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En marche à un rythme d’enfer vers... le délicat dilemme de la phase 2 du quinquennat Macron

Après l’enchaînement de réformes de ce début de quinquennat, la question pourrait être résumée ainsi : se reposer sur ses lauriers ou transformer (vraiment) la France ?

Casse-tête

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Le gouvernement a évoqué des réformes sociétales à partir de 2019, telles que la PMA / GPA et l'euthanasie. Cette stratégie peut-elle s'avérer payante ou au contraire risquée ?

Philippe Crevel  : Dans la seconde partie d’un mandat, l’objectif est de rassembler, de fédérer et non de cliver .Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand,  François Hollande comme Lionel Jospin en tant que Premier Ministre de cohabitation ont passé leurs grandes réformes sociétales durant les deux premières années de leur mandat et non à la fin.

Le socle électoral d’Emmanuel Macron est à la fois urbain et modéré. Il penche légèrement à droite. Certes, les électeurs des grandes villes sont ouverts sur les grands sujets de société mais ceux de droite sont opposés à la GPA et à la PMA. Il n’est pas certain que le Président gagne beaucoup de voix en menant des combats sociétaux mais il risque sans nul doute d’en perdre. A partir de 2019, il est fort à parier qu’il essaiera d’avoir un discours en faveur des territoires, des campagnes des collectivités locales, afin d’améliorer son score et de marginaliser Les Républicains. Son objectif sera de faire prendre conscience à l’électeur que ce sera lui ou le chaos, lui ou les extrêmes comme en Italie. Pour cela, il doit aspirer les voix du bloc central et réaliser quelques prises de guerre. La République en Marche devra engager sans nul doute des alliances locales pour faire bonne figure aux élections et surtout pour constituer un bloc en vue de 2022. Les grandes villes Paris, Lyon et Marseille seront des dossiers capitaux pour l’avenir des marcheurs tout comme les régionales de 2021. Le Président veillera à ce que ses candidats ne soient pas défaits à plate couture et à ne pas se retrouver notamment à Paris avec un maire, comme en 1977, qui pourrait être un concurrent de première importance pour l’élection présidentielle. A Marseille, il pourrait certes opter pour une opération kamikaze en facilitant indirectement l’élection de Jean-Luc Mélenchon ou Marion Maréchal Le Pen en vue de déstabiliser la droite républicaine. Valérie Pécresse et Xavier Bertrand seront courtisés tout en étant ouverts à des alliances. En effet, leur réélection à la tête de leur région nécessitera un accord avec le parti du Président. En Ile de France, la République En Marche est puissante. Dans les Hauts de France, Xavier Bertrand face à Marine Le Pen devra s’appuyer sur une large coalition.

A partir de 2020, la politique risque donc  d’accaparer le Président sous réserve que les évènements internationaux, économiques et sociaux ne se rappellent à son bon souvenir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont dû gérer deux crises durant leur mandat, celle de 2008 pour le premier et la crise des dettes souveraines pour le second.

Erwan Le Noan : Avant de parler de stratégie, on ne peut retirer au Président et son gouvernement d’être, peut-être, très sincères sur ces sujets. Pour autant, ils ne peuvent ignorer qu’ouvrir ces débats aura pour effet de radicaliser une partie de l‘opinion et de réveiller une partie des esprits les plus militants. Si le Gouvernement est cynique, cela ne pourra pas lui faire de tort d’avoir une extrême gauche caricaturée par ses blocages et manifestations ; et une droite qui se ‘radicalise’ sur les questions sociétales. Si ce scénario survient, LREM sera gagnant puisqu’il incarnera le seul parti de gouvernement crédible

 
Commentaires

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  • Par vangog - 16/05/2018 - 09:38 - Signaler un abus Le virus de la dépense publique a été instillé par Mitterrand...

    le gauchiste...mais Macrouille est aussi gauchiste et aussi faux-cul que l’était Mitterrand. Comment Macrouille pourrait-il guérir la France de son virus gauchiste, alors qu’il est le vrai fils spirituel de Mitterrand-l’hypocrite?...depuis un an, les dépenses publiques ont augmenté de 45 milliards, et l’ année prochaine devra subir les reprises de dette SNCF, et le cadeau électoral de la fausse suppression de la taxe d’habitation....puis l'année d'après devra subir la promesse du revenu universel . Il « marche » tellement bien qu’il a déjà été abandonné en Finlande. Mais le passé ne fait pas peur à Macrouille...

  • Par Citoyen-libre - 16/05/2018 - 10:35 - Signaler un abus Le revenu universel !!!

    Effectivement le procédé apparaît comme une énormité. Pourtant, en 2020 seront mis en circulation les premiers véhicules de services autonomes. Il y a un nombre considérable de professions qui vont êtres atteintes dans les 10-15 à venir : taxi, chauffeur de camions, de trains, et beaucoup d'autres, y compris dans le tertiaire : juristes, greffiers, employé de banque, opératrices téléphones, etc. Que vont devenir ces gens ? L'Etat ne prépare rien et surtout ne veut rien voir.

  • Par Ex abrupto - 16/05/2018 - 11:24 - Signaler un abus Qu'il mette à son pgm

    la restauration de la fierté d'être français....

  • Par zen-gzr-28 - 16/05/2018 - 13:49 - Signaler un abus Vision à moyen et long terme

    Jupiter n'a pas l'air de s'en soucier. Ce gouvernement dépense sans compter, tape dans l'escarcelle des français sans retenue, fait des tas de réformettes, clive la société à tout va, nous bassine avec des âneries même pas drôles, fait semblant de prendre à bras le corps l'angoisse et la peur des citoyens face à l'islam radical quant aux réformes structurelles très attendues et souhaitées...qui vivra verra ! Ce président est très préoccupé de faire barrage aux partis d'opposition, pour assurer sa prochaine réélection : vision à court terme ...qui va durer encore 4 ans !

  • Par J'accuse - 16/05/2018 - 16:14 - Signaler un abus Les seuls lauriers sont ceux que se tresse Macron

    Les deux intervenants sont lucides: réformes superficielles et aucun problème résolu. Si les députés pensent avoir terminé en deux ans, on pourrait leur proposer de démissionner en 2019.

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de groupes de travail économiques et collabore à plusieurs think tanks. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences Po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Twitter : @erwanlenoan

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