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Enfant prodigue : un ralliement d’Emmanuel Macron suffirait-il à sauver François Hollande ?

Tandis qu'Emmanuel Macron remporte ses premiers succès sondagiers, François Hollande poursuit sa chute. L'un comme l'autre disposent cependant d'atouts susceptibles d'intéresser l'autre : la dynamique pour Macron, le soutien du parti pour Hollande.

Cas désespéré

Publié le - Mis à jour le 21 Octobre 2016
Enfant prodigue : un ralliement d’Emmanuel Macron suffirait-il à sauver François Hollande ?

Atlantico : Selon un récent sondage IFOP pour le JDD, seuls 14% des Français souhaitent que François Hollande soit candidat en 2017. Ce chiffre vient confirmer une série d'autres analyses témoignant du rejet dont souffre aujourd'hui le chef de l'État. En parallèle, pourtant, Emmanuel Macron semble accumuler les succès sondagiers, sans pouvoir les concrétiser dans les urnes faute de parti, entre autres. Dans quelle mesure un ralliement d'Emmanuel Macron à François Hollande pourrait-il profiter, électoralement et auprès de l'opinion, aux deux hommes ?

Quelles pourraient être les conséquences politiques d'un telle réunion, notamment auprès de l'opinion ?

Yves-Marie Cann : Le rejet dont pâtit aujourd’hui François Hollande atteint des niveaux inédits pour un président de la République à quelques mois de la fin de son premier mandat. Ce rejet atteint de tels niveaux que c’est désormais une majorité de sympathisants socialistes qui déclarent ne pas souhaiter qu’il se représente en 2017. Face à une telle situation, les spéculations vont bon train et les ambitions présidentielles de ses adversaires s’aiguisent. Emmanuel Macron bénéficie quant à lui d’une opinion publique jusqu’ici bienveillante, réussissant d’ailleurs l’exploit, en tant qu’ancien ministre de l’Economie, d’échapper au discrédit qui frappe aujourd’hui le bilan économique de l’exécutif faute de croissance dynamique et d’inversion tangible de la courbe du chômage.

L’hypothèse d’un ralliement d’Emmanuel Macron à François Hollande me semble par conséquent hautement improbable. D’abord, parce qu’il l’a affirmé publiquement à plusieurs reprises, l’ancien ministre n’a pas vocation à être le "rabatteur de voix" de François Hollande. Ensuite, parce qu’il est désormais allé trop loin dans son autonomisation pour faire marche arrière. Enfin, parce que François Hollande est trop faible politiquement pour imposer quoi que ce soit à son ancien protégé.

Partant de ce constat, aucun des deux hommes ne profiterait d’un éventuel ralliement. Les soutiens d’Emmanuel Macron attendent du renouvellement et se portent sur lui par opposition à François Hollande, du fait des déceptions et des mécontentements suscités par son quinquennat. Nul n’étant propriétaire de ses voix (potentielles en l’occurrence, rappelons-le), il y a fort à parier que très peu se porteraient au final sur François Hollande et chercheraient plutôt à se reporter sur un candidat du centre, voire de la droite modérée. Surtout, un tel ralliement équivaudrait à un renoncement pour Emmanuel Macron et signerait sans doute la fin de sa carrière politique. Plutôt qu’un ralliement, on pourrait toutefois envisager un rapprochement, notamment dans l’hypothèse où le président de la République renoncerait à briguer un nouveau mandat.

Du point de vue de l'ancien ministre de l'Economie, quels seraient les avantages et les inconvénients d'un tel rapprochement, entre les infrastructures que peut offrir un parti comme le Parti socialiste et l'éventuelle vision de "renoncement" qu'il offrirait ainsi à l'opinion ? Du côté de François Hollande, ne s'agirait-il pas d'une grande victoire lui permettant de se remettre en selle ?

Même si son audience auprès des Français s’avère nettement plus faible qu’il y a cinq ans, même si les effectifs militants ont sensiblement diminué par rapport à 2012, le Parti socialiste s’avère toujours un atout non négligeable, si ce n’est indispensable pour une campagne présidentielle. Son appareil militant, ses cadres et ses élus, ainsi que son quadrillage territorial offrent une puissance de frappe importante. Le mythe de la rencontre entre un homme et un peuple propre à l’élection présidentielle en France ne peut d’ailleurs se concrétiser qu’avec l’appui de puissants relais sur le terrain, ce que permet le Parti socialiste. C’est ce qui manque aujourd’hui à Emmanuel Macron, mais c’est aussi ce qu’il cherche à compenser avec la mise en place et la structuration de son mouvement politique, En Marche !. La stratégie de l’ancien ministre de l’Economie est une stratégie hors-PS, même s’il cherche à rallier à lui des cadres et des élus estampillés socialistes.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 18/10/2016 - 12:29 - Signaler un abus Le lièvre Macron...

    Flamby-le-menteur sait participer à un marathon dont il veut être le seul vainqueur (peu importe que perde la France, si son ego se bonifie...). Grâce aux medias Bilderberg à sa botte ( et Oui! Atlantico...), il a lancé le lièvre Macron, spécialiste de la fusion-acquisition de la gauche et du centre, destiné à éreinter tous ses adversaires gauchistes, et à laisser passer Flamby en tête, dans la dernière courbe non inversée de ce quinquennat pourrave...et il a quasiment gagné sa course! Car tous sont largués, à trois ou quatre encablures. Nous nous dirigeons vers un second tour Flamby-le-menteur/Marine Le Pen, et tous les républicains qui voient le diable dans le FN peuvent commencer à préparer leurs cannes à pêche, préparant ainsi le second quinquennat encore plus pourrave de Flamby-le-menteur, candidat du bilderberg...

  • Par gerint - 18/10/2016 - 17:08 - Signaler un abus A Vangog

    Je crois qu'une ré-élection de Hollande aurait beaucoup de risque de se terminer en violence

  • Par vangog - 18/10/2016 - 22:48 - Signaler un abus @Gerint je pense que lorsque l'AN sera enfin

    représentative du peuple français, un tiers gauchiste, un tiers patriote, et un tiers droitiste, soit d'ici cinq mois, alors la France fera un grand pas vers une vraie démocratie moderne, du type démocratie Suisse, ou du type des démocraties nordiques qui ont purgé le socialisme....et le Président, quel qu'il (ou elle) soit, n'aura plus aucun poids face à la volonté populaire ( populiste?). Si c'est Marine Le Pen, elle sera en phase avec cette volonté populaire. Si c'est Juppé ou Flamby, il sera en déphasage avec la volonté populaire. Dans les trois cas de figure, c'est elle qui aura le dernier mot...

  • Par sphynx17 - 18/10/2016 - 23:16 - Signaler un abus Non

    et NON.

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  • Par bd - 02/11/2016 - 14:19 - Signaler un abus Plus de narcissique manipulateur à la présidence!

    Ce message est plutôt destiné aux Sarkozystes. 
Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. 
Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. 
Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. 
Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. 
Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix. 
Débusquer et neutraliser les narcissiques en politique, c’est aussi lutter contre les propagateurs de haine.

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Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est politologue, spécialiste de l’Opinion publique. Il a dirigé les études d'opinion (Politique, société et affaires publiques) au sein de l'Institut CSA. Il est désormais Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil.Twitter : @yvesmariecann

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