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Les entreprises seront elles les nouveaux gouvernements ? La volonté de pousser l’investissement sociétal des entreprises démontre t-elle la fin du politique ?

A quoi serviront encore les institutions et les politiques dans 20 ans ?

Les entrepreneurs parlent aux Français

Publié le
Les entreprises seront elles les nouveaux gouvernements ? La volonté de pousser l’investissement sociétal des entreprises démontre t-elle la fin du politique ?

Le Fortune 500, Président. Les sociétés technologiques, comme Gouvernement. Les politiques, relégués aux comités consultatifs, conseil constitutionnel et organes de contrôle. L’intelligence artificielle et la data à la Justice. Des moteurs de recherche, à la santé et l’éducation. Des sociétés comme Palantir, au Renseignement. Les hackers à la tête des armées. Les entreprises à la formation professionnelle, au développement durable, avec les investisseurs. L’interministériel assuré par les sociétés de logiciels.

Le chômage géré par les plateformes qui proposeront des activités indépendantes. A quoi serviront encore les institutions et les politiques dans 20 ans ?

La mission Sénard-Notat en France, les déclarations de Larry Fink (Black Rock), de Paul Polman (Unilever), et de leur B-Team, celles de Emmanuel Faber sur l’alimentation, les politiques RSE, développement durable à la charge des entreprises, l’arrivée de Google dans la santé et l’éducation, de Facebook dans la sécurité (le check), la masse de data contrôlée par les plateformes digitales, tout plaide pour un monde qui appartiendra et sera géré, demain (aujourd’hui ?) par les entreprises. Bon ou mauvais ?

La question peut être posée de mille façons différentes.

Par le résultat, par exemple. Est ce que les gouvernements ont permis la progression du monde ? Pouvons nous être fiers de nos démocraties ? Ont elles permis aux peuples de rêver à un monde meilleur à chaque génération ? Avons nous mis fin à la faim dans le monde, à la pauvreté dans les pays riches, sur la base de finances saines, d’équilibres sociaux préservés, d’une bonne répartition des richesses ? Force est de constater que la réponse est non dans quasiment tous les cas. Si l’on prend le simple exemple du pays le plus riche du monde, les USA, le constat est simple :

• Plus de 15 millions (et la courbe est croissante) d’américains ont renoncé à chercher un emploi, ce qui rend les statistiques et les commentaires de nombres d’économistes, qui me laissent toujours atterré de tant d’aveuglement, totalement hors sujet.

• Les villes moyennes, petites et rurales, meurent. Et leurs habitants sont désespérés.

• Plus de 16 millions d’enfants ne mangent pas à leur faim, dans un pays dont 48% des états ont un taux d’obésité supérieur à 48%.

• Le taux d’endettement des ménages a retrouvé son taux de veille de crise de 2009.

• Un ratio de 300 entre la rémunération des principaux patrons américains (15M $ en moyenne) et la paie de l’ouvrier.

• Un salaire pour le cadre moyen et l’employé qui a progressé de 2,4$ (corrigé de l’inflation) entre 1964 et 2014.

• Une capitalisation boursière qui dépend de sociétés qui perdent de l’argent, par milliards. Un ratio en moyenne 100 fois inférieur à celui d’une société « normale » quand il s’agit du rapport en la valorisation boursière et le nombre d’emplois créés.

 
Commentaires

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  • Par guy bernard - 23/05/2018 - 08:37 - Signaler un abus un processus long datant du début des années 80

    Le modele américain est indissociable du compromis fordien et Reagan (comme Thatcher) n'a pu que constater sa fin (entreprises ruinées par l'inflation et un débat social incessant détruisant la VA et la production dans un partage trop favorable aux salaries). aujourd'hui, c'est l'inverse, mais les entreprises mondialisées ont pu reconstituer leurs forces à l’étranger en franchise d'impot, ce qui était le but, pour rapatrier leurs capitaux, investir et renouer avec le modele gagnant. c'est donc un processus long datant du début des années 80 qui est en cours. on peut ajouter au palmarès une dette estudiantine insoutenable et la faillite de 40% des centres commerciaux à brève echéance, avec leurs cortèges de risques.

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Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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