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En marche à un rythme d’enfer vers... le délicat dilemme de la phase 2 du quinquennat Macron

Après l’enchaînement de réformes de ce début de quinquennat, la question pourrait être résumée ainsi : se reposer sur ses lauriers ou transformer (vraiment) la France ?

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En marche à un rythme d’enfer vers... le délicat dilemme de la phase 2 du quinquennat Macron

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : Le quinquennat d'Emmanuel Macron est mené à un rythme d’enfer et enchaîne les réformes dans tous les domaines, au point que certains élus  En marche estiment que le programme pourrait être terminé en 2 ans. Si c'est le cas, quelles sont les suites possibles? Une phase de redistribution est–elle envisageable?

Philippe Crevel : Tout Président de la République a comme objectif, sa réélection. Or, depuis l’instauration du quinquennat nul n’a réussi la passe de deux. Sur les huit Présidents de la République, seuls trois ont été réélus. Le Général de Gaulle le fut en 1965 mais, à ses yeux, de manière médiocre. François Mitterrand et Jacques Chirac eurent droit à un second mandat mais grâce à la cohabitation. Emmanuel Macron a décidé de réaliser à un train d’enfer ses réformes afin de pouvoir engranger leurs bienfaits éventuels durant la seconde partie de son mandat qui devrait donner lieu à plus de redistribution.

Il faut relativiser la notion de train d’enfer car si beaucoup de sujets sont abordés, la prudence est de mise en ce qui concerne les réformes structurelles. La réforme est avant tout dans l’image plus que dans le fond.

Pour en revenir à l’idée d’une fin de séquence en 2019, il faut se remémorer le calendrier électoral. Si de 2017 à 2018, le Président de la République bénéficie d’une période sans élection, il en sera autrement entre 2019 et 2022. Chaque année sera rythmée par une élection, 2019, élections européennes, 2020, élections municipales en 2020, élections départementales et régionales en 2021 et élection présidentielle en 2022. Pour La République en Marche, les élections locales constituent un véritable défi du fait de la faiblisse de ses réseaux locaux. De ce fait, la tentation sera grande de faire des cadeaux électoralistes pour éviter de cuisants échecs. Nicolas Sarkozy comme François Hollande avaient été sanctionnés par les électeurs aux élections intermédiaires, ce qui avait lesté lourdement leurs chances de gagner ou de concourir à la présidentielle.

Il n’en demeure pas moins qu’oser dire que tout aura été réalisé en deux ans est bien présomptueux. Est-ce que les finances publiques seront  assainies ? Est-ce que les impôts auront baissé ? Est-ce que le nombre de fonctionnaires sera-t-il été réduit de 120 000 comme le Président de la République l’avait promis ? Est-ce le système éducatif est réformé ? Si après un an de mandat, beaucoup de dossiers ont été ouverts, il est trop tôt pour affirmer qu’ils fussent bien traités. La réforme des retraites est encore à l’état d’esquisse, celle sur la formation professionnelle peine à prendre corps. Pour la SNCF, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. La réforme du statut ne sera réelle que d’ici une vingtaine d’années quand en revanche, le contribuable doit prendre à sa charge la dette de l’entreprise publique.

Erwan Le Noan : L’enthousiasme de ces élus En Marche, si les propos sont vrais, mériterait d’être mesuré. Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait publié un livre dont le titre était « Révolution ». A ce stade, il a enchainé des réformes, importantes mais pas toujours profondes ni structurelles ; on est donc très loin d’une révolution. A ce jour, rien de substantiel n’a été fait sur la fiscalité ou la dépense publique. La fonction publique n’est toujours pas réformée. Dans l’Education, on ne voit toujours pas poindre l’autonomie des établissements qui était promise. La réforme des universités n’est pas non plus un bond dans le 21e siècle. Si le projet d’Emmanuel Macron est toujours la refondation du pays, il n’en est même pas aux prémisses ; il devrait donc saisir l’opportunité offerte par une conjoncture économique favorable pour accélérer les réformes économiques.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 16/05/2018 - 09:38 - Signaler un abus Le virus de la dépense publique a été instillé par Mitterrand...

    le gauchiste...mais Macrouille est aussi gauchiste et aussi faux-cul que l’était Mitterrand. Comment Macrouille pourrait-il guérir la France de son virus gauchiste, alors qu’il est le vrai fils spirituel de Mitterrand-l’hypocrite?...depuis un an, les dépenses publiques ont augmenté de 45 milliards, et l’ année prochaine devra subir les reprises de dette SNCF, et le cadeau électoral de la fausse suppression de la taxe d’habitation....puis l'année d'après devra subir la promesse du revenu universel . Il « marche » tellement bien qu’il a déjà été abandonné en Finlande. Mais le passé ne fait pas peur à Macrouille...

  • Par Citoyen-libre - 16/05/2018 - 10:35 - Signaler un abus Le revenu universel !!!

    Effectivement le procédé apparaît comme une énormité. Pourtant, en 2020 seront mis en circulation les premiers véhicules de services autonomes. Il y a un nombre considérable de professions qui vont êtres atteintes dans les 10-15 à venir : taxi, chauffeur de camions, de trains, et beaucoup d'autres, y compris dans le tertiaire : juristes, greffiers, employé de banque, opératrices téléphones, etc. Que vont devenir ces gens ? L'Etat ne prépare rien et surtout ne veut rien voir.

  • Par Ex abrupto - 16/05/2018 - 11:24 - Signaler un abus Qu'il mette à son pgm

    la restauration de la fierté d'être français....

  • Par zen-gzr-28 - 16/05/2018 - 13:49 - Signaler un abus Vision à moyen et long terme

    Jupiter n'a pas l'air de s'en soucier. Ce gouvernement dépense sans compter, tape dans l'escarcelle des français sans retenue, fait des tas de réformettes, clive la société à tout va, nous bassine avec des âneries même pas drôles, fait semblant de prendre à bras le corps l'angoisse et la peur des citoyens face à l'islam radical quant aux réformes structurelles très attendues et souhaitées...qui vivra verra ! Ce président est très préoccupé de faire barrage aux partis d'opposition, pour assurer sa prochaine réélection : vision à court terme ...qui va durer encore 4 ans !

  • Par J'accuse - 16/05/2018 - 16:14 - Signaler un abus Les seuls lauriers sont ceux que se tresse Macron

    Les deux intervenants sont lucides: réformes superficielles et aucun problème résolu. Si les députés pensent avoir terminé en deux ans, on pourrait leur proposer de démissionner en 2019.

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de groupes de travail économiques et collabore à plusieurs think tanks. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences Po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Twitter : @erwanlenoan

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