Jospin 2.0
François Hollande a-t-il conscience que la révolution du numérique dépasse de très loin le seul secteur culturel ?
François Hollande a retouché cette semaine son programme numérique pour en retirer toute mention à une quelconque licence globale. Mais au-delà de ces hésitations, le candidat socialiste oublie dans son programme tout ce qui concerne l'aspect économique et entrepreneurial de la filière web.
François Hollande peine – et cela commence à devenir criant – sur l’impact de la révolution numérique dans la société. C’est normal : il n’a jamais beaucoup réfléchi à ses sujets. Pire, il ne semble même pas s’y intéresser. Ce qui est inquiétant pour un candidat à l’élection suprême car le numérique redessine sans cesse notre quotidien.
Je suis stupéfaite par le programme du candidat socialiste : pas une proposition concrète, ni même une seule ligne sur le numérique en dehors de son lien avec la culture et d’une mention sur le déploiement du Très Haut Débit.
Alors que le numérique représente cet enjeu de croissance et d’avenir pour la France, cet enjeu de liberté d’expression, avec un impact direct sur la société et sur la vie de chaque Français, François Hollande l’a oublié ! Il n’en parle que pour entretenir des bonnes relations avec les artistes, qui traditionnellement votent plutôt à gauche. Et encore, les maigres propositions sur la culture changent chaque jour !
D’abord, il a hésité sur HADOPI. Maintenant il hésite sur le financement de la culture. Dans une première version de son programme, François Hollande proposait de faire payer deux fois les internautes pour accéder à la culture : sous forme d’une taxe et sous forme d’un paiement à l’usage de l’offre légale. Dans la deuxième version sortie la semaine dernière, on peut s’apercevoir que la taxe sur les internautes a finalement disparu ! Je souhaite bonne chance aux internautes et aux ayants-droits pour y voir clair dans la ligne politique de François Hollande. Il l’appelle pompeusement l’acte 2 de l’exception culturelle, sans savoir ce qu’il souhaite faire.
A croire que pour François Hollande, les usages du numérique ne se résumeraient qu’à la culture. Compétitivité des filières numériques, efficience des entreprises par l’utilisation accrue du numérique, e-éducation, e-santé, télétravail, open data et e-démocratie sont les grands oubliés du candidat socialiste !
Ce sont pourtant des enjeux majeurs pour la campagne présidentielle de 2012 ! Doit-on vraiment rappeler à François Hollande que ces innovations, à base d’outils et de logiciels numériques, sont créatrices d’emplois dans de nombreux domaines, sont le moteur de la croissance française et – cerise sur le gâteau – permettent de répondre à des enjeux de société, non les moindres :
- Compétitivité des entreprises par une meilleure utilisation des outils numériques.
- Démocratisation de l’accès au savoir.
- Amélioration des résultats scolaires par une refonte des méthodes d’enseignement, et par une personnalisation plus fine de l’enseignement selon les élèves.
- Amélioration de l’accès aux soins et aux spécialistes médicaux par la télé-médicine,
- Accompagnement des personnes âgées dans les situations de maintien à domicile (lien avec la famille, une aide soignante, surveillance à distance, ) en complément avec un service à domicile tel que le portage des repas,
- Établissement d’une relation de proximité entre les élus, les institutions, le gouvernement et la population : le numérique ouvre les portes et les fenêtres de l’ensemble des institutions par la mise à disposition des données publiques et par le développement de communications directes.
Laure de La Raudière
Laure de La Raudière est député de la 3eme circonscription d'Eure-et-Loir.
Elle occupe la position de Secrétaire Nationale de l'UMP, en charge des Médias, Nouveaux Médias et du Numérique.
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"Compétitivité des filières numériques, efficience des entreprises par l’utilisation accrue du numérique, e-éducation, e-santé, télétravail, open data et e-démocratie sont les grands oubliés du candidat socialiste"
Certes, mais urgent nouveau rôle aussi, en particulier pour la problématique "identité sur net" ((bataille rangée actuelle pour se loguer à travers profils facebook, twittrr, g+ etc sur quasi tous les sites, même si surtout presse actuellement, avec données personnelles associées et compagnie) :
http://iiscn.wordpress.com/2011/06/29/idenum-une-mauvaise-idee/
Ou rappelons le, pour que les choses "fonctionnent sans friction"(ne pas voir 36000 login/passwrds à se rappeler), il n'est nécessaire en aucune manière qu'un identifiant unique par personne ne soit partagé entre les acteurs (pas plus que votre numéro de profil facebook ou g+ est transmis à qui que ce soit, même si bien sûr il existe), et que cette direction devrait de fait être évitée à tout prix.
quand un programme politique doit viser à résoudre des problèmes et pas seulement à dénigrer Sarkozy et à faire du clientélisme...