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Envie de tenter un mois de janvier sans alcool ? Voilà ce que l’arrêt de la boisson fait vraiment à notre corps

La campagne de prévention "Dry January" lancée en 2013 en Grande-Bretagne pousse chaque année des milliers de personnes à s'abstenir de boire de l'alcool pendant un mois et les effets positifs sur la santé sont nombreux.

Bonne résolution ?

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Envie de tenter un mois de janvier sans alcool ? Voilà ce que l’arrêt de la boisson fait vraiment à notre corps

Atlantico : Dans le cadre de la campagne « Dry January » (un mois sans alcool) des personnes ont arrêté l’alcool pendant 4 semaines, ce qui aurait eu des effets positifs sur le cholestérol et la pression sanguine notamment. Quels sont les effets concrets sur le corps de l’arrêt de la consommation d’alcool ? Quels sont les effets de l’arrêt sur une journée, sur un mois, sur un an ?

Mickaël Naassila : Contrairement aux croyances exagérées sur les effets bénéfiques de l’alcool sur notre système cardiovasculaire (réduction du risque d’athérosclérose) les effets de la consommation régulière d’alcool sont d’élever la pression sanguine et d’après l’OMS 16% du risque à développer une hypertension est attribuable à l’alcool. A partir de 3 verres pour les hommes et 2 verres pour les femmes d’alcool consommé par jour la pression sanguine d’élève de manière linéaire. Un des mécanismes les mieux décrits est une augmentation de l’activité du système nerveux sympathique par l’alcool.

Le risque d’avoir des problèmes de santé (hypertrophie ventriculaire, crise cardiaque, AVC, fibrillation, thrombose cérébrale, diabète de type 2, syndrome métabolique, hypertriglycéridémie) augmente encore avec les consommation chroniques et important d’alcool et le binge drinking. L’alcool est donc mauvais pour la pression sanguine et ceci quel que soit le type de boisson alcoolique. L’augmentation de la pression sanguine est d’environ 10 mmHg à chaque verre d’alcool consommé par jour et cette augmentation est réversible dans les 2 à 4 semaines d’abstinence ou de réduction substantielle de la consommation d’alcool.

De la même manière, l’abstinence de 4 semaine entraine une diminution significative du taux de cholestérol. Concernant le foie, la consommation d’au moins 6 verres par jour entraine chez 90% des individus l’infiltration de graisse (« foie gras ») et là encore ceci est complètement réversible avec l’abstinence. L’abstinence est d’ailleurs la pierre angulaire dans la thérapie de la maladie alcoolique du foie. Au total, de nombreuses études ont donc montré les bénéfices à diminuer fortement sa consommation d’alcool voire à s’abstenir pour diminuer l’hypertension, le cholestérol ou les dommages au foie. Ces effets bénéfiques sont observables dès les premiers jours et les premières semaines d’abstinence. Il est essentiel que les médecins généralistes et les pharmaciens rappellent l’existence du lien entre hypertension et consommation d’alcool et que la diminution de la consommation d’alcool est toujours bénéfique. L’alcool est d’ailleurs impliqué de près ou de loin dans pas moins de 200 maladies et c’est une des premières causes d’hospitalisation en France.

Faudrait-il mettre en place en place un tel programme en France, un mois de janvier sans alcool ? Les français sont-ils suffisamment conscients des méfaits de l’alcool sur la santé ?

Quand on connaît tous les effets bénéfiques de la réduction de la consommation d’alcool, la réponse paraît évidente. On peut s’étonner qu’il n’existe pas encore en France de « journée sans alcool » comme c’est le cas pour le tabac. Il faut rappeler que nos autorités de santé recommandent de ne pas boire d’alcool un jour par semaine ce qui équivaut à au moins un mois par an. Il est temps en France de créer une journée sans alcool et envisager une semaine voire un mois d’information sur la problématique de l’alcool comme on peut déjà le voir dans d’autres pays. Les français sont largement insuffisamment informés et donc conscients des méfaits de la consommation excessive d’alcool sur leur santé. Il existe même un gouffre entre les représentations encore « trop » positives sur l’alcool et les réels dommages non seulement pour le consommateur mais aussi pour son entourage et la société. Le coût estimé de l’alcool en France est de 120 milliards par an. C’est énorme ! Il faut non seulement informer les français mais aussi surtout obliger les professionnels à se former et à s’impliquer dans cette problématique dévastatrice. Un tel programme permettrait de faire le point sur sa consommation et aiderait aussi peut être à une prise de conscience de nos décideurs qui manquent sérieusement de courage quand il s’agit de lutter contre la consommation excessive d’alcool et l’alcoolisme.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 02/01/2018 - 08:18 - Signaler un abus on ne pourrait pas

    ...avoir un jour sans...conneries! et beh non! le bon docteur Amamoutte vous dit ! c'est ma tournée, saignée pour tous!

  • Par pascal farigoule - 02/01/2018 - 10:24 - Signaler un abus allez

    un dernier pour la route ... en guise de viatique une dernière libation hélas les carabins ...

  • Par moneo - 02/01/2018 - 16:28 - Signaler un abus le plus grand méfait

    ça ferait un trou de combien dans les finances publiques? vous voulez mettre en faillite nos viticulteurs ,nos bistrotiers,nos magasins spécialisés, nos hypermarchés et Ricard pourquoi y se décarcasse autant auprès de politiques? ou des fêtes de la musique?le Peuple a besoin de ses drogues d'ailleurs bientôt comme en...Californie on aura le joint distractif qui viendra s'ajouter aux paquets de cigarette qui font si peur si....si ...plus de recettes et plus d'abrutis ça fait plus de démocrates "éclairés"

  • Par DrPal - 02/01/2018 - 17:50 - Signaler un abus Pourquoi oublier les bénéfices?

    On aime beaucoup, chez les hygiénistes et ayatollahs de la santé, entretenir la confusion. D'abord entre les bons et grands vins et l'alcool, comme si un nectar à 13,5° se résumait à de l'alcool. Ensuite entre la consommation raisonnable ( chacun ayant son idée sur le sujet) et la maladie alcoolique ou l'ivrognerie des jeunes "binge-drinkers". Enfin on veut oublier les effets directement positifs, y compris sur la santé, de la convivialité, du partage, de la détente, du lâcher-prise, des plaisirs olfactifs et gustatifs. Bref, le vin est aussi un des grands plaisirs de la vie, qui, comme les autres, ne se résume pas aux effets délétères de ses excès ultimes. Raisonnable, il vaut bien de perdre quelques années de mortel ennui en fin de route. Cette confusion entretenue brouille le message indispensable contre l'alcoolisme véritable, qui n'a rien à voir avec cela.

  • Par vangog - 03/01/2018 - 00:24 - Signaler un abus Un mois de janvier sans alcool?...OK!

    mais, en février, je rattrape le coup...

  • Par patamoto - 03/01/2018 - 07:15 - Signaler un abus Pas trop boire, pas trop

    Pas trop boire, pas trop manger, pas trop baiser, pas trop conduire, pas trop penser, pas trop ....

  • Par JeanBart - 03/01/2018 - 09:42 - Signaler un abus Tout un programme :

    Mourir en bonne santé.

  • Par moneo - 03/01/2018 - 17:13 - Signaler un abus @Dr Pal

    vous devriez consulter vos confrères alcoologues...pour autant que vous soyez médecin mais ne soyez pas inquiet la bibine c'est sacrée ...et puis l'eau ferruru gineuse oui l'alcool non

  • Par kelenborn - 03/01/2018 - 17:18 - Signaler un abus Oui

    la manipulation des statistiques est étonnante et si on faisait la somme des morts à cause du tabac, de la pollution, de l'alcool des pesticides et du service public télévisuel sans oublier Merdiafart et Causeur, les cimetières seraient remplis des le premier mars! exemple : la pollution fait 80 000 morts mais... c'est en Ile de France que l'espérance de vie est la plus élevée!conclusion : sans la pollution les parisiens vivraient tous centenaires! Le réquisitoire est suffisant pour mettre ces ayatollas en taule pour escroquerie! Quelques autres questions: les musulmans ne boivent pas mais.... l'espérance de vie est de 7 à 8 ans de moins dans le Maghreb qu'en Europe! Conclusion: c'est la lecture du Coran qui les envoie au cimetière! non c'est pas logique? On vit très vieux dans le sud -ouest où on picole et on s'empiffre de plats gras, on ne vit pas très vieux dans le Nord , où on picole mais où on est au chômage: conclusion probable : vivre heureux fait vivre longtemps et pour vivre vieux jetons dans un puits les ayatollahs de la santé obligatoire

  • Par kelenborn - 03/01/2018 - 17:28 - Signaler un abus ah j'oubliais au passage

    et...à l'attention d'Ah2bouh grand fan de Johnny et admirateur du docteur Adroite proute!!! Voila un excellent professeur que ce mr Nassilaa! Et juste une question: pourquoi perd il son temps à faire de l'escrologie statistique alors qu'il pourrait utilement opérer le cerveau de Vangode pour le bien de tous ? Au moins il maîtriserait la matière! et en coopérant avec Adroiteprout ils se partagent le boulot, le lobe droite de Vangode (celui où se trouvent les gauchistes ) pour Adroiteprout, le lobe gauche pour Mickie, là où Donal Duck pond ses oeufs! Pas une bonne idée hein 2 bouts! double opération et double pénétration= deux fois dans le fion !

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Mickaël Naassila

Mickaël Naassila est professeur de physiologie et de biologie cellulaire dans le Groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

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