Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 14 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les énormes différences entre un tremblement de terre de magnitude 6 aux Etats-Unis ou en Chine : la preuve en images

Ces deux pays ont été récemment frappés par un séisme de même magnitude : 6 en Californie et 6,1 dans le sud-ouest de la Chine. Pourtant, les conséquences ne sont pas du tout les mêmes.

Comparatif

Publié le - Mis à jour le 2 Septembre 2014
Les énormes différences entre un tremblement de terre de magnitude 6 aux Etats-Unis ou en Chine : la preuve en images

Le 3 août, un séisme de magnitude 6,1 a secoué la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Crédit Reuters

Cette semaine la Californie a été victime d'un tremblement de terre de magnitude 6, le plus important depuis des décennies. Mais si ce séisme a fait une centaine de blessés, aucun mort n'est à déplorer. Quelques semaines plus tôt, la région du Yunann, dans le Sud-Ouest de la Chine, a été frappée par un séisme de magnitude 6.1. Ce dernier a tué des centaines de personnes et en a blessé des milliers. Deux séismes de même magnitude mais aux conséquences opposées.  Pas de mort d'un côté, 619 de l'autre : pourquoi ?

Dans une vidéo publiée sur YouTube, le site d'information Vox.com compare donc les dégâts et parvient à l'inévitable conclusion suivante : les séismes ont des conséquences bien moins dramatiques aux Etats-Unis que dans des pays comme l'Iran ou la Chine. Ainsi, outre les victimes, les dommages matériels ne sont pas les mêmes. A Napa Valley en Californie, "seules" quatre maisons se sont effondrées alors qu'en Chine, le  tremblement de terre de magnitude équivalente a dévasté 25 800 foyers.

Il faisait aussi plus de 600 victimes, et plus d'un millier de blessés, quand la Napa Valley comptait, en tout, une centaine de blessés et aucun mort. Vox.com précise dans cette vidéo, statistiques à l'appui, que les tremblements de terre sont "beaucoup, beaucoup moins mortels aux Etats-Unis"  que dans des pays comme l'Iran, l'Inde ou la Chine. La faute, notamment, aux normes de construction très différentes selon les pays. Ainsi, en Chine, on construit de plus en plus vite sans aucun égard pour aucune norme urbaine. En revanche, en Californie les maisons sont construites plus solidement, en accord avec les normes sismiques en vigueur. 

Mais Magali Reghezza, enseignante-chercheuse en géographie à l’École nationale supérieure et spécialiste de l'aménagement des espaces urbains à risques, donne d'autres explications que ces "facteurs techniques".  "Prenons les exemples différents du séisme en Haïti (magnitude 7 en 2010, ndlr) et de celui au large du Japon qui a provoqué la catastrophe de Fukushima (magnitude 9 en 2011, ndlr). Le bilan du plus petit, celui d'Haïti, est extrêmement lourd (plus 230 000 morts et 300 000 blessés, ndlr)  et tout était par terre juste après la secousse alors que pour le second, c'est la vague qui a tout détruit sur son passage et non le tremblement de terre".

Les raisons ? "A Haïti, la qualité des constructions est très mauvaise dans cette région. Elles sont le plus souvent en brique ou parfois en béton, mais celui-ci n'est pas aux normes sismiques. Ajoutez à cela le fait que personne n'était préparé, il y avait un manque de moyen évident, la société n'avait pas les moyens de faire face à une telle catastrophe et les secours ont eu du mal à s'organiser notamment car il n'y a qu'un seul aéroport sur l'île donc pour acheminer les médicaments et autres renforts tout est plus compliqué" indique Magali Reghezza. 

Et de poursuivre : "Tout le contraire du Japon en somme, où la population vit tous les jours avec le risque d'un tremblement de terre et où les bâtiments respectent tous les normes sismiques en vigueur. Là encore il est important de rappeler par exemple que lors du grand séisme de Kobe en 1995 la plupart des plus de 5 000 personnes décédées ont trouvé la mort n'ont pas à cause de la secousse mais de l'immense incendie qui en a découlé". 

Et la France dans tout cela ? Magali Reghezza se montre particulièrement alarmiste en cas d'important séisme sur le territoire. "Les conséquences seraient plus proches de celles de la Chine que de la Californie" assure l'enseignante. "En effet, la plus grande catastrophe naturelle qui pourrait toucher la France dans les années à venir serait un tremblement de terre au large de Nice" met-elle en garde. Et de s'expliquer : "Différentes études estiment qu'en fonction de la densité et de l'âge de la population, du manque de préparation et de la vétusté des installations, un tremblement de terre au large de Nice pourrait faire près de 5 000 morts". Inquiétant.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par yeneralobregone - 31/08/2014 - 23:01 - Signaler un abus le yunan

    est une des provinces les plus pauvres de chine et il est probable que les constructions qui se sont effondrées datent en moyenne de 40 ou 50 ans, période ou la chine était un des pays les plus pauvre de la planète...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Atlantico.fr

Voir la bio en entier

Magali Reghezza

Magali Reghezza, enseignante-chercheuse en géographie à l’École nationale supérieure, est spécialiste de l'aménagement des espaces urbains à risques. et a co-dirigé l'ouvrage Résiliences urbaines : les villes face aux catastrophes, aux éditions Le Manuscrit.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€