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Emplois d'avenir : et si l’État créait les conditions favorables pour que les entreprises embauchent plutôt que de recourir aux emplois assistés

Alors que les emplois d'avenir sont examinés ce mercredi en Conseil des ministres, Aurélien Véron estime qu'ils seront inefficaces et revient sur ce que devrait faire le gouvernement pour lutter contre le chômage.

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Publié le 29 août 2012
 

Jean-Marc Ayrault a annoncé la création de 150.000 emplois aidés supplémentaires. Ils viendront s’ajouter aux 500.000 emplois déjà aidés en 2011. Le ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Michel Sapin, a admis devant Jean-Michel Apathie que « les emplois aidés ont peu d’efficacité ». Il reconnaît assez tristement que personne n’attend de résultats de ce « parking à chômeurs » qui vise surtout à limiter le dérapage inexorable des chiffres du chômage. Cette fois-ci, même les entreprises pourront avoir recours à ces contrats. Exceptionnellement, c’est dire la gravité de la situation. Il est hélas probable qu’un effet d’aubaine aboutira à une compensation neutre pour l’emploi, le contrat aidé chassant le CDD/CDI potentiel.

Pourquoi persister à traiter les effets, de surcroît avec de mauvais outils, plutôt que les causes du chômage endémique qui sévit dans notre pays ? La France est l’un des derniers pays à s’accrocher à tous les handicaps qui plombent son marché de l’emploi. A droite comme à gauche, les appels se multiplient pourtant pour instaurer une vraie flexibilité du marché de l’emploi et diminuer le coût du travail. Les entreprises ont besoin de liberté non seulement pour innover et affronter la concurrence, mais aussi pour manager leur capital humain essentiel pour leur croissance.

Une simplification drastique du code du travail peut seule restaurer la confiance des employeurs, et renforcer le lien qui les associe à leurs salariés. Elle consiste à rétablir un espace contractuel large entre salariés et employeurs au détriment de la loi, rigide et souvent motivée par des considérations électorales très éloignées des réalités au sein de l’entreprise. Cette flexibilité doit aussi bien concerner la durée hebdomadaire de travail et l’ouverture dominicale que les seuils et les modalités de représentation syndicale et, surtout, les licenciements. Ces derniers ne peuvent continuer à déboucher sur des processus judiciaires qui introduisent une forte incertitude dans la stratégie des entreprises. Cela signifie que les gouvernants doivent cesser d’user et d’abuser de la caricature qui oppose bêtement l’avidité supposée des employeurs aux salariés prétendument « exploités ». Lorsque les PME n’auront plus peur d’embaucher pour grandir, cet assainissement réglementaire nous aura fait franchir une étape essentielle.

La question du coût du travail, notamment des personnes peu qualifiées, est un autre point crucial. Ce n’est pas un hasard si le chômage les frappe particulièrement, et si de nombreux emplois de faible utilité n’existent pas en France alors qu’ils sont courants ailleurs. Le poids des charges sociales reste nettement trop élevé. Le SMIC constitue néanmoins un tabou dramatique. C’est d’ailleurs dans l’objet des contrats aidés de s’affranchir de ce seuil absurde. Personne ne peut nier qu’un SMIC à Paris ou dans la Nièvre ne correspond pas du tout au même pouvoir d’achat, ni aux mêmes contraintes. Ce n’est pas un hasard si ni l’Allemagne, ni plusieurs pays scandinaves ne disposent pas de salaire minimum légal. Ils jugent préférable de voir un jeune peu qualifié travailler à 6 ou 8 euros de l’heure que de le voir passer sa vie exclu. Résultat, le chômage y est nettement plus faible, et la mobilité sociale meilleure qu’en France. Il est temps d’ouvrir ce débat sereinement en France.

 


Commentaires

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  • Par brennec - 30/08/2012 - 08:44 - Signaler un abus Mauvaise allocation de ressources

    Les emplois proposés par Mr Ayrault se trouvent dans l'administration et les associations, autrement dit ils ne produiront aucune richesse et non seulement ça, ils pèseront sur la société civile qui devra les rémunérer. En fin de compte il s'agit d'allouer des ressources a des secteurs improductifs au détriment de secteurs productifs.

  • Par jean-paul - 30/08/2012 - 00:58 - Signaler un abus hahahaha

    sarkozy disait 'casse-toi pauvre con' à un mec qui l'a insulté...hollande le dit aux entreprises (sans qu'on se fache contre lui d'ailleurs)...et tu penses vraiment qu'il va sortir une politique favorable aux entreprises?!

  • Par General3Gaulle - 30/08/2012 - 00:25 - Signaler un abus Qui est assisté ? le salarié ... donc un profiteur ? ?

    Je n'aime pas du tout cette approche... les mots ont un sens.
    Un emploi aidé dans le public ou les associations fait du travailleur un assisté... un emploi aidé dans le privé c'est un vrai salarié.
    Je suis pas pret de voter pour un parti politique comme le votre.
    Continuez a repeter votre catechisme neo liberal...

  • Par Atlante13 - 29/08/2012 - 23:43 - Signaler un abus POUR FAIRE COURT

    Ls socialistes achètent leur électorat avec l'argent de nos impôts.
    Et nous voila prévenus, 150 000 fonctionnaires de plus dans 3 ans.
    Mais bien sûr, c'est pour notre bien.

  • Par Alliance Nationale France - 29/08/2012 - 21:35 - Signaler un abus Définition

    Revenons à la définition du contrat d'avenir :
    "Ce dispositif est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, qui résident en priorité dans les zones urbaines sensibles (ZUS)"
    = priorité aux immigrés qui ne veulent pas travailler et rejettent tout notre système = on fait baisser les statistiques (et on achète leurs voix) = à nouveau le droit à toutes les aides à 100% après quelques mois de travail
    * et tiens une idée ! Si on favorisait et aidait les Français De Souche en France ? Ça c'est une sacrée condition favorable !
    * parce qu'on oublie et on nous interdit de le dire tout haut... L'Alliance Nationale France - natallfrance *

  • Par ZOEDUBATO - 29/08/2012 - 18:55 - Signaler un abus Emploi d'avilir

    Ils consistent à apprendre aux oisifs à rester oisifs mais en utilisant mieux le système afin de pouvoir "rester des parasites sociaux" toute leur vie
    Ces jeunes sacrifiés par la gauche perdent toute utilité sociale et respect des autres
    Le chef de clan et ses mouches du coche continuent à confondre :
    - les emplois : ceux qui sont économiquement rentables
    - les postes de dépenses qui coûte plus cher que ce qu'ils rapportent à la société et dont il faut renouveler le financement d'année en année
    - les occupations d'avachis qui ne servent qu'à former des profiteurs du système et à cacher l'échec totale du clan en matière d'emplois

  • Par zelectron - 29/08/2012 - 16:35 - Signaler un abus Emplois dans les communautés territoriales

    Formation "qualifiante": devenir un "as" de la machine à photocopier en 50 leçons (minimum) + redoublement pour ceux qui n'auraient pas compris, avec poses café et petits tours aux archives pour entretenir les "relations" entre collègues.

  • Par Aurel - 29/08/2012 - 15:29 - Signaler un abus Concurrence déloyale

    De plus, les emplois aidés augmentent les difficultés des jeunes peu expérimentés qui ont une chance de trouver un emploi "normal" mais auxquels on va opposer ce statut, nettement préférable du point de vue de l'employeur. Résultat : salaires écrasés au SMIC pour rantrer dans les cases et recevoir les subventions. Triste.

  • Par boblecler - 29/08/2012 - 14:01 - Signaler un abus Si on laissait les

    Si on laissait les entreprises comme pour la loi TEPA, on a des effets d'aubaine car les entreprises ne joueraient pas le jeu

  • Par esurlo - 29/08/2012 - 13:23 - Signaler un abus Dans les gènes ..!..!..

    Un gouvernement de préposés, derrière leur hygiaphone , va créer des emplois de vacataires semi-fonctionnaires pour alléger la tache publique , et travailler moins. Renforçant ainsi un électorat
    fidélisé, captif , hermétique à toute notion de productivité, d'initiative ou de responsabilité ….....Le redressement productif est en marche .

  • Par SimK - 29/08/2012 - 12:55 - Signaler un abus la gauche

    toujours dans un relent voyoucratique mafieux
    ne sait faire que dans le clientélisme

  • Par Tholar - 29/08/2012 - 11:52 - Signaler un abus Plein de bonnes idées mais impensables pour ce gouvernement

    Pour mettre en oeuvre ces mesures, il faut non seulement du courage (qualité dont Normal 1er est totalement dénué), mais il faudrait également interdire le droit de manifester aux fonctionnaires et aux cheminots pendant 5 ans : on ne peut rien faire dans ce pays à cause de cette bande de bras cassés, fainéants, inutiles, couteux, et revendicatifs par dessus le marché.
    Un gouvernant audacieux pourrait aussi faire passer ces mesures par référendum. Si le Peuple dans sa majorité est prêt à ses sacrifices (et j'en suis convaincu), quelle légitimité pourraient avoir les nuisibles à manifester ?

  • Par Ravidelacreche - 29/08/2012 - 11:25 - Signaler un abus l’État créait les conditions favorables

    Voilà une idée qu'elle est bonne ! trop bonne peut-être ? Aucune chance.

  • Par jean-paul - 29/08/2012 - 10:09 - Signaler un abus et voici le problème

    "les gouvernants doivent cesser d’user et d’abuser de la caricature qui oppose bêtement l’avidité supposée des employeurs aux salariés prétendument « exploités »."
    malheureusement les french lisent encore trop de marx et fraud :(

Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti libéral démocrate.

Il est aussi membre du bureau de Réforme et Modernité, association présidée par le député Hervé Mariton. Depuis septembre 2008, Aurélien Véron a lancé les campagnes suivantes : lutter contre la dette en réduisant la dépense publique, baisser la pression fiscale pour libérer la croissance, introduire la capitalisation dans la réforme des retraites.

 

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