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"Enfoiré ! Salaud !" : les insultes du garde de corps de Macron à l’adresse de son patron étaient-elles aussi spontanées qu’elles ont l’air ?

Les images du garde du corps d’Emmanuel Macron traitant son patron de « salaud » et « d’enfoiré » en public ont fait le tour du monde ou presque. Et s’il ne s’agissait que d’une mise en scène pour occulter l’image élitiste et lointaine du président?

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"Enfoiré ! Salaud !" : les insultes du garde de corps de Macron à l’adresse de son patron étaient-elles aussi spontanées qu’elles ont l’air ?

Ce n’est pas un hasard si « En Marche » a relayé sur son site les images d’un garde du corps tout sourire décochant au Président de la République, face à la foule, un « enfoiré » et un « salaud » suffisamment sonore pour que les perches de télévision les captent. Ces instantanés correspondent à une stratégie de communication patiemment construite. L’objectif est de prouver aux Français que le président Macron n’est pas l’homme lointain, arrogant, déconnecté du réel, qu’on prétend. Certes, il ne dort que très peu la nuit, mais il est aussi capable de se rendre accessible aux chamailleries de corps de garde avec les policiers qui le protègent.

On nous avait déjà sorti le même boniment avec Édouard Philippe s’entraînant à la boxe à Matignon avec l’un de ses gardes du corps. Le filon devient décidément un peu grossier. 

Le garde du corps providentiel après une séquence de mondialisation

Ces images sont évidemment bienvenues, et le garde du corps s’est prêté à un jeu particulièrement salutaire, après un enchaînement de séquences négatives pour le président de la République. 

Son passage à Davos était un moment d’exorde en faveur de la mondialisation, en plein conflit pénitentiaire sur la scène intérieure, difficile à négocier. Le passage en français de son discours consacré à la « protection » n’a pas suffi à dédiaboliser le leit-motiv de « président des riches ». 

Ses voeux aux agriculteurs ont accru son image de mondialisateur. Les propos rapportés ci-contre n’ont pas manqué de nourrir l’angoisse des filières qui étaient présentes. Jusqu’au bout, le Président fait l’éloge des accords de libre-échange, alors que l’agriculture française est en souffrance. 

L’éloge de la mondialisation chez Michelin

Lors de son passage à Clermont-Ferrand, Emmanuel Macron en a profité pour visiter un centre de recherches Michelin. Il y a prononcé un autre vibrant éloge de la mondialisation. Là encore, on voit bien le tropisme présidentiel en faveur d’un grand mouvement où l’industrie française a abondamment délocalisé ses emplois. 

Il y a commis cette étrange phrase:

On voudrait opposer la France du local et la France du mondial avec des gens heureux chez soi et des gens heureux dans la mondialisation, mais nous sommes tous dans le même monde, on est tous dans le même pays. A la fin, on habite toujours quelque part.

Reste pour le Président à convaincre les Français que la mondialisation est bonne pour eux. 

De la théorie à la pratique: le bain de foule en Auvergne

D’où ce besoin de lier la séquence « bienfaits de la mondialisation » à des images positives, montrant la proximité du président avec le petit peuple. 

Chez Michelin, Macron a rencontré les délégués syndicaux, sauf celui de la CGT qui a boycotté la réunion. Alors qu’à Paris, le conflit s’enlisait dans les prisons, il était bon de montrer un Président à l’écoute des syndicats. 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 29/01/2018 - 08:36 - Signaler un abus Les mises en scène

    ne trompent plus grand monde !

  • Par vangog - 29/01/2018 - 08:51 - Signaler un abus Comme dans les dictatures socialistes...

    et national-socialistes: le culte du chef proche du bon peuple, par une presse servile, suspendue à la carotte des subventions d’état PS-macroniste...tout cela est tellement surjoué...mauvais acteur, Macrouille!

  • Par Marie-E - 29/01/2018 - 10:43 - Signaler un abus évidemment

    c'était une mise en scène .... sinon Jupiter aurait pété les plombs .... et cela aurait été normal. Pour moi même si c'est un Président que je n'ai pas élu, c'est le Président de la République française et il doit être respecté ... au moins la fonction. C'est quoi désormais ce vocabulaire envers les présidents, c'est pour faire djeun ? Que de la communication et de la récupération .... une honte.

  • Par Lazydoc - 29/01/2018 - 14:09 - Signaler un abus Le Gl De Villiers ne l’a même pas traité

    De salaud! Et il a été viré pour avoir osé demander de ne pas renier les promesses du candidat. Et pourtant, on n’en pense pas moins: c’est un bel enfoiré et un fieffé salaud.

  • Par Vincennes - 29/01/2018 - 15:31 - Signaler un abus Après ses montres (l'une pour ses visites en France..l'une pour!

    frimer à l'Etranger ......PAUVRE Macron......il en est là !!!!!mais surtout pauvre FRANCE dont il se fout comme de l'an 40 (et de nous avec)....... ne pensant qu'à sa réélection.....qu'à son avenir EUROPEEN puis MONDIAL....ET Moi:MOI/MOI..... quelle tâche !!! Drôle de "tout petit" Président qui devrait penser à rassembler alors qu'il ne pense qu'à DIVISER

  • Par Paul Emiste - 29/01/2018 - 19:54 - Signaler un abus Mouaip...

    Va t il nous jouer de l´accordéon?!

  • Par J'accuse - 29/01/2018 - 22:38 - Signaler un abus Le petit père des peuples

    Les ficelles sont vraiment grosses, et s'il veut recevoir des éboueurs à l’Élysée, il faudra lui dire que VGE l'a déjà fait.

  • Par Max.B - 30/01/2018 - 08:46 - Signaler un abus L'art d'occuper le terrain par les medias

    Notre président, comme le 1er Ministre sont champions des Médias pour faire proche des français mais je pense que c'est une fuite en avant, leurs représentants de terrains les députés qui sont leur relais non aucune crédibilité donc le fosse ce creuse, au premier problème cela risque de s'enflammer.

  • Par Essen - 30/01/2018 - 21:33 - Signaler un abus Narcisse

    Cet homme est en fait un petit garçon. Il a un désir obsessionnel d'être aimé et reconnu. A quand des statues sur la place publique ? Bon, cela déjà a été fait et jamais par de Grands Humanistes... Certains médias jouent le jeu, ils doivent y trouver un intérêt. Mais cet aveuglement collectif ne pourra pas durer

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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