourd’hui il est possible d’acquérir des parts d’actions. Les producteurs face à une demande croissante ont augmenté rapidement les prix. Cette envolée des tarifs était facilitée par l’enrichissement évoqué ci-dessus. L’arrivée de l’or des Indes générait une forte inflation qui rendait difficile l’appréciation de la valeur des biens. En quelques années, le prix du bulbe fut multiplié par plus de 30. En 1635, 40 bulbes valaient 100 000 florins de l’époque soit environ 25 000 euros d’aujourd’hui. La multiplication des options aboutit à des commandes de bulbes sans commune mesure avec la demande réelle d’autant plus que l’envolée des prix limitait le nombre d’acheteurs potentiels. En 1637, un mouvement de correction s’opéra avec une chute des prix. De nombreux acheteurs de contrats et d’option durent acheter à vil prix les tulipes sans pouvoir les revendre, ce qui entraîna de nombreuses faillites.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 02/12/2017 - 12:48 - Signaler un abus Et alors ?

    Que doivent faire les gens habitant en pays marxistes comme le Venezuela ou le Zimbabwe qui voient leur monnaie se dévaluer encore plus vite que le Bitcoin ne s’apprécie ? Et que penser de l’ordure Obama qui augmente en 8 ans la dette de son pays de plus de 10 000 milliards de dollars ? Ce n’est pas des bulles ça ? Alors si l’Algérie veut l’interdire c’est un très bon signe de la part d’une merde de pays qui a réussi à transformer un beau pays en poubelle ! Et vous voudriez que l’on fasse confiance dans des banques centrales qui ont inventé l’arnaque d’Etat pour enrichir le Prince ? Et votre argument sur le PIB, un chiffre sans signification aucune, c’est nul. Je vous ferai remarquer que le bitcoin se divise en 100 millionième ce qui indique que ses créateurs ont prévu que sa valeur pourrait atteindre 1 million ! Alors continuez à vous astiquer le poireau dans votre bain moussant. Je vous laisse à vos bulles, laissez-moi au miennes qui me rapportent plus que le Lotto !

  • Par Philippe Crevel - 02/12/2017 - 13:32 - Signaler un abus A adroite...

    La critique est libre mais cela n'interdit pas un minimum de respect et de mesure dans les propos. Je peux comprendre votre colère mais je souhaite attirer votre attention que de nombreux épargnants ont perdu beaucoup d'argent avec des placements alternatifs. Si vous disposez de l'expertise nécessaire, ce que je ne doute pas, vous pouvez évidemment gagner plus d'argent qu'en jouant au loto. Bien à vous

  • Par J'accuse - 02/12/2017 - 13:58 - Signaler un abus Les monnaies artificielles ne peuvent déboucher sur rien de bon

    Le bitcoin attire les anarchistes par idéologie, les fraudeurs et les truands pour leurs opérations illégales, des financiers parce qu'ils aiment jouer avec l'argent en espérant gagner gros, des commerçants qui ne veulent pas laisser passer des occasions, et des gogos qui croient à l'argent facile. Je ne fais partie d'aucun de ces groupes, et je m'attache au principe qu'une monnaie doit correspondre à la valeur des biens échangés, produits par le travail. Dénoncer les méthodes spéculatives des banques et adorer le bitcoin est absurde ou hypocrite: les deux sont dans la même logique, et aboutissent aux mêmes inévitables crises.

  • Par 2bout - 02/12/2017 - 16:55 - Signaler un abus Le Bitcoin : un problème d'échelle

    Dans la mesure où la plupart des monnaies ne sont plus adossées à grand chose, ou peut-être uniquement à de la dette, pourquoi ne pas investir dans de la crypto-monnaie, le IOTA, le Litecoin ou le Bitcoin ? Sauf que précisément le Bitcoin a dans sa structure très coûteuse énergétiquement, ce problème « d'échelle » qui ne lui permet de croître que dans des limites difficilement dépassables. En plus clair, je ne mettrais pas dans le Bitcoin un seul Ethereum que de la même manière je laisse à d'autres le plaisir d'acheter.

  • Par ajm - 02/12/2017 - 17:06 - Signaler un abus Schéma de Ponzi chimiquement pur.

    Ce que je trouve amusant c'est que ceux qui agitent en permanence et hors de propos le risque du schéma de Ponzi sont les premiers à recommander d'investir dans ce qui est un schéma de Ponzi absolument pur, pratiquement un cas d'école, en l'espèce la pseudo monnaie des bitcoins . En effet derrière ce qui est à l'origine un système de reglement ingenieux et a priori peu coûteux ( à voir car il y a la rémunération des "mineurs" réglée en bitcoins donc par la spéculation en cours ) il n'y a aucun soubassement économique ni actif productif sous-jacent, même indirectement sous une forme dérivée complexe, ni payeur ou garant en dernier ressort ( banque centrale, chambre de compensation) . En fait derrière le bitcoin il n'y a rien d'autre que le flux des investisseurs récents qui deversent de la vraie monnaie dans la marmite des gogos Les premiers investisseurs sont déjà sortis avec une belle plus-value, les autres sont en risque majeur. Les investisseurs en bulbe de tulipe au 17 siecle pouvaient au moins se consoler en plantant leurs bulbes dans leurs jardins!

  • Par Tande - 02/12/2017 - 19:30 - Signaler un abus Gare au gorille

    Comme le dit excellemment Ph.Crevel (que je connais et apprécie depuis 25 ans), il s'agit d'un produit dangereux et purement spéculatif, à éviter quand on n'est pas un cow-boy. Si cette monnaie, à l'instar de ses consoeurs, se limitait à une monnaie de compte, facilitant les transactions en éliminant le risque de change, on pourrait y attacher foi. Le hic est la folie spéculative qui l'entoure, rendant impossible de lui accorder tout crédit: cela ne peut que mal finir, comme l'enseignent à la fois l'histoire économique (le rappel de la tulipomania est bienvenu, on pourrait en trouver d'autres exemples), et la sagesse des vieux boursiers ("les arbres ne montent pas au ciel", sauf, bien entendu dans "Jacques et le haricot magique"!).

  • Par ajm - 03/12/2017 - 00:23 - Signaler un abus Bulle et bulle.

    Il faut distinguer une bulle classique , par exemple la hausse inconsidérée du marché actions ou du marché immobilier, d'une bulle sur des pseudo actifs qui ne représentent en réalité rien économiquement. Dans un cas , après explosion de la bulle, on a un marché "assaini" et une nouvelle valeur de marché qui permet un redémarrage des transactions sur des bases qui ont un sens économique, dans l'autre cas, on a tout simplement un effondrement total de ce qui n'était qu'une baudruche avec des valorisations à zéro ou presque.

  • Par adroitetoutemaintenant - 03/12/2017 - 14:08 - Signaler un abus @Philippe Crevel

    Merci de votre message. Mon reproche principal n’est pas sur la bulle spéculative mais sur le fait qu’il y a tellement de paramètres sur le Bitcoin, paramètres positifs et négatifs, que sans en faire une certaine énumération, on ne montre qu’un aspect des choses et c’est comme cela que l’explication est biaisée (d’où mon analogie avec le poireau). Vous pouvez acheter une maison et 2 ans plus tard elle disparait dans un trou. Le trou est dû à une ancienne mine de sel qui existait au 16eme siècle. Personne ne vous paiera votre perte car la municipalité vous a déclaré en terrain constructible car aucune carte ne montrait la mine, la mine appartenait à une société qui n’existe plus, votre assurance ne paye pas car ce n’est pas un dégât naturel car en relation avec l’activité humaine et l’Etat n’a plus de pognon car les frais de maquillage du saltimbanque de l’Elysée sont élevés. Il fallait bien que je trouve une analogie de minage comme le bitcoin.

  • Par adroitetoutemaintenant - 03/12/2017 - 14:09 - Signaler un abus @Philippe Crevel

    Ce qui veut dire que tout est bulle et toutes les bulles finissent un jour par péter ! Je me marre sur les avoirs bancaires garantis par l’Etat car si on vous rembourse on ne vous a surtout pas dit quand. Beaucoup seront déjà en train de bouffer les pissenlits par la racine (ou les bulbes de tulipe) quand les premiers remboursements partiels arriveront (bien entendu sans intérêt de retard) ! Alors que faire : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! Depuis des décennies j’applique le principe de Babylone, j’ai un panier de 6 monnaies dont la plus petite est le bitcoin juste derrière la 2eme la moins sure, l’euro (juste de quoi m’acheter un reblochon et des tulipes pour ma femme). Chaque investissement que je fais réponds à une note de dangerosité (la plus haute est le bitcoin) et la taille de mon investissement est inversement proportionnelle à cette note. Kind Regards

  • Par moneo - 04/12/2017 - 10:40 - Signaler un abus lol

    vous pourrez toujours souscrire des" Maduro coins"

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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